Où pourrions-nous acheter du pain en quantité ?

17ème dimanche ordinaire

 

2ème livre des Rois 4, 42-44 ; Ephésiens 4, 1-6 ; Jean 6, 1-15.

 

Au moment où saint Marc écrit le récit d’une double multiplication des pains, aux juifs d’une part, aux païens d’autre part, pour signifier l’universalité du don de Jésus, le liturgiste chargé du lectionnaire préfère nous renvoyer vers saint Jean.

 

Nous avons laissé le récit de Marc sur l’invitation de Jésus aux disciples de se reposer un peu. Or une foule s’accroche au groupe de Jésus et des disciples. Ces gens attendent. Que ce soit Jean ou Marc, le récit de multiplication renvoie vers un autre registre, celui du don : le don du pain, le don de la vie... la Vie en plénitude. Essayons de relire les ch.6 à 8 de Marc. On y trouve ces deux multiplications avec des chiffres symbolique de la totalité : 12 pour les hébreux, sept pour le monde gréco-romain. Entre ces deux multiplications, une étrangère vient quémander auprès de Jésus la vie pour sa fille. Mais c’est une étrangère et Jésus le lui fait remarquer, tout comme aujourd’hui on fait remarquer aux étrangers qu’ils ne sont pas d’ici !!!

 

Ces étrangers n’auraient-ils pas droit aux miettes de nos tables d’abondance (les chiffres des hauts revenus parlent d’eux-mêmes. Marc, en plaçant le récit de cette étrangère entre deux multiplications des pains invite donc à partager avec tous le pain que chacun a reçu. Reprenons maintenant le récit de Jean : l’évangéliste évoque la réflexion de Philippe à Jésus : on n’a pas assez de quoi nourrir cette foule… Et Jésus demande quand même de faire asseoir les gens pour le partage.

 

N’avons-nous pas vu ou entendu, ces derniers mois, la volonté de fermer les frontières, à Vintimille, au col de l’Echelle, en Italie ou en Autriche. N’y a-t-il as là une ressemblance entre la parole de Philippe et celle de ces bons chrétiens ou issus de la chrétienté par leur éducation : on n’a pas de quoi nourrir toute la misère du monde. Certes, mais après s’être bien servi auprès de ce tiers monde. Faut-il lire les évangiles de multiplication des pains uniquement au sens spirituel, oubliant l’aspect concret, tel qu’évoqué dans la première lecture au temps d’Elisée : “Parole du Seigneur, on mangera et il en restera !” Faut-il, au contraire retenir au départ de la Bible Parole de Dieu es réponses à des attentes humaines ? Ainsi des premiers récits de Marc, entre Jésus et les premières gens de Capharnaüm ou de Nazareth. Prenons-en de la graine. EH

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