Ce que tu auras accumulé, qui l'aura?

18ème dimanche ordinaire

Qohèleth 1,2 et 2,21-23. Colossiens 3, 1-5 et 9-11 ; Luc 12, 13-21

Après deux dimanches où les lectures positivaient les comportements du bon samaritain et de la miséricorde demandée par Abraham auprès du Dieu qui l’avait appelé et qui l’avait visité au chêne de Mambré, voici des lectures au ton bien différent ce dimanche. En reprenant l’introduction de Qohèleth “Vanité des vanités, tout est vanité” puis en rappelant que le Christ n’est pas venu pour régler toutes nos petites affaires de famille, en rappelant aussi nos étroitesses d’esprit quant à la possession de quelques biens ou dans la réussite des récoltes.

 

Jésus vient interroger sur le sens que nous donnons aujourd’hui à la vie, à notre vie : qu’est-ce qui nous fait vivre ? L’argent ? la possession ? Bref : où avons-nous placé notre cœur ? Ce n’est pas un thème pour temps de vacances ! Sauf qu’il faut avoir du temps et l’esprit libre pour affronter le sens que nous donnons à nos existences. Nous sommes toujours pressés, à courir après tel élément de l’existence que nous n’avons plus de priorités avec, à l’esprit, ce dicton : un clou chasse l’autre ! Peut-être en est-il ainsi, quand nous n’avons plus de priorité pour orienter notre vie.

 

Profitons de ce temps de disponibilité dans nos agendas d’été pour regarder quel sens nous donnons au quotidien “qui défile”. A quoi sert notre vie, devant le souci quotidien, que reste-t-il pour la relation avec le prochain, avec Dieu ? L’histoire de cet homme qui a construit sa vie autour des récoltes engrangées -ou à engranger-, peut ressembler à notre propre histoire. La parole brutale de Jésus, qui conclue le récit ressemble à un couperet : “Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu.” L’homme qui interpelle Jésus en vue de régler une question d’héritage espérait une réponse à son souci personnel. Jésus l’envoie sur un autre terrain.

 

Quand nous nous adressons à l’Eglise qu’attendons-nous d’elle : qu’elle solutionne nos problèmes à nous, ou attendons-nous de recevoir une invitation à nous tourner vers les problèmes d’une humanité en souffrance. N pourrait-on parler des personnes au chômage, des précaires qui ne peuvent même plus espérer une indemnisation, des migrants qui fuient la guerre et la misère dans leur pays. Il existe des ONG, mais elles ont besoin de bras et de finances, autant de situations qui n’existaient pas au temps de Jésus.

 

On peut faire mémoire des phrases de cette jeune écologiste aux députés bienveillants de la République : “Ne dites pas merci pour mes paroles, mais posez des actes pour la terre à venir !” On peut aussi très bien imaginer qu’aujourd’hui, Jésus nous inviterait à nous tourner vers ces ONG, à agir tout comme l’avait fait le samaritain envers le blessé au bord du chemin. On peut se plaindre de ces situations, mais on peut aussi s’interroger sur ce que nous avons fait avec notre carte électorale. Le livre de Qohèleth, tout comme l’Evangile sont d’une profonde actualité. E.Hennart

Fermer