Que devons-nous faire ?

3ème dimanche de l’avent

Sophonie 3, 14-18 ; Philippiens 4, 4-7 ; Luc 3, 10-48

Que devons-nous faire ?

A nous de faire miséricorde, comme le père est miséricordieux. Ce dimanche qui suit le 8 décembre a été choisi en bien des lieux pour ouvrir la prote du jubilé. Occasion de méditer sur le logo proposé pour cette année : miséricordieux comme le Père. Au milieu d’un monde en désordre qui prêche la haine, soyons de ceux qui proposent la miséricorde. La liste serait longue des gens qui attendent un peu et même un peu plus de la part de ceux qui se revendiquent disciples du Christ.

 

La lecture de l’Evangile peut nous convaincre de ce que nous avons à faire, à partir de la réponse qu’a faite Jean-Baptiste : la miséricorde, le partage, pas de violence à personne. Telle est l’invitation à la conversion qui ouvre l’Evangile de Luc. On remarquera que Jean répond à chacun selon sa catégorie sociale. Ce n’est pas une réponse globale mais adaptée à chacun selon sa situation dans la société.

 

Quant aux deux lectures, elles sont marquées du sceau de la joie. Dans la liturgie ancienne on appelait ce dimanche d’après les premiers mots de l’Introït : “gaudete, réjouissez-vous !”. Sophonie écrit : tu n’as plus à craindre ; ne laisse pas tes mains défaillir, le Seigneur ton Dieu est en toi. Pourquoi certaines civilisations ont-elles traduit cette parole d’espérance en “Gott mit uns”?

 

Sophonie élève la voix probablement au début du règne du roi réformateur Josias, vers 640-630. Il rompt le silence devenu pesant sous le règne de Manassé et il dénonce l’idôlatrie des cananéens et des assyriens [la Samarie a été occupée a partir de 722 par l’Assyrie et les cultes païens se sont développés]. Cela explique que le prophète ait des mots terrifiants concernant la venue du Jour de Yahvé (ce qui a inspiré le début du Dies irae) . Cela ne l’empêche pas d’avoir des paroles d’ouverture et de confiance à l’intention des gens humbles et des pauvres. C’est ainsi que ces paroles nous invitent à méditer avec Marie sur la venue toute proche du sauveur. Sophonie espère que Dieu les épargnera et qu’avec le petit reste, il formera un peuple nouveau. Sophonie est mort avant que ne revienne le temps de la catastrophe pour Juda avec l’invasion par Nabuchodonosor et ses armées.

 

Dans sa lettre aux Philippiens Paul invite à la joie, à l’action de grâce et à la bienveillance envers tous. Dans un chapitre précédent, il invitait les chrétiens à imiter le Christ, lui qui est venu chez nous pour nous élever vers le Père. Dans ses lettres (cf. Thessaloniciens) Paul insiste sur l’action de grâce… A nous de retenir cette invitation d’hier comme invitation toujours actuelle. Par-delà les vicissitudes et inquiétudes savons-nous discerner les signes que le Seigneur vient encore chez nous, qu’il habite au milieu de nous ? Discerner et rendre grâce. E.H.

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