Que vous portiez du fruit...

6ème dimanche de Pâques

Actes 10, 25 à48 ; 1 Jean 4, 7-10 ; Jean 1, 9-17

 

A quelques jours de l’ascension, les textes de ce dimanche insister d’une part sur la présence de l’Eprit saint pour bousculer Pierre et la première Eglise afin qu’elle s’ouvre au monde païen. Ce fut une réelle difficulté pour les premières communautés que l’ouverture au-delà des frontières du judaïsme, sans imposer les charges lourdes du judaïsme d’alors… à croire qu’on ne peut devenir chrétien qu’en étant exactement semblable aux juifs que le Christ avait essayé d’ouvrir à la Loi d’aimer son prochain ?

 

Il suffit de se souvenir de la question “quel est le plus grand commandement ?” et de la réponse apportée par le Christ (et par les scribes eux-mêmes en Luc). La tendance des judéo-chrétiens à créer des obstacles à l’entrée dans la Vie de Jésus se retrouve à toute génération, et plus encore lorsque l’Eglise est amenée revoir si elle est fidèle à l’Esprit du Christ. On confond alors vie selon l’Esprit et règles rituelles que l’on estime immuables.

 

Qui n’a entendu dire qu’il fallait garder la messe en latin pour rester fidèle à l’Esprit du Christ ? Qui a refusé le dialogue avec le monde contemporain alors que l’Esprit appelle Pierre et ses successeurs à entrer en dialogue avec le monde romain du premier siècle. Il ne s’agissait pas de tout cautionner, ni hier, ni aujourd’hui, il s’agissait de rendre crédible la bonne nouvelle. Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par Lui… c’est lui qui nous a aimés et a envoyé son fils, qui est victime offerte pour nos péchés.

 

En lisant et relisant les textes de ce dimanche, nous sommes appelés par Jean à comprendre ce que peut être l’amour de Dieu pour nous et pour tous les hommes. Qui donc sommes-nous pour mettre des barrières ou des limites à l’universalité de l’amour de Dieu. Faut-il une fois de plus rappeler que “Dieu a décidé d'élever les hommes à la communion de sa vie divine” (Lumen Gentium § 2) ou encore “ Dans la révélation le Dieu invisible s'adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu'à des amis, il s'entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie” (Dei Verbum §2).

 

Parfois consciemment, souvent involontairement, nous dressons des obstacles entre l’Eglise et le monde. Ce n’est pas ainsi que nous porterons du fruit tel que l’entend le Christ au moment où il se sépare de ses premiers disciples. C'était le souhait de Pie XI, puis de Pie XII avant que cela ne se réalise avec Jean XXIII et le concile Vatican II : que lk'Eglise du XXème siècle entre en dialogue avec la société actuelle plutôt que de continuer sans cesse à condamner!  E.H
 

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