Quiconque s’élève sera abaissé…

22ème dimanche ordinaire

Sagesse 3, 17-18. 20.28-29 Hébreux 12, 18-24 ; Luc 14, 1.7-14

 

La phrase complète : quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé.” On pourrait prendre cette phrase comme une maxime des stoïciens. Cela suffit-il à croire que Jésus serait devenu professeur de morale. Peut-être vaudrait-il la peine de relire le contexte de ces paroles. On y parle de pharisiens venus pour observer Jésus… mais l’observer en vue de dénoncer son comportement non conforme aux pratiques habituelles. Jésus ne remet pas en cause les tu ne tueras pas, tu ne voleras pas… principes de bases de la loi d’alliance, mais Jésus interroge tout ce qu’on a pu rajouter et qui éloignent de Dieu plus qu’ils n’en rapprochent.

 

Au chapitre suivant ch.15 nous aurons de très belles paraboles sur le perdu/retrouvé car Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu : la brebis perdue, le fils perdu etc. Ici l’enseignement de Jésus porte sur la recherche des premières places… pour faire quoi ? Pour valoriser son ego et se faire remarquer ? La parabole de la première ou dernière place prend son sens par la conclusion, la proposition de Jésus d’arrêter de vivre entre gens de bonne compagnie : n’invite pas qui peut t’inviter en retour ! Donner à qui ne peut rien offrir en retour, c’est ce qui se passe chaque jour à Calais, à Vintimille à Lesbos et ailleurs encore, pendant que les grands s’invitent entre eux, sur un bateau ou un espace confortable.

 

Pendant ce temps, chez nous commence la rentrée des politiques: c’est à qui se propose pour prendre la première place en excluant de repas républicain tous ceux qui ne correspondent pas au modèle de l’occident chrétien. Tout ceux qui ne portent pas la belle robe, tous ceux qui n’ont pas un présent à offrir en retour, cela sont exclus de la bonne civilisation. Les actuels prétendants au trône, qui vont-ils inviter, de qui vont-ils se soucier ? Il n’y a pire obstacle à l’amour que l’orgueil et la superbe. L’humilité au contraire aide à progresser. Pour nous, qui avons l’habitude qu’on nous rende en retour, c’est un autre mode de vie qi nous est proposé dans l’Evangile. C’est un choix qu’il nous est proposé de faire et de vivre.

De la seconde lecture, tirée des Hébreux, nous pourrions retenir aussi le choix ; vous êtes venus vers Dieu… une manière de signifier que nous avons choisi, que cela dépend de nous… L’expérience de la rencontre de Dieu est une expérience qui nous engage… Moïse et le peuple hébreu ont été amenés à choisir… ce ne fut pas toujours le bon choix. Cependant Yahvé n’a jamais refusé de l’accompagner. Nous non plus, Dieu ne nous abandonne pas sur le chemin de notre vie. Tant mieux si cette vie s’ouvre à l’autre différent. EH

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