Quitte ton habit de tristesse

2ème dimanche de l'avent

Baruch 5, 1-9 ; Philippiens 1, 4-11 ; Luc 3, 1-6

On pourrait commencer ce dimanche par la lecture de la lettre de Paul aux Philippiens : “Celui qui a commencé un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement”. Cette lettre garde toute sa fraicheur aujourd’hui, car il décrit la relation entre Dieu et nous, par Jésus -Christ. Bien sûr Paul s’adresse d’abord aux Philippiens et Philippiennes qu’il a convertis, à commencer par Lydie. C’était lors de son premier séjour en Europe. Après cette lettre de Paul nous pourrions lire Luc, ch.3. C’est l’introduction à la vie publique de Jésus, en précisant l’environnement historique, sous Ponce-Pilate, Tibère, Hérode etc.

 

Cette vie de Jésus commence par la prédication de Jean-Baptiste au bord, du Jourdain : Préparez le chemin du Seigneur. Tout obstacle disparaître pour laisser passer le salut de Dieu. A ceux qui lisent le prophète Amos avec beaucoup de difficultés, ne faudrait-il pas leur rappeler qu’Amos invite les destinataires de son temps à ôter les obstacles à la rencontre de Dieu : justice et fraternité plutôt qu’inégalités et mépris du plus pauvre ! On pourrait dire la même chose aujourd’hui à propos des gilets jaunes. Pourquoi accepte-t-on autant d’inégalités et de distances entre ceux d’en-haut et ceux d’en-bas ?

 

Comment comprendre le baptiste quand il invite à abaisser montagnes et collines, quand il appelle à combler les ravins et les fossés… sinon ? Certes, on a un peu de ml à imaginer que Dieu viendra faire le travail à notre place. Si nous ne le faisons pas nous-mêmes, qui le fera ? L’Evangile n’est pas un livre de commandements auxquels il faudrait obéir, il est une invitation à nous reconnaître de la même famille, de la même fratrie. Au cours de l’année qui s’achève, on a rappelé l’anniversaire de la proclamation des Droits de l’homme, et des Droits des enfants. Supprimer la fessée est une mince consolation à côté de ce que vivent les Rohingyas ou les Yéménites

 

Le temps de l’avent est le temps de l’éveil, le temps où l’on se réveille pour accueillir Jésus qui vient.

Nous pouvons alors lire la première lecture de ce dimanche : le prophète Baruch précise ce qu’est la volonté ; l’attente de Dieu à l’égard de sa création. Le Seigneur conduira son peuple dans la joie et la lumière. Encore faut-il accepter de marcher à sa suite. Depuis quelques années nous voyons les votes des peuples choisir des chemins qui éloigne de la fraternité, de l’égalité.

 

Certes, il y a des raisons d’être déçus par ce qui nous a précédé, mais est-ce une raison pour choisir des chemins de traverse, c’est-à-dire des chemins tortueux et tordus ? En Andalousie ou en Argentine, en Syrie ou en Italie, vers quel monde veulent aller les populations. On n’est pas obligé de lire l’Evangile et la Bible, mais on peut y lire et reconnaître des chemins moins tortueux que d’autres distillés par le persiflage de la haine et de l’inégalité, de la violence et du rejet de l’autre. Choisis la Vie et non la guerre. Ce choix, c’est encore à faire aujourd’hui et nous ne devons pas faire de Jésus un étranger sur ce chemin. Emile Hennart

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