Rendre témoignage à la vérité

Fête du CHrist roi de l'univers.

Daniel 7, 13-14 ; Apocalypse 1, 5-8 ; Jean 18, 33-37

 

Cette messe du dernier dimanche de l’année liturgique "B" revêt un intérêt particulier. La fête a été inventée dans les années 1933, au moment où l’on élevait une immense statue du Christ au Brésil, mais aussi en d’autres endroits du globe. A Rome le pape se considérait alors toujours comme prisonnier au Vatican (héritage de la guerre de 1870) ; en France, au tournant du siècle, beaucoup de chrétiens refusaient le ralliement à la République. A Boulogne/Mer on a même vu une procession sortir les drapeaux en l’honneur de Marie, dans le but de croiser ceux de la République. Aujourd’hui les passions se sont calmées (en principe !).

 

Nous pouvons sereinement apprécier cette dernière fête de l’année liturgique en l’honneur de Jésus qui est venu pour réconcilier l’humanité avec Dieu son Père. La lecture de l’Evangile de Jean où Pilate demande à Jésus s’il est roi est témoin du quiproquo qui s’est établi à propos de la mission qui est confiée au Christ. La royauté du Christ est celle qui rassemble devant Dieu tous ses enfants.

 

Saint Paul parle du Christ en qui, par qui tout est rassemblé devant Dieu, réconcilié avec Dieu, pour la gloire de Dieu. Cette fête est donc un jour d’action de grâce pour l’œuvre du Christ de nous rendre proche de Dieu son Père. Cela peut nous sembler “naturel”. Est-ce si évident ? C’est le schéma théologique qui fonde l’esprit du christianisme. Dès les origines Dieu nous a aimés, et il en sera ainsi jusque dans l’éternité.

 

Nous ne sommes pas abandonnés dans un univers froid et sans avenir. Nous croyons que nous avons une origine, en Dieu, et une destinée : vers Dieu. Certains spirituels parlent du temps que nous vivons comme d’un pèlerinage, un itinéraire qui nous rapproche de Dieu. On parle parfois des efforts que nous devons faire sur ce chemin. Ce n’est pas faux, mais avant de parler de nos efforts, nous devons reconnaître que Dieu, le premier, nous a aimés; qu’il nous a envoyé son Fils pour faire de nous ses enfants et qu’il nous donne son Esprit, pour vivre dans la famille des enfants de Dieu, confiants et espérant à cause de Jésus. Avec Lui, il nous a tout donné.

 

Il est intéressant de relire l’introduction à la Constitution sur l’Eglise “Lumen Gentium”, ou celle sur la liturgie qui donne le schéma ou, plus exactement, le projet de Dieu d’entrer en relation avec l’humanité, de converser avec elle. Dans Lumen Gentium nous est présentée la lecture théologique de l'histoire : Le Père, le Fils, l’Esprit, enfin l’Eglise, appelée à la suite des apôtres, Eglise qui a mission d’annoncer le Royaume et de l’instaurer dans toutes les nations, appelant de ses vœux l'heure où elle sera, dans la gloire, réunie à son Roi. C’est ce rassemblement devant Dieu que nous fêtons par anticipation ce dimanche.

 

Ce dimanche est donc l'occasion de rendre grâce à Dieu pour le don qu’il nous a fait, en Jésus, de vivre de sa vie, aujourd’hui et pour tous les jours qu’il nous reste à vivre. Abbé Emile Hennart

 

 

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