Rends moi justice Seigneur!

29ème dimanche ordinaire

Exode 17, 8-13. 2 Timothée 3, 14à 4,2 ; Luc 18, 1-8

 

A lire les lectures de ce dimanche on pourrait croire qu’il n’y a de prière que la prière de demande. L’image de Moïse qu’on assied sur une pierre afin que ses deux assesseurs puissent facilement lui tenir les bras levés vers le ciel est une expression figurative de la demande ininterrompue. En écho, à l’autre bout de la Bible, la parabole de la femme qui crie jusqu’au bout de la nuit devant le juge qui n’en  rien à cirer illustre l’incitation à prier sans cesse. Ce n’est pas faux que de savoir insister jusqu’au bout, ....

mais il ne faudrait pas oublier déjà les lectures de dimanche dernier où l’insistance porte sur la prière de merci. Il ne faut donc pas séparer l’une et l’autre forme de prière. Quand on relit la prière laissée par Jésus à ses disciples, "Notre Père", on constate qu’elle commence par la prière de louange : que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne que ta volonté soit faite au ciel et sur terre. Vient ensuite la prière de demande : donne-nous notre pain quotidien, pardonne nous nos offenses.

 

Nous sommes aujourd’hui invités encore et toujours à prier pour que vienne la paix, en Syrie, à Alep en particulier, tout en sachant qu’une autre attaque va commencer à Mossoul. Serions-nous devenus bipolaires ? Si l’on était le bon Dieu comment faire : retenir le départ des bombes d’un côté, laisser pleuvoir les obus d’un autre côté ? Faut-il tout attendre de Dieu ? Ne faut-il pas attendre de la part des humains un peu plus de considération pour la vie des humains ? Il est normal de supplier pour que la Russie stoppe ses frappes. Beaucoup savent la part de calcul de ce pays, qui souhaite installer de nouvelles bases militaires à proximité de la Méditerranée et en bordure de l’Occident.

 

Même si des éléments d’appréciations nous échappent, il importe de prier pour que vienne la paix. La liste des pays soumis à la mort est longue : Yémen, Afghanistan, Irak et Syrie, Corée, Timor et Pakistan, Nigéria, Congo, Soudan, etc. Un orateur invitait il y a quelques jours à se souvenir non seulement des trente glorieuses, mais aussi des soixante-dix tranquilles… Soixante dis ans sans guerre (mondiale). Certes, mais ces soixante dix ans durant ont été marquées par combien de conflits : Cambodge, Vietnam, Algérie/Maghreb, Afrique du Sud, Chili, Argentine, Colombie, et combien d‘autres pays. Il nous faut donc prier pour que vienne la paix entre les hommes. Le pape François le rappelait encore il y a quelques jours.

 

L’image que donne le Christ de cette femme qui n’arrête pas de prier pour obtenir son dû est un appel pour qu’aujourd’hui nous continuions à prier pour que vienne la paix, ici, là et ailleurs. Lorsque le pape Jean-Paul II priait pour la paix chaque premier janvier, il insistait pour associer Paix et développement. L’un ne va pas sans l’autre et beaucoup de conflits proviennent hier et aujourd’hui d’accepter l’inégalité entre les hommes. Il y a eu des progrès, mais il y a surtout une augmentation des richesses entre les mains de quelques uns pendant que la grande masse des autres n’a pas accès au partage des biens. (1% et 99%). C’est vrai au sein de chaque pays, c’est vrai aussi au niveau mondial. Saurons-nous prier pour que le dernier devienne le premier, et que Lazare puisse être honoré dès cette terre ? Faire justice, faire venir la paix… prier pour qu’elles viennent et agir au sein des associations pour qu’elles grandissent. EH.

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