Selon les Ecritures

3ème dimanche de Pâques

3ème dimanche de Pâques

Actes 3, 13-19 ; 1 Jean 2, 1-5 ; Luc 24, 35-48 “Selon les Ecritures”

 

A deux reprise, l’Evangile de ce jour fait référence aux Ecritures : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet. Cette référence aux Ecritures est fréquente, autant après la résurrection que dans les récits évoquant la vie de Jésus. Certains en tirent la conclusion que Jésus n’était pas vraiment libre… Peut-être faut-il baser notre réflexion sur une autre interprétation, à savoir que ce ne fut pas facile pour les disciples de dire que Jésus était le Messie, l’envoyé de Dieu, d’autant plus que son arrestation et la crucifixion avaient mis fin à leur espérance messianique. Ainsi les disciples d’Emmaüs discutent sur les évènements en se référant aux Ecritures… et c’est à la fraction du pain qu’ils reconnaissent Jésus comme le vivant. On imagine que les disciples ont découvert et compris qui était Jésus en un clin d’œil, au lendemain de la mort de Jésus… Or il leur a fallu du temps pour comprendre et ensuite pour oser parler.

A partir de la mort de Jésus on se trouve dans un nouveau temps où les disciples sont appelés à interpréter ce qu’ils ont vécu avec Jésus. Ils n’ont pu le faire qu’en reprenant les Ecritures. Saint Paul écrit aux Corinthiens 15 : “Le Christ est mort et ressuscité selon les Ecritures”. C’est un travail qui s’est réalisé avant lui, par les disciples. On trouvera trace de cet exercice de relecture des Ecritures, dans les nombreuses citations où les Evangiles font références aux textes des Ecritures : ces textes qu’ils ont repris en découvrant que cela parle de Jésus. Ainsi en est-il pour Marc 1 : “Selon qu’il est écrit dans le prophète Isaïe…”. Et on peut parcourir les 4 évangiles, travail qui nous est facilité parce que ces citations sont en italique dans nos bibles. Le récit de la Transfiguration renvoie les lecteurs à l’Ancien Testament, en montrant Jésus qui dialogue avec l’auteur de la Torah (Moïse) et le premier des prophètes (Elie). La fin de l’Evangile de ce dimanche reprend l’étonnement de Jésus : “Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Ecritures”. Nous oublions trop le travail de relecture et d’interprétation des Ecritures par la première génération des témoins.

 

La première lecture fait écho au discours de Pierre aux gens assemblés autour du Cénacle. C’est un appel à la conversion, c’est-à-dire à se tourner vers ce Jésus qu’ils ont crucifié. Luc rédacteur des Actes nous rend compte des débuts de la prédication. Dès le début les apôtres ne sont pas restés entre eux, ils ont pris la parole comme témoins, comme croyants. Etait-ce plus facile pour eux que pour nous ? Les circonstances sont différentes, l’indifférence a gagné beaucoup de nos contemporains… et pourtant la Parole continue à être proclamée. Ainsi les lecteurs de la saga d’Abraham peuvent découvrir des rapprochements entre cette lecture et Jésus-Christ : on voit Abraham demander que Dieu manifeste son pardon envers tous s’il trouve 50, 40, 30, 20, et même seulement dix justes. Plus tard, les pères de l’Eglise diront : Dieu accorde son pardon et son salut à tous, à cause du seul Juste, Jésus. D’autres rapprochements seront fait entre le sacrifice d’Isaac et le Christ en croix, etc. Les paroles de croyants continuent à être proclamées, ainsi aux Bernardins et les relais que sont les journaux, et même les polémiques deviennent occasion de confirmer qui est le Jésus de notre foi. Faut-il y ajouter le soutien aux migrants, faut-il évoquer l’exhortation apostolique sur la sainteté publiée par le pape François et son insistance pour que notre foi soit une foi incarnée… Ainsi depuis 2.000 ans, selon les circonstances, Jésus continue à être proclamé par les témoins, d’hier à aujourd’hui ? A votre tour, devenez ses témoins. Abbé Emile Hennart.

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