Un seul Corps et un seul Esprit

17ème dimanche ordinaire

2 Rois 4, 42-44 Elisée distribue les offrandes-prémices à tous ;  Ephésiens 4, 1-6 notre vocation à la communion, à l’unité ; Jean 6, 1-15 la multiplication des pains selon Jean.

 

La continuité des évangiles est rompue en quittant Marc, pour choisir jean et sa présentation du partage des pains. Alors que les synoptiques tendent à montrer la participation des disciples au partage du pain, Jean lui insiste sur l’activité de Jésus : du début à la fin du récit, Jésus est celui qui porte attention et qui partage à tous. Tout au plus y a-t-il la réflexion de Philippe qui signale qu’un enfant a un petit quelque chose mais qu’est-ce que cela ?

 

Or de ce rien, de ce petit rien Jésus va offrir à tous de quoi donner à vivre et à tenir la route… pas seulement la route physique mais le chemin que lui aura bientôt à vivre. N’oublions pas la fin du récit selon Jean : on veut bien de ce Jésus comme roi, puisqu’il offrirait à tous un avenir sans problèmes. Jésus s’en expliquera à Capharnaüm, au lendemain de ce partage, mais alors ils ne voudront plus le suivre… c’est trop compliqué ! (sans doute trop exigeant). Notre méditation peut se développer sur le don qui deviendra l’eucharistie.

 

Nous pouvons aussi développer a méditation à partir du texte de Paul aux Ephésiens : appelés à former un seul corps dans un seul esprit : un sel Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et père de tous… ; Sans doute Paul se souvient de la lettre écrite aux Corinthiens depuis  Ephèse où il avait dû mettre les point sur les “i” concernant les divisions en cellules selon ses convenances personnelles. Plusieurs fois au cours de son apostolat Paul a souffert des divisions dans lesquelles s’installent les communautés. Ses lettres en rendent compte, ainsi que les Actes des apôtres.

 

Tout au long de son histoire, l’Eglise verra se multiplier les divisions entre ceux qui un jour furent baptisés dans l’unique corps du Christ. L’attitude et le message du Christ durant sa vie furent prophétiques, interrogeant les habitudes acquises par les responsables du culte… oubliant d’abord le paroles des prophètes proclamées au nom du Dieu unique Dieu, oubliant ensuite qu’on ne peut être au service du culte que dans le souci d’apporter l’amour de Dieu à tous les hommes à commencer par les petits et les derniers…, ce que le Christ fera, ce qu’à chaque génération des saints ont fait, ce qu’a chaque génération des baptisés ont renâclé à mettre en œuvre. Partager le pain et le vi de l’eucharistie ; se nourrir du corps et du sang du Christ, c’est désirer ardemment lui ressembler.

 

Il vaudrait la peine de repérer les motifs de division entre chrétiens  au long des siècles : le service du frère n'est pas étranger aux raisons qui ont amené les chrétiens les plus aisés à rejeter les paroles de ceux qui souhaitaient que la table des pauvres ne soit pas délaissées.

 

C'est ce que l'on peut remarquer avec les réactions aux paroles du pape quand il parle, non pas d'écologie, mais d'inviter à la table de la consommation les plus pauvres de la société: ces hommes et ces femmes d'Amérique latine, comme ce fut le cas au printemps avec les asiatiques comme ce fut précedemment le cas à Lampédusa: vous ne serez pas jugés sur votre présence aux grandes cérémonies, mais sur l'amour que vous aurez eu les uns envers les autres... Jésus n'a jamais dit que ce serait facile ni que l'on sera payés en retour. E.H.

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