Le signe de l'Alliance entre Dieu et l'humanité

1er dimanche de carême

 

Genèse 9, 8-15 l’alliance entre Yahvé et Noé ; Première lettre de Pierre 3, 18-22 Le Christ nous a obtenu toute justice ; Marc 1, 12-15. Au début de la mission de Jésus.

 

"Jésus proclamait la Bonne nouvelle (Evangile de Dieu) : Le règne de Dieu s’est approché, convertissez-vous et croyez à l'Évangile. "

 

Les associations d’idées, ancrées dans notre tête et utilisées en début de carême risquent de cacher partiellement ce qui est premier pour l’annonce de la bonne Nouvelle par Jésus lui-même. Nous entendons tellement la phrase “confessez, confessez-vous” que nous imaginons Jésus demandant à chacun de se confesser. Ainsi on en oublie le message délivré par Jésus, selon saint Marc: "croire que Dieu est là à notre porte ! Dieu s’est approché de vous".

 

La première conversion qui est demandée à chacun c’est de modifier son esprit pour confesser que Dieu s’est fait proche de moi ; Il fut un temps où l’on affirmait que confesser, c’est confesser sa foi et c'est antérieur à "se confesser". C’est une affirmation à réinscrire dans notre dictionnaire spirituel : La confession de foi, c’est croire que Dieu s’est fait proche de moi. On peut le redire avec saint Pierre: croire que, par Jésus nous avons reçu toute justice. Ou encore avec Saint Paul qui affirme : en Jésus nous avons été réconciliés. Saint Jean dirait : “ce n’est pas nous qui avons le premier aimé, c’est lui qui le premier nous a aimés”. Pourquoi donc tant de bons apôtres insistent-ils tant sur le devoir de se confesser, avant même de confesser que déjà, Dieu nous a pardonnés ?

 

L’évangéliste ne parle même pas des tentations de Jésus, ces supplices qu’à notre tour nous devrions subir avant de confesser nos fautes… La relation entre Jésus et son Père est claire, même la relation au monde des êtres vivants, rien qui ne laisse soupçonner l’inimitié entre le serpent et la femme dont les pères de l’Eglise se sont régalés pour évoquer le ch. 3 de la Genèse. Oser croire que Dieu demeure proche de nous (envers et contre tout) reste  la conversion à laquelle chacun est appelée. Certaines saintes des XIXème et XXème siècle parlaient d’inhabitation divine : croire en la présence de l’Esprit-Saint (ou de la Trinité) en nous-mêmes. C’est une manière de parler pour exprimer cette foi que nous sommes devenus enfants de Dieu. Pour confirmer cette perception, il nous faudrait méditer la parabole du père prodigue en Luc 15, qui a déjà pardonné à son fils avant même que ce dernier ne soit revenu… l’Evangile laisse entendre que ce père prodigue n’a même pas laissé le temps au fils de lui lire le billet de confession qu’il avait préparé…

 

Revenons à la finale d’une trés belle histoire contée en Genèse ch. 6-9. C’est l’une des premières traces d’un thème qui parcourt l’ensemble des Ecritures, jusqu’à nos célébrations eucharistiques : l’alliance nouée entre Dieu et l’humanité, et cette très belle image à l’arc en ciel qui rappelerait à Dieu sa promesse à notre égard. S’il est des passages douloureux dans les Ecritures, il en est d’autres, comme aujourd’hui qui invitent à méditer la bonté et l’amour de Dieu envers tout homme. Voici l’entrée en carême, ce n’est pas un temps de mort, mais un temps pour réactiver tout ce qui développe notre relation à Dieu : Il est bon, il est droit le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles… Psaume 24).

Soyons donc reconnaissants envers Dieu pour les dons qu'il nous a faits. E.H.

Fermer