Sois le berger de mes brebis.

3ème dimanche de Pâques.

Actes 5, 27-41 ; Apocalypse 5, 11-14 ; Jean 21, 1-19

Sois le berger de mes brebis.

 

Saint Jean nous donne un dernier récit de rencontre entre Jésus et ses disciples, au bord du lac, avec un dialogue particulier avec Pierre. Ce récit est sans doute postérieur à la rédaction de l’Evangile. Il ne décrit pas le temps avec Jésus ressuscité mais plutôt le sentiment que les premières communautés pouvaient nourrir envers Pierre. La figure de Pierre est désormais reconnue dans l’Eglise. Cette figure est associée à celle de Paul. Il n’est pas évoqué dans les lectures de ce dimanche.

 

Tous deux ont subi la persécution et le martyre dans les années 60-70. Des communautés chrétiennes se sont implantées en de nombreuse villes. Il y a les judéo-chrétiennes issues des apôtres de culture juive. IL y a les chrétiens d’origine gréco-romaines, issus davantage des prédications dites grecques. Saint Paul fut un ardent prédicateur en destination des païens. Il y eut un moment la figure de Jacques, le frère du Seigneur, qui fut le responsable de la communauté rassemblée au Cénacle. Mais les conflits avec les Juifs ont amené leur migration soit en Samarie, soit à Pella.

 

Dans le récit au bord du lac, Jésus n’est pas immédiatement reconnu. Il en avait été de même avec les disciples d’Emmaüs (Luc). La foi ne s’impose pas, elle est reconnaissance. Ainsi en est-il pour nous-mêmes et les communautés où nous sommes insérés. Les récents évènements internes à l’Eglise ont pu provoquer le doute sur le présent et l’avenir de l’Eglise. C’est u Seigneur qu’il appartient d’accorder son pardon, pas à nous. A chacun de nous cependant il importe de dire, tout comme Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu ! La foi en Christ est une démarche personnelle, et l’Eglise c’est la communauté de celles et ceux qui se reconnaissent rencontrés par le Christ. Cette communauté se reconnait au partage du repas de communion, d’eucharistie. Le Christ ne fera pas la séparation entre pratiquants et non pratiquants, mais il accueillera tous ceux qui acceptent de se relier à lui et à ses frères.

 

La parole de Jésus à Pierre “sois le berger de mes brebis” peut interroger notre confiance au successeur de Pierre : le pape François qui a la lourde de tâche de conduire la barque aujourd’hui. Ses proches collaborateurs sont-ils prêts à tirer avec lui le filet sur la rive ? Il faudrait relire les paraboles du Royaume (Marc 4). Il n’appartient pas aux serviteurs de faire le tri à la fin des temps. Mais il appartient à chacun d’être de ceux qui porte la semence en terre pour qu’elle pousse et porte du fruit. Il nous appartient aussi d’être de ceux qui accompagnent le troupeau. Sois le berger de mes brebis : tous en avons la charge. Ce n’est pas une vocation réservée à quelques initiés, mais à chacun d’être le gardien de son frère. E.H.

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