Souviens-toi de Jésus ressuscité

28ème dimanche ordinaire

2 Rois 5, 14-17 ;2 Timothée 2, 8-13 ; Luc 17, 11-19.

Souviens-toi de Jésus ressuscité

 

La guérison de Naaman le Syrien. Un lépreux samaritain guéri. Ces récits font partie de notre imaginaire. Cela peut aider à vérifier le rapport du croyant avec l’étranger. Nous avons pu lire les réserves du judaïsme et du christianisme à l’égard de celui qui ne fait pas partie de la tribu, de la nation. Qu’en est-il réellement ? Récemment le pape François a relancé la réflexion à partir de l journée du migrant. Sa question n’est pas “Hier, comment faisaient-ils”, mais aujourd’hui quelles sont nos relations notre accueil de l’autre étranger. De récentes enquêtes ont montré que la France n’était pas en première ligne dans ce combat. La question du passage de la frontière Italie-France (rejet des migrants en 2016, dans la vallée de la Roya) reste un épisode particulier où extrême droite et gens de gauche se sont opposés. En Méditerranée des migrants se noient. Un léger progrès semble avoir eu lieu sur l’accueil dans quelques ports européens. Ces jours-ci, un débat est organisé à l’Assemblée nationale sur le thème des migrations… Et alors ?

 

Quand St Paul dans la seconde lecture convoque la mémoire du Christ ressuscité, nous sommes interrogés. Souviens-toi de Jésus est plus qu’une exhortation, c’est une exigence pour tout croyant, de mettre en conformité sa vie et ses convictions avec les attentes du Jésus des évangiles. Jésus est originaire de Galilée, Galilée des nations. Sans doute la vie en Galilée l’a prédisposé à l’ouverture à l’étranger, car leur rencontre faisait partie de leur contact ordinaire. Bien peu se disent croyants en Jésus-Christ et donc concernés par l’accueil de l’étranger. Mais il y a 2.000 ans, il n’ya avait pas accueil de l’autre qui vient d’ailleurs.

 

L’ouverture du synode des évêques sur l’Amazonie devrait nous interroger sur l’aptitude à l’accueil de l’autre différent. Une Eglise universelle devrait être une Eglise ouverte, une Eglise en sortie comme le dit le pape. En quoi nos célébrations eucharistiques témoignent de l’ouverture. Dans le passé des mots en langue hébraïque ont été utilisés et sont encore présents dans notre liturgie, de même en langue grecque. Le passage du latin au français a soulevé d’énormes tensions. Pourquoi. Saint Paul dans sa prédication a essayé de s’adapter aux gens qu’il a rencontrés. Il a fallu l’équivalent d’un concile, une assemblée générale à Jérusalem, pour que les mentalités évoluent, non sans mal, puisque le choix fut d’envoyer Pierre chez les hébraïsants, et Paul chez les hellénisants.

 

Un autre aspect de la vie des chrétiens est rappelé dans l’Evangile, c’est celui du merci, de l’eucharistie en grec ! Jésus s’étonne que seul un étranger soit revenu pour rendre grâce par la guérison. Quand nous nous rassemblons le dimanche, cela est tellement habituel que nous oublions que c’est d’abord une eucharistie, une action de grâce : eucharistie et envoi (messe, de ite missa est). Ce mois d’octobre est aussi le mois de la mission, pensons-y. E.H.

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