Je te suivrai, Seigneur...

13ème dimanche ordinaire

1 Rois 19, 16-21Vocation d’Elie. Galates 5,1.13-18 conduits par l’Esprit. Luc 9, 51-62.

 

Les conditions pour suivre Jésus. Que ce soit Elie ou Elisée, que ce soit Moïse oui Isaïe, que ce soit Pierre, Paul ou Jacques, il nous faut découvrir le sens de l’appel de Dieu et la réponse du prophète ou de l’apôtre. On peut toujours s’interroger sur la vocation, l’appel et la réponse. L’histoire des personnages que nous découvrons dans les lectures est le fruit d’une longue méditation pour écrire cette histoire. Bien sûr nous pouvons lire les récits de vocation au premier degré, comme si cela s’est réellement passé ainsi. Nous pouvons aussi penser que ces histoires ont inspiré les disciples qui ont suivi ces apôtres, ou prophètes.

 

Dans l’Evangile, quelque chose est précisé au sujet de la mission. Personne n’est missionné en vue, de détruire ou de condamner. Si nous relisons le début de l’évangile de Marc, nous devrions être rassurés : “Commencement de la Bonne Nouvelle”. Voilà la proclamation de tout envoyé de la part de Jésus, faire que l’annonce soit une bonne nouvelle. Même le cardinal André XXIII, pour ses 50 ans d’ordination, reconnait n’avoir pas été suffisamment “pasteur”. Il n’est pas demandé aux appelés de faire tomber le feu du ciel, de même qu’il n’était pas de la mission de Jonas, dans l’Ancien Testament, d’espérer que soit détruit le peuple de Ninive. Il lui est demandé d’annoncer les menaces en vue de la conversion de toute la population. Or le récit nous le présente désolé que Dieu n’ait pas mis ses menaces à exécution et qu’au contraire, il ait pardonné. Pourtant Dieu est un Dieu de miséricorde et non de vengeance.

 

Était-ce dans cet état d’esprit que Jésus avait envoyé ses disciples en avant de lui, pour condamner et pour détruire ? Sans doute pas : il devait y avoir du cléricalisme dans l’attitude des envoyés de Jésus. Il est possible que les disciples Jacques et Jean aient voulu être plus exigeants que leur maître : il fallait que tout, que tous plient devant le roi d’Israël. Quand Elie appelle Elisée, on a aussi l’impression que c’est un absolu : tu viens et tu ne demandes rien, même pas de dire adieu à ta famille.

 

La référence au feu qui tombe du ciel provient sans doute d’un épisode de la vie d’Elie, où l’attitude provocante du roi Ochozias envers le prophète aurait entrainé la réponse fulgurante d’Elie faisant tomber le feu du ciel sur l’escorte envoyée par le roi (II Rois, 1). Il faudra du temps pour que le Dieu proclamé par Jésus n’est pas un Dieu souverain et tout-puissant, mais un Dieu proche et ami de l’homme. En ce sens les reproches du pape François à l’encontre des autorités ecclésiastiques qui se conduisent en supérieurs et non en pasteurs du peuple de Dieu mérite d’être médité.

 

A nous de tirer les conséquences de notre foi en un Dieu miséricordieux et ami des hommes. De quel Dieu sommes-nous les témoins, de quel messie sommes-nous les annonceurs ? Les exigences de Jésus sont des exigences d’amour et non de sévérité. Au moment où l’on rappelle l’anniversaire des ordinations, proches ou plus lointaines, reconnaissons que nous ne sommes pas au-dessus du maître.  Membres de l’Eglise nous sommes appelés par Jésus pour être, comme lui, les serviteurs du Royaume de son Père. Comme le rappelle l’apôtre Paul : nous devons agir, conduits par l’Esprit (et non pas le désir de pouvoir.). Abbé Emile Hennart

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