Tous devinrent furieux contre Jésus

4ème dimanche ordinaire

Jérémie 1, 4-5 + 17-19 ; 1 Corinthiens 12, 31 à 13,13  Luc 4, 21-30

 

Suite du récit de la première prédication de Jésus à la synagogue de Nazareth. La prédication, d’abord bien reçue (la semaine dernière), a été vite contestée (récit de ce dimanche). Il semble que l’idée d’affirmer l’ouverture de Dieu (et de la religion) envers les étrangers et les païens ne passe pas bien. Il en est de même aujourd’hui où l’on constate dans l’Eglise à la fois plus d’ouverture que chez nos contemporains, et en même temps des blocages. Certes on a bien reçue la main tendue par les musulmans pour passer dans leur mosquée un moment de convivialité… cependant il reste beaucoup à faire, et ce ne sont pas les partisans de la marche contre le mariage pour tous qui auront provoqué la réflexion au sujet des gens différents que nous pourrions –ou non- accueillir. Accueillir ne veut pas dire approuver leur point de vue, mais manifester qu'on est proche, qu'on reste proche de la personne (miséricordieux?). L’exemple le plus caractéristique se trouve en Jean 8 où Jésus accueille une femme adultère et la laisse repartir après que personne ne lui ait adressé la Parole ni ne l'ait condamné.

D’une manière générale Jésus se montre proche des gens, des derniers de la société... mais il se refuse à être le prophète qui faire des miracles: il est plutôt celui qui réconcilie les lointains avec le cœur de Dieu Cela ressemble fort à la parole du pape : Qui suis-je pour condamner ? Tout comme le pape François qui insiste sur la miséricorde.

 

Bref, dans cette ouverture à Nazareth, nous pouvons déceler le programme de Jésus où il exprime la bonté du Seigneur envers tous. Bien des exégètes insistent pour décrire Luc comme l’Evangile de la miséricorde… par exemple, le père prodigue et son fils, la perle ou la brebis perdue et retrouvée, etc… autant d’indicateur en faveur de la Bonne Nouvelle comme Bonne Nouvelle. Dans la citation du prophète, Jésus ne retient pas l’annonce d’un jour de vengeance de la part de Dieu. Il retient seulement que sa venue est l’annonce d’une année de bienfait. Ce faisant Jésus pointe déjà que Dieu est miséricorde et bienfaits plutôt que vengeance et condamnation. Heureux oubli de la part de Jésus que l’absence de cette expression “jour de vengeance.

 

Hélas l’Eglise et sa hiérarchie n’ont pas toujours aux avant-postes de la prédication et de la mise en œuvre de la miséricorde divine. L’inquisition, la saint Barthelemy ou la révocation de l’édit de Nantes ont laissé les traces d’un juridisme qui n’a rien à voir avec la prédication de l’Evangile de la miséricorde… ommes-nous prêts à entendre le pape François quand il demande d'aller aux périphéries, qu'il dénonce une économie qui tue l'homme (relire Laudato si), et bprovoque à une attention envers les derniers de la société, quand il provoque les journalistes qui l'interrogent et répond; qui suis-je pour condamner?

 

La seconde lecture est fort justement appelée l’hymne à l’amour… Il semble qu’à ‘origine de ce texte, Paul a voulu interroger les Corinthiens sur leur tendance à se valoriser à partir de telle ou telle de leur qualité qu’ils cherchaient à valoriser et développer… Paul ne le leur reproche pas il demande simplement si au fond de leur cœur c’est bien la charité qui les anime, ou le désir de se montrer supérieur… Bon examen de conscience pour aujourd’hui encore.

 

Quant à la première lecture tirée du livre de Jérémie, elle évoque la vocation du prophète, plus exactement le dialogue méditatif dans lequel Dieu évoque la condition de prophète au milieu d’un peuple rébarbatif, où le prophète est amené à tenir envers et contre tous : je ferai de toi comme une ville fortifiée, un rempart face à tout le pays, aux princes, aux prêtres et même à tout le peuple. Se pourrait-il que les prêtres puissent faillir à leur mission de rapprocher le peuple de son Dieu ? Là encore nous sommes renvoyés à la péripétie de Jésus à la synagogue de Nazareth, mais aussi de l’Eglise dans le monde qui s’est plus d’une fois considérée comme au-dessus du monde. E.H.

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