Je t’envoie vers une nation rebelle

14ème dimanche ordinaire

Ezéchiel 2, 2-5 ; 2 Corinthiens 12, 7-10 ; Marc 6, 1-6

Ce dimanche, les lectures sont peu encourageantes quant à l’annonce de la Parole de Dieu. Dans l’évangile, nous voyons Jésus aux prises avec sa famille, ses amis et ses proches. Ce qu’il peut leur dire ne semble pas reçu, au seul motif qu’il fait partir de leur environnement immédiat : n’est-ce pas le fils de Joseph et de Marie ! Sous-entendu : pourquoi ferait-il le prophète chez nous ! On aura ce même type de comportement quand l’évangéliste Luc rapportera le discours inaugural de Jésus à la synagogue de Nazareth (Luc).

 

La première lecture évoque la réflexion au temps de la vocation du prophète Ezéchiel : “Je t’envoie vers une nation rebelle révoltée contre moi !” Est-ce une manière pour appeler à des vocations multiples ? La semaine dernière avaient lieu deux ordinations dans le diocèse. Ces deux jeunes ne seraient pas rassurés s’ils entendaient de tels propos. Il en est probablement de même pour toutes celles et ceux que l’on appelle à prendre part à un ministère actif, que ce soit en catéchèse, au service des mouvements, en liturgie ou au service de l’accueil en paroisse. Le premier réflexe est de dire : je ne sais pas, je ne pourrais pas. Et pourtant il y a encore et toujours des personnes qui s’engagent pour que continue à être apportée la Parole de l’Evangile.

 

Certes, il y aura toujours à purifier ou ajuster son langage, son témoignage. Au cours d’un de ses envois, le Christ affirmera : “je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups”. Dimanche prochain nous lirons quelques lignes du prophète Amos où l’on découvre qu’il est expulsé par le prêtre du lieu, Amasias, qui le prie de retourner prophétiser dans son pays, pas ici, “car ici c’est le domaine du roi !” La parole de Dieu qu’il proférait était percutante, dénonçant toutes les politiques étrangères au Dieu du Sinaï. Jésus, à Nazareth ou au bord du lac, ne se contentait pas de donner les sacrements, il avait une parole où le oui était oui, et le non, non.

 

Récemment relisant les actes d’un colloque pour les 50 ans de Vatican II, je mesurais combien la critique avait été facile pour dénoncer ce concile qui dérangeait. Mais si Dieu ne dérangeait plus personne, il ne serait plus Dieu. Jésus a dérangé au point qu’il en a perdu la vie. Aujourd’hui, mettre ses pas à sa suite, ce n’est pas de tout repos. Il avait prévenu. Cela n’empêche pas bien des bonnes volontés à le suivre. EH.

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