Viens, suis-moi

28ème dimanche ordinaire

Sagesse 7, 7-11 ;Hébreux, 4, 12-13 ; Marc  10, 17-30

L’évangile de ce dimanche, à lui seul suffit à notre méditation. Ce jeune homme vient à la rencontre de Jésus avec les meilleures des intentions, faire ce qu’il faut pour avoir en héritage la vie éternelle. Qui de nous n’a pas ce même désir ? Jésus commence par faire un pas de côté : pourquoi m’appelles-tu bon ? Il recentre la réflexion sur Dieu et Dieu seul. Si l’ jeune homme ou les disciples auraient voulu être bon… qu’ils n’oublient pas Dieu. Jésus rappelle alors les principaux commandements contenus dans le décalogue (Exode, 20, 12-16). Le “Tu ne feras pas de tort à personne est ajouté au décalogue traditionnel.

 

On pourrait d’abord s’étonner de la différence entre Matthieu et Marc. EN Matthieu : Jésus réinterprète les commandements en poussant plus loin l’attitude envers le prochain, considéré comme un frère. Faut-il parler encore de commandement mais plutôt d’attitude du cœur en Matthieu ? Marc lui, insiste sur le désir de faire plus du jeune homme. Alors Jésus invite à faire plus, ou autrement : va, vends tout ce que tu as puis viens, suis-moi. Beaucoup de prédicateurs ont insisté, non sans raisons, sur le fait que les richesses empêchent la réponse positive du jeune homme.

 

On avait déjà eu droit à “Celui qui veut être le premier, qu’il se fasse le dernier et le serviteur de tous”. La suite de la réponse de Jésus invite à tout donner aux pauvres. Les disciples autour de Jésus ne comprennent pas l’absolu dans lequel Jésus veut y entrainer ceux qui veulent le suivre. En fait la question sous-jacente est celle de pouvoir obtenir le salut. Or là, personne ne peut se sauver soi-même ni faire quoi que ce soit qui le sauverait. Ce sera le sursaut de Luther, tout comme de Paul de se rendre compte que Dieu seul peut sauver, ni nos prières, ni nos œuvres le peuvent.

 

Cela permet de mieux comprendre l’insertion : “Jésus le regarda et il l’aima”. C’est de ce même regard d’amour que Jésus nous aime chacun de nous. Jésus invite à découvrir autre chose : avec lui, avec Dieu, il ne s’agit pas d’un donnant-donnant pour obtenir la vie, mais d’entrer la démarche de Dieu ou de lui-même : il le regarda et il l’aima.

 

Il s’agit donc de se laisser pénétrer pas Dieu, et non d’obtenir quelque chose de lui, grâce à ce que nous aurions dans les mains en échange : Devant Dieu, nous n’aurons jamais rien en échange. L’épisode suivant, en Marc 10,46, nous fait découvrir le chemin vers Jérusalem, et, sur ce chemin un aveugle qui n’a rien à donner, à partager, sinon à se découvrir aimé par Jésus, et c’est lui qu’on va retrouver seul derrière Jésus à la suivre : il (au singulier) le suivait sur le chemin. Abbé Emile Hennart

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