Vous ne pouvez à la fois servir Dieu et l'argent

25ème dimanche ordinaire

Amos 8, 4-7 ;  Tm, 2, 1-8 ; Luc 16, 1-13

Quelle mouche a bien pu piquer Amos pour qu’il ait élevé la voix aussi fort contre ceux qui écrasent les malheureux, qui jouent sur les prix des nourritures de base ? “Nous pourrons acheter le -faible pour un peu d’argent…“ auraient pensé les contemporains d’Amos. Il semblerait que certains textes des prophètes en particulier comme celui-ci, concernant les relations économiques et sociales ne soient plus en odeur de sainteté dans notre Eglise. L’ouverture de l’Eglise aux questions sociales au milieu du XIXème siècle se serait-elle terminée dans les années 1990,  avec l’anniversaire de Rerum Novarum ?

 

 On peut le penser, car hormis quelques réflexions du pape François, peu appréciées dans le monde catholique, l’Eglise se replie dans se œuvres de charité et son culte des saints plutôt que le souci d’agir sur les causes des misères du monde. Entre la spiritualité de saint François de Sales et celle de Frédéric Ozanam il semble que les catholiques ont choisi la charité plutôt que la justice.

 

A l’occasion de la canonisation de Térésa de Calcutta plusieurs voix, tout en admirant la sainte,  se sont exprimées pour dire que la condition des pauvres mourant n’a guère évolué, que rien n’a été fait depuis 30 ou 40 ans, concernant les causes de cette misère. On peut admirer le souci de donner la main au mourant, d’accompagner les mourants sur les trottoirs de Calcutta, on peut dans le même temps s’interroger sur ces usines, en Inde ou en Chine, qui tuent par dizaines, voir par centaines, ceux qui réussissent à y entrer, pour un salaire des plus dérisoires.

 

Peut-on continuer à ignorer les origines des souffrances à travers le monde et les inégalités croissantes dans les moyens de vivre et de survivre. La liturgie associe à Amos, une mise en garde de Jésus au sujet de l’argent, argent malhonnête qui peut entraîner des choix qui ne correspondent pas aux attentes du Seigneur. “Nul ne peut servir deux maîtres… Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. Certes, on ne peut comparer l’économie du temps d’Amos avec notre temps. Mais la mis en garde de Jésus est toujours juste. Encore faut-il l’entendre et mettre en œuvre un modèle où le pauvre est roi. E. H.

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