Voici la servante su Seigneur !

4ème dimanche de l’Avent

2 Samuel 7, 1-16 ; Romains 16, 25-27 ; Luc, 1, 26-38

Nous voici à quelques jours de Noël. La liturgie nous invite tout d’abord à méditer un dialogue spirituel entre David et son Dieu. C’est une très bonne intention qu’avait David de vouloir construire un Temple pour Yahvé, son Dieu… En ces temps anciens, chaque souverain avait son Dieu protecteur et une équipe sacerdotale toute dévouée et au roi et à son Dieu. Lui bâtir une demeure, c’était aussi une manière d’avoir son Dieu à disposition en cas de nécessité. C’est ainsi que le prophète Amos se fit sortir de Béthel par les prêtres du Roi de Bethel… Dans ce lieu sacré on ne pouvait dire que ma parole qui convenait au Roi…

Le refus de Yahvé à l’idée émise par David est peut-être plus subtil qu’il n’y parait : “C’est moi qui vais te construire une maison et non l’inverse !” Yahvé veut garder son indépendance… Il en sera de même quand Jésus renvoie saint Pierre à ses études, au moment où Pierre veut le dicter le vrai chemin à prendre… Mais il se peut que dans la conduite des églises, Dieu n’ait pas toujours son mot à dire. Le service des pauvres et le chemin du jeudi-saint n’est pas toujours le mieux honoré. Cela me fait aussi penser aux nombreux lieux où des chrétiens de bonne volonté, tout comme David, ont voulu construire des temples grandioses pour leur Dieu, au prétexte que rien n’est trop beau pour Dieu, au point qu’un’ boutade a pu circuler à l’encontre des promoteurs : “lls ont une pierre à la place du cœur !” D’où la question : “que voulons-nous construire pour Dieu ? Qu’est-ce qui lui ferait honneur ?”

 

L’Evangile proposé à notre méditation reprend le récit de l’annonce à Marie, selon Luc. Sur le lieu supposé de cet annonce, on a construit une bien belle et grand basilique, au point même de vouloir raser une petite mosquée qui aurait fait de l’ombre au chemin d’accès. Le projet de recouvrir les murs de plaques de marbre a été abandonné : il y aurait eu contradiction entre l’humble servante du Seigneur et l’édifice qui lui était dédié.

Là encore, nous sommes invité à méditer notre vie, nos activités et nos choix au regard de l’attente du Seigneur. Si nous apprenions que le Seigneur passe aujourd’hui sur les quais de Calais, peut-être aurions-nous un pincement au cœur en nous demandant où est celui qui doit venir ? Dans cette foule de migrants devant qui les anglais nous aident à dresser des grilles de protection, nous pourrions nous demander : “Qui a peur de qui” et aussi cette parole de st Matthieu : où étais-tu, Seigneur, on ne t’a pas vu ! (Matthieu 25).

 

Il y a quelques jours, le pape s’étonnait : “Sans domicile fixe, quel bel euphémisme!.” En voyant passer Joseph, Marie et leur âne, dépêchons-nous d’y associer tous ces parias du 21ème siècle, exilés bien malgré eux à la recherche d’une civilisation empreinte d’humanité, à défaut d’être civilisation de l’amour.