Sangatte-Calais, repères d'une longue et douloureuse histoire

Depuis quinze ans, ils errent à Calais

 

Appel aux dons: voir en bas de page.
 
Médecins du monde à Calais

 

A l'approche de l'hiver 2007,

les responsables des associations sont inquiets.

 

 Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.
Il avait promis qu'en supprimant le centre de Sangatte, le problème des réfugiés aurait disparu en trois semaines. Quatre ans après, ils sont toujours aussi nombreux. Les forces de l'ordre, qui dépendent du ministère de l'Intérieur, réguliérement font le ménage!!! c'est-à-dire ne solutionnent rien, mais victimisent un peu plus des gens victimes elles-mêmes d'un ordre économique et politique mondial qui montre ses limites dans l'instauration de rapports plus équitables (plus équilibrés) entre les hommes et les pays. Les dernières promesses portent sur le fait qu'il n'y aurait plus de gens à dormir sous les ponts dans deux ans... les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent... pourquoi n'a t-il pas commencé il y a deux ans? il y a cinq ans?

 

 

Eléments d'histoire, en forme de rappel

 

Origines des réfugiés: des pays dévastés par la guerre et la misère.

Les réfugiés à Calais, ce sont d'abord des êtres de chair qui quittent leur pays dévasté par les guerres, qui fuient les massacres, des gens qui tentent de trouver autre chose que la misère et la mort. Retour sur quinze années avec les errants de Calais.

L'aide organisée aux "réfugiés de Calais" commence au milieu des années 90. Les réfugiés qui arrivent viennent de Yougoslavie. Croatie, Bosnie, Kosovo, trois étapes d'une guerre qui a commencé en 1991. La demande serbe d'instaurer l'Etat du Kosovo est rejeté par la Croatie, la Macédoine, la Bosnie Herzégovine et la Slovénie. Cette première guerre, en Croatie et en Bosnie dure 3 ans 1/2.  Mais la guerre se continue au Kosovo. C'est la Bosnie qui est la plus touchée par les tensions séculaires entre les Serbes, les Croates et les Musulmans. Le bilan de cette guerre est très lourd : 200 000 morts, des centaines de blessés et 2.7 millions de réfugiés. D'après certains c'est le conflit le plus sanglant connu après la seconde guerre Mondiale. En 2007, les ressortissants d'Afghanistan peuvent de nouveau être expulsés.

 

L'association la Belle Etoile

Certains réfugiés croates puis kosovars se retrouvent à Calais, sans aucun secours. Pour se protéger du vent et du froid, ils se réfugient dans les creux que forment les canaux menant à la mer. C'est en découvrant cette misère du monde à leur porte que des chrétiens sollicitent leurs amis et développent l'association "la Belle Etoile". L'association jusqu'alors se voulait accueil pour les marins de passage sur le port de Calais.

 

C'Sur

Une seconde vague de réfugiés arrivent lors de la guerre en Afghanistan. Ce sont aussi des irakiens, persécutés par le régime de Saddam Hussein qui échouent dans Calais. Plusieurs associations d'aide ont vu le jour et s'associent sous l'appellation C'SUR: comité de secours d'urgence aux réfugiés.

 

Le centre de Sangatte

La réponse des nations a été la création du centre de Sangatte, sous l'égide du HCR (le haut commissariat aux Réfugiés). Les hangars désaffectés d'Eurotunnel sont utilisés pour héberger les réfugiés et donner un minimum d'hygiène et de nourriture. La Croix Rouge participe alors à l'aide aux réfugiés. Les associations continuent leur aide, apprentissage du français, soutien pour les démarches administratives, sensibilisation de l'opinion es langues. Ils sont relégués reléguées dans un "rôle périphérique". C'est une véritable cité de candidats à l'émigration vers l'Angleterre qui s'est mis en place. 

 

Le provisoire s'est alors installé dans la durée et le flot des migrants ne s'est pas tari, alimenté par la succession des conflits: Yougoslavie, Irak, Kurdistan, Afghanistan, et de nouveau l'Irak. En 2002, on a parlé de la présence de près de 4.000 réfugiés dans le centre. Des réseaux de passeurs laissent croire et favorisent la croyance en un eldorado aux désespérés qui fuient leur pays et osent espérer en un avenir ailleurs. Vu de loin, Sangatte apparaît aux migrants comme un passage vers l'avenir. Vu des prés Sangatte se révèle être une impasse. L'Angleterre se ferme, les barbelés se dressent autour du port et des parking de camions, autour de l'entrée du Tunnel. C'est ici qu'il faudrait faire une études des comportements de la diplomatie et des lois que France et Angleterre pour se protéger plus que pour répondre à l'attente des réfugiés. Il est évident que la logique de l'urgence doit trouver la relève dans d'autres démarches.

 

Le contexte des nations

Il n'y aura pas de solution "homéopathique" du cas Sangatte. La situation locale dramatique est révélatrice du mal qui ronge la "planète mondialisée". Au-delà de l'évènement local, se pose la question des disparités planétaires, source de nombreux flux migratoires. On estimait en 2004 à 175 millions le nombre de migrants à travers le monde. Les politiques internationales et les économies mondialisées sont mises au défi d'inventer un nouvel ordre économique, pour construire et reconstruire. L'Europe, comme les États-Unis sont appelés à mettre en œuvre les valeurs qui ont participé à l'élaboration de l'Occident chrétien. Le repli sur soi n'est sans doute pas la meilleure solution.

 

Novembre 2002, le centre de Sangatte est démantelé. C'est la solution qu'a trouvé le premier ministre Mr. Sarkozy: A partir du moment où l'on ferme, "il n'y aura plus de problème dans quelques semaines", avait-il affirmé. Mr Sholtes, préfet du Pas-de-Calais reconnait que plus de 1.500 réfugiés ont été transférés hors du département, dans d'autres centres d'hébergement... Les associations d'aide parlent plutôt de lâcher dans la nature, car la plupart ne sont pas en situation de régularisation possible, ni expulsables vers leur pays d'origine. La Croix Rouge se retire, puisqu'il n'y a plus de problème de réfugiés déclarait Mr Jean-François Mattei.

 

Nouvelles galères après la fermeture de Sangatte

Très vite, des dizaines et des centaines de réfugiés errent à nouveau dans les rues et les chemins creux de Calais. Quelques jours après la fermeture, sous la pluie le vent et le froid, au milieu de la nuit, des réfugiés frappent à la porte du presbytère. L'abbé Boutoille n'a d'autre solution que d'ouvrir une église alors désaffectée. C'était le 9 novembre 2002. Il témoignait ainsi:  "Quand vous voyez à deux heures du matin votre parking envahi par des hommes sans toit, transpercés par la pluie, que fallait-il faire? leur dire "allez voir ailleurs, sous les ponts?".J'ai demandé d'ouvrir les portes de la paroisse, et j'aurai souhaité qu'il y ait, pour discuter avec eux quelqu'un de la sous-préfecture. Il faut d'abord leur offrir un toit, et les rencontrer pour voir ce qui est possible. Il semble qu'aujourd'hui, le mot dignité n'ait aucun sens."   

De nombreuses "péripéties" des rapports conflictuels entre les différents protagonistes seraient à publier. Parmi eux, le jugement du Tribunal de Boulogne où avaient été déférés deux responsables de C'Sur. Le verdict tombera le vendredi 20 août à quatre heure du matin : coupables... coupables d'avoir aidé des étrangers en situation irrégulière sur le territoire français; dispensé de peine.... "activité illégale, mais non répréhensive", avait reconnu le procureur dans son réquisitoire

 "L'après-Sangatte a été très improvisé malgré les grandes déclarations des pouvoirs publics", déplore le P. Boutoille, curé de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul de Calais où avaient trouvé refuge une centaine de Kurdes refoulés du centre. Le problème a été réglé trop vite, aujourd'hui on en arrive à cette situation. Tant que les passeurs subsisteront dans la ville, le flot d'immigrés ne s'arrêtera pas."

 

De nombreux chrétiens actifs;
Prises de position des Eglises chrétiennes au sujet des migrants


Le 8 décembre 2002, Mgr Jaeger, évêque d'Arras au cours d'une ordination diaconale, au service de la solidarité, faisait allusion à ces évènements:  "... Comment ne pas évoquer dans notre Pas-de-Calais qui n'a choisi ni sa situation géographique, ni ses conséquences économiques et politiques la rencontre devenue inévitable avec des hommes venus de pays plus ou moins lointains et dont l'errance est devenue un véritable désert. Qu'on ne dise pas trop vite qu'il leur suffisait de rester chez eux ! Les plus anciens parmi nous ont naguère senti peser le poids de l'oppression politique et militaire. Des membres de leurs familles ont payé de leur vie ce genre de folie humaine. Ils savent que l'aspiration à la seule et simple humanité est plus grande et plus précieuse que toutes les frontières.  

Les relations entre les peuples passent, à l'évidence, par l'organisation, la réflexion, le dialogue. Nous devons encourager celles et ceux qui, quelles que soient leurs compétences, leurs charges et leurs mandats s'y emploient. L'histoire ne fait pas tous les jours des pas de géants. Elle hérite d'un passé toujours tentant. Le ministère diaconal peut et doit, dans la situation qui nous occupe dire et montrer que dans les déserts des immigrés et des sans-papiers, le Seigneur vient et qu'il est indispensable de préparer sa route ! Je ne peux pas me faire à l'idée, pas un diacre de l'évêque ne peut se fait à l'idée que la nuit de Noël un seul être humain de chez nous ou venu d'ailleurs puisse être délibérément laissé à la rue.  

En mai 2005 le conseil oeucuménique des Eglises chrétiennes publie une déclaration.

 

Noël des errants

Depuis, plusieurs Noël se sont passé dans la rue pour ces rejetés de partout. Les bénévoles leur offrent un repas plus festif, mais chaque jour qui passe, ce sont trois cents personnes qui viennent chercher un repas, distribué soit pas le Secours Catholique, soit pas les bénévoles du C'Sur. De nombreux journalistes ont rapporté les éléments de cette vie quotidienne.
Le 5 novembre 2007 sera le 5ème anniversaire de la fermeture du centre de Sangatte.

 

L'émission jour du Seigneur du 20 février 2005  "Ton frère" est visible sur le site Jour du Seigneur dans la vidéothèque, demander 'ton frère'

 

Appel aux dons.

 Régulièrement un appel est lancé par les association pour une aide, soit financière, soit pour apporter des vêtements chauds, ou chaussures, gants, chaussettes, pulls et anorak, jeans,... si possible non troués !!! Une attente est exprimée aussi pour tout ce qui est objets d'hygiène, bougies.  En certaines villes des bénévoles organisent des points de dépôt. A Calais, vos dons peuvent être déposés :

pour C'Sur, (collectif d'associations), tous les jours, quai de la Moselle de 14h à 15h, ou le mercredi après-midi au 3 rue de Croy, Calais Nord. 

pour Salam, tous les soirs, hangar Paul Devos, de 18h a 19h pour Salam. 

Des chèques peuvent être libellés à l'ordre de l'une des associations ci-dessous:

Secours catholique, 170 rue Anatole France 62100, Calais. 03 21 19 04 11
La Belle Étoile, Chèques à l'ordre de Association La Belle Etoile.
       Adresse Association La Belle Etoile Monique Delannoy BP 34 62370 Audruicq.

Médecins du Monde, de son côté est présent auprès des réfugiés

  

Il devient difficile de répondre au minimum d'hygiène pour ceux qui errent dans les rues et que d'aucuns ne veulent plus voir. Le vestiaire n'a que très peu de vêtements à offrir

La pénurie en couvertures, pantalons chaussettes … n’a  pas permis de couvrir tous les besoins lors du dernier vestiaire. Le local vestiaire est actuellement en travaux. Il n’est plus géré par la paroisse mais par Arras. L’absence d’électricité va notamment poser rapidement problème.Une réflexion est menée afin d'envisager  un hébergement des migrants. blessés, des femmes et des enfants, en un lieu sous forme d'un accueil collectif  (même si cela signifie laisser 95% des réfugiés à la rue). ….

 

 

 

 


 

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 12332 visites

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