Communiqué de Mgr Jaeger

Relations chrétiens et musulmans

 Sur la feuille paroissiale Février 2011/2 de la paroisse Notre Dame en Cité d’Arras, est parue une lettre ouverte à nos frères musulmans. Le contenu de ce document a blessé des membres de communautés musulmanes et heurté des paroissiens ainsi que d’autres personnes.


J’ai fait savoir au rédacteur de cette lettre que je désapprouvais cette initiative dans sa forme et dans son fond. Au-delà des intentions elle peut, à juste titre, être reçue comme offensante. Celles et ceux que ce texte a choqués voudront bien pardonner ce faux pas.


Je réaffirme la volonté de l’Eglise catholique dans notre diocèse de répondre pleinement aux lumineux appels de la déclaration du concile Vatican II sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes. Elle invite à « s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. »


Je souhaite que pour le plus grand bien de tous, en des temps de grandes interrogations chez nous et dans le monde, ces objectifs nous rassemblent et unissent. Nous avons beaucoup à faire ensemble pour qu’il en soit ainsi !


Le 6 mars 2011

+ Jean-Paul JAEGER
Evêque d’Arras.
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Lettre mensuelle du SRI

De la peur... à l'espérance

 

Portes ouvertes chrétiens et musulmans, Lens, le 12 novembre 2005 Visite à la mosquée de Lens  
Portes ouvertes chrétiens et musulmans, Lens, le 12 novembre 2005
Portes ouvertes chrétiens et musulmans, Lens, le 12 novembre 2005
Le Service des Relations avec l'Islam  analyse les évolutions actuelles. Lettre de mars 2011

 

A Alexandrie, en Egypte, l'année 2010 s'est achevée par une tragédie: celle de l'attentat contre l'église «Al Quidissein» avec 21 morts et près de cent blessés parmi les chrétiens venus prier, selon la tradition, la nuit du 31 décembre. Choc, colère, peur chez nos frères chrétiens coptes après ceux d'Irak. Choc ressenti aussi ici non seulement chez les chrétiens mais aussi chez nos compatriotes musulmans. Cette tragédie a provoqué de multiples réactions d'indignation dont pour la première fois une déclaration commune des responsables de tous les cultes de France et le premier appel de personnalités françaises de toutes formes d'appartenance à l'Islam dénonçant l'usage de l'Islam pour tuer.


Les 6/7 janvier, la fête de Noël en Orient fut l'occasion de gestes et de paroles de solidarité et de fraternité. Mais déjà dans le monde arabe, si proche de nous par la géographie, l'histoire, les liens humains, une clameur commençait à s'élever après la mort de Mohammed Bouazizi à Tunis, le 4 janvier, des suites de son immolation par le feu, geste de désespoir devant un avenir bloqué pour des milliers de jeunes de son pays. Sa mort provoqua le déclenchement de ce qui est aujourd'hui appelée la révolution tunisienne : soulèvement du peuple contre un régime policier et dictatorial et fuite de Ben Ali. Les Tunisiens ont osé sortir de la peur qui les enfermait, braver un régime policier et corrompu et réclamer la liberté.


Cette attitude semble avoir, à son tour, libéré de la peur les citoyens d'autres peuples arabes. Le 25 janvier, la première grande manifestation au Caire, plate Tahrir (place de la libération) ouvrait à son tour la longue et patiente obstination des Egyptiens pour obtenir la chute du régime et le départ de Moubarak


Certes, les situations sociales, culturelles, géopolitiques de ces pays sont différentes mais ce qui frappe c'est qu'en Tunisie comme en Egypte les premiers acteurs de ces révolutions sont de jeunes diplômés. Une nouvelle génération, qui s'est mobilisée grâce aux réseaux sociaux, a été capable de dire en paroles et en actes : «C'est assez» (Kefaya), de braver la peur de la répression policière habituelle, de la torture fréquente, pour réclamer la fin du statu quo d'oppression, le respect de la dignité de chacun (en arabe karâma). Ils l'ont fait de manière non-violente. Ils l'ont fait, en Egypte, jeunes musulmans et chrétiens ensemble alors que leurs responsables religieux s'alignaient sur le pouvoir.
 

Ces mouvements ont fait tomber les idées reçues chez nous selon lesquelles seuls des régimes autoritaires peuvent gouverner ces peuples, que seuls des régimes autoritaires peuvent éviter les dérives islamistes. Ils montrent que des populations arabes réclament la citoyenneté et les droits de l'homme. Espérons qu'il leur sera possible d'inventer leur manière de vivre la démocratie et que les Européens sauront être à leurs côtés.


Rien n'est acquis, nul ne peut prédire la suite en Tunisie, en Egypte et dans d'autres pays arabes. Mais nous ne pouvons pas ne pas lire dans ces événements des signes d'espérance, un appel à la cohérence de nos principes et de nos actes quand nous demandons le respect de toutes les libertés, une invitation à prier Dieu pour qu'il accompagne ceux et celles qui portent cette espérance de peuples entiers.


Au milieu des peurs qui montent chez des européens, et parmi eux des catholiques, un autre signe d'espérance nous est donné par Benoît XVI en annonçant qu'il se rendra à Assise pour les 25 ans de l'initiative de Jean-Paul II, le 27 octobre 1986. : inviter tous les croyants à être ensemble pour prier pour la paix du monde.


Tout au long de l'année, il nous revient de faire confiance à Dieu pour garder vivant l'Esprit d'Assise et passer ensemble de la peur à l'espérance, en Europe comme sur les autres rives de la Méditerranée.

Christophe Roucou, 17 février 2011

Service des Relations avec l'Islam Service des Relations avec l'Islam   Le SRI est un  service de la Conférence des évêques de France.

Il apporte un éclairage et des propositions pour un réel dialogue inter-religieux. Des initiatives, parfois intempestives, peuvent détruire en un instant les efforts de milliers de croyants qui, patiemment tissent des relations positives entre chrétiens et musulmans.  Le père Christophe Roucou, jésuite,  en est l'actuel délégué. S.R.I., 71, rue de Grenelle, 75007 Paris. Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41. Visiter le site web

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Le dialogue interreligieux avec les musulmans de France

 
Les 5 et 6 mars 2011, près de soixante responsables catholiques des relations avec les musulmans étaient réunis à Orsay (Essonne) pour deux jours de formation et de réflexion.A l’initiative du Service National pour les relations avec l’islam, Service de la Conférences des évêques de France, 60 responsables pour les relations avec les musulmans et l’islam en France, nommés par leurs évêques, venant de près de 25 diocèses différents sont réunis pour deux jours de formation et de réflexion.

 

Cette formation est organisée autour de deux axes : la théologie du dialogue interreligieux avec le Père Jean-Marc Aveline, directeur de l’Institut Catholique de la Méditerranée et vicaire général de Marseille,et les Lectures contemporaines du Coran avec le P. Etienne Renaud, missionnaire d’Afrique, ancien directeur du PISAI (Institut Pontifical pour les Etudes Arabes et l’islamologie à Rome) et délégué aux relations avec les musulmans à Marseille.


Au cours de cette session, ils ont aussi évoqué les bouleversements en cours dans plusieurs pays arabes et les relations entre chrétiens et musulmans dans le contexte français actuel.


P. Christophe ROUCOU

Directeur du Service national pour les Relations avec l'Islam,SRI

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Invitation à lire recension et citations : Christian de Chergé, une théologie de l'espérance

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 9631 visites