Démantèlement de squats et hypocrisie

Le coup de gueule de l'abbé Boutoille

Juillet : le soleil, l’été, les vacances… ce peut être aussi le temps du silence et de l’oubli. Pourtant nombre d’immigrés ou réfugiés continuent d’accéder là où ils espèrent un passage vers une vie meilleure. Récemment des syriens fuyant les combats et la mort arrivent à leur tour à Calais et dans les communes environnantes. Le récent “coup de gueule” de l’abbé Boutoille n’est pas qu’un coup de cœur de plus… Il essaie de réveiller les consciences et les cœurs. La visite du pape François à Lampedusa a pu l’inspirer : On aurait peut-être intérêt à inviter le pape à Calais

 

L’abbé Boutoille parle d’abord de chiffres : de 200 il y a quelques mois, les migrants sont au nombre de 300/350 selon les autorités. « Et encore, seulement pour Calais ! ». « La totalité, avec Norrent-Fontes, Dunkerque, Saint-Omer etc., ça doit faire 1000 !1200 .migrants. » L’abbé ne supporte pas les démantèlements de squats à répétition. « J'entends le discours des autorités pour la sécurité et l'hygiène. Mais mettre des gens à la rue, là on ne parle plus d'hygiène et de sécurité ! » Il n'y va pas par quatre chemins et lâche qu'il y a une « certaine hypocrisie. Quand on démantèle un squat, on sait très bien qu'ils vont en refaire d'autres...»


Les solutions d'hébergement.
« On ne va pas faire un nouveau Sangatte mais c'est une question d'humanité. Quand les migrants arrivent, fatigués, après des milliers de kilomètres, il faudrait un lieu pour qu'ils puissent se poser, qu'on les aide à réfléchir, leur dire que l'Angleterre ce n'est pas le paradis qu'ils pensaient, etc.»


Repression et contrôle répétitifs.
L'abbé déplore la répression et insiste : « On les contrôle, ils vont au centre de rétention, on les relâche, on les recontrôle... » Il répète que ces agissements sont « humiliants pour les migrants. Ils cherchent un pays de fraternité, de liberté... Ils sont accueillis par des CRS et des contrôles ! Il faut arrêter la répression ».


Bénévoles épuisés.
L'ancien porte-parole du collectif C'sur revient sur les trois emplois récemment créés et financés par l'Etat pour aider les associations. « Le coup de gueule de la Belle Etoile (qui a fermé en début d'année), porte ! Il Faut que les associations continuent. Sur le terrain, les bénévoles s'épuisent. » « L 'Etat se décharge trop sur les associations. On veut bien aider, mais il ne faut pas que ce ne soit que quelques associations. »


Le pape à Lampedusa.

Pour l'abbé Boutoille le message est fort, Le 8 juillet, le pape François était à Lampedusa, -île située entre la Sicile et la Tunisie et où débarquent chaque année des milliers de migrants. II a employé une phrase forte, qui devrait faire réagir "secourir les migrants est un devoir juridique et éthique".
L'occasion pour l'abbé de rappeler qu' “il faut être au plus près de ceux qui souffrent, les malades, ceux qui sont dans la pauvreté mais aussi les exclus, les migrants". « On aurait peut-être intérêt à inviter le pape à Calais, faudrait y réfléchir ! »
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 1568 visites