La lumière nous est donnée

homélie du 4ème dimanche de l'Avent - 22 décembre

 

4ème dimanche de l’-Avent - A

Le 22 décembre 2013

La lumière nous est donnée.

 

De semaine en semaine, le tableau du synode provincial se dévoile. Nous voici au quatrième dimanche de l’Avent et nous découvrons le personnage central. C’est une femme habillée d’un vêtement bleu. Elle sourit. Elle marche à grands pas. Elle est au milieu du peuple, une foule nombreuse. Une foule que l’on retrouve devant cette crèche. Tous les santons que nous voyons ici représentent les personnes isolées ou malades que les enfants du KT, de l’ACE, les jeunes handicapés, les jeunes de l’aumônerie ou encore les scouts, sont allés visiter à la fin du trimestre. Hier, au cours d’une célébration et à la suite de Saint François, le patron de notre paroisse, les enfants ont ajouté des personnages à la crèche. Vous pouvez y trouver Mamie Lucie, Mme Duriez, un Monsieur qui a été gendarme, la voisine de Marion… Après avoir rencontré ces personnes chez elles, les jeunes voulaient amener leurs aînés près de Jésus et Marie.

 

De semaine en semaine, le tableau se dévoile et, avec lui, une phrase que nous sommes invités à méditer. Aujourd’hui : « La lumière nous est donnée. » Mes amis, celles et ceux qui parmi vous ont participé à la célébration des enfants n’ont pas eu de mal à voir la lumière qui brillait dans leurs yeux. Tout comme celle qui illuminait le regard des parents. Il y avait beaucoup de joie, une joie simple, une joie profonde. Lumineuse. Il y avait beaucoup de joie parce qu’il y avait beaucoup d’amour ! Mes amis, la lumière qui nous est donnée, c’est l’amour. Je le dis tout simplement mais je me méfie de la mauvaise utilisation de ce mot. Trop souvent, il est utilisé pour exprimer un vague sentiment. Il y a des degrés dans l’amour. Ce qui rassemblait les enfants et les jeunes hier, ce qui illuminait les visages, n’était pas qu’une douce sensation de bien-être ou une jolie émotion. Hier, les cœurs étaient en communion.

 

L’amour est communion. L’amour est partage des conditions. Bien sûr chaque vie est unique et personne ne peut vivre la vie de quelqu’un autre. Mais le cœur de l’homme est capable de compassion. Je ne vous parle pas de pitié. Il ne s’agit pas de condescendance mais d’égalité, d’échange, de cœur à cœur. L’autre est un frère, une sœur. Il est un compagnon de route. Nous avançons ensemble joyeusement. Et lorsque, à certains carrefours de la vie, le sac semble trop lourd à porter, l’ami aide, l’ami soulage. Une simple parole, un sourire profond, une présence fidèle. L’ami accompagne. Et tout redevient possible. On ose faire un pas de plus, puis un autre, et encore un autre. Celui qui se croyait à bout de force s’étonne du chemin qu’il parcourt grâce à l’ami, grâce à l’amour. Hier les enfants ont entraîné leurs aînés jusqu’à la crèche, rendez-vous compte… jusqu’à Bethléem !

 

Bethléem. La maison du pain. Bientôt, l’enfant sera couché dans une mangeoire… Il est question de nourriture, de manger. Le soir ou le jour de Noël, nous partagerons un repas avec nos familles, nos amis, peut-être avec nos voisins, avec telle ou telle personne qui aurait été seule autrement. L’amour nous oblige à chercher qui va enrichir notre tablée. Qui va lui apporter une autre saveur ? Autre chose qu’un bien-être légitime. Qui va mettre le sel manquant, non pas aux mets parfumés, mais à notre existence ? L’amour est un sel. L’amour étincelle (en un mot). Le frère, le pauvre, le voisin, l’étranger, le vieillard, l’ami, est la lumière qui nous est donnée. Il est celui qui illumine notre cœur autant et même bien plus que les bougies illuminent la table du buffet.

 

La lumière de Noël, c’est le partage, l’amour donné et reçu. Echangé dans la douceur. La lumière donnée à Noël, c’est aussi le pardon. C’est le moment de le vivre. Les paroles ne peuvent peut-être pas encore être exprimées, mais le cœur peut toujours choisir de ne pas s’enfermer dans la rancune et la méchanceté. La lumière que Marie porte en son sein, c’est une parole en germe, une parole qui mûrit en chacun de nous et que nous sommes libres de faire éclore. Sur le tableau du Synode, on devine que le personnage central représente Marie, la Mère du Christ et Notre Mère. A quelques heures d’ouvrir les cadeaux, demandons à Marie d’intercéder pour nous… Qu’elle obtienne de son Fils que nous sachions ouvrir la partie de notre être qui s’est embrouillée de ténèbres. Au cours de cette marche, profitons de sa présence amicale pour lui demander un miracle. Qu’elle agisse en nous comme elle sut le faire en bien des lieux, et notamment à Lourdes.

 

Lourdes… Au départ, comme Bethléem, c’est un petit village. Mais comme à Bethléem, Dieu s’adresse à une bergère, une enfant pauvre. Hier, les enfants ont découvert Bernadette. La voici. Elle était humblement cachée parmi la foule, une parmi les autres. En août prochain, nous espérons être nombreux à partir dans le sud de la France pour découvrir son village et l’endroit où la vierge lui est apparue. C’était dans une grotte, à Massabielle, le refuge des cochons. Une autre étable. Il semblerait que Marie vienne rejoindre les gens là où on ne les attend plus. Là où ils sont déshumanisés, proches de l’état animal… Elle apporte le miracle d’une humanité qui se renouvelle par la venue de son fils. Plus tard, Jésus dira : « L’homme ne se nourrit pas que de pain » (Mt 4,4). L’homme n’est pas qu’instinct. L’homme n’est pas que ventre ou Ego ! L’homme créé à l’image de Dieu est relation. L’homme est communion, partage. Il s’inquiète de la santé, de la vie de son voisin. Le miracle de Lourdes, celui que nous sommes appelés à revivre ensemble, c’est celui de la communauté.

 

Avec le tableau du Synode, depuis quatre semaines, nous méditons sur l’importance du pèlerinage, de la marche communautaire. Les plus petits sont devant. Il nous faut marcher à leur rythme. Partager leur condition. Les plus « sportifs » doivent se ralentir pour que les plus faibles ne se sentent pas exclus. En découvrant aujourd’hui ce personnage central, en découvrant Marie, nous pouvons avec elle nous exclamer : « Il a jeté les puissants à bas de leurs trônes et il a élevé les humbles ; les affamés, il les a comblés de biens et les riches, il les a renvoyés les mains vides… » (Lc 1, 52-53). Tous les personnages devant la crèche témoignent de la réalisation de cette promesse.

 

Oui mes amis, par Marie, le Seigneur est « Emmanuel ». Il se fait « Dieu avec nous. » Il se fait tout proche, et nous « Santons » sa présence !

 

Abbé Xavier

 

 

 

Article publié par Chantal Erouart - Délégué Communication de Lens-Liévin • Publié • 585 visites