Qu'as-tu fait de ton frère

Mathieu 25,14-30 Proverbe 31,10-13;169-20;30-31 1Thessaloniciens 5,1-6

 

11317259 11317259  En cette journée mondiale des pauvres, l’évangile de ce dimanche peut prendre une interprétation particulière.

 

Dans la parabole, l’homme qui part en voyage et qui remet à ses serviteurs une somme d’argent, est comparable, nous le savons, à Dieu qui remet des richesses à chacun de nous. Les richesses qu’il nous donne, ce sont les pauvres, les exclus, les malades. Il fait de chacun d’eux un frère à accueillir, à réconforter, à visiter.

 

Par la suite, le Seigneur nous demandera des comptes, non pas sur nos richesses matérielles, mais sur nos conduites par rapport à ceux qu’il nous a donnés. Il pourrait, comme il l’avait fait pour Caïn, dans le livre de la Genèse, nous demander :

 

« Qu’as-tu fait de ton frère ? »

Nous pourrions alors lui dire :

 

  • comment nous avons été une présence pour une personne seule

  • comment nous sommes venus en aide à telle ou telle personne en difficulté

  • comment nous avons accueilli la personne délaissée

  •  

« Très bien, serviteur bon et fidèle »

 

Mais sans doute aussi, aurions-nous à reconnaître nos difficultés, nos aveuglements, notre désir de tranquillité, notre égoïsme. Ces hommes, ces femmes, ces jeunes en fragilité qui nous sont donnés à rencontrer, peuvent nous faire grandir en humanité, en sainteté. Ils ne sont pas là pour nous faire gagner notre paradis, non, mais pour que nous puissions, à travers eux, reconnaître et nous mettre au service du Seigneur.

 

« Ne restons pas endormis » disait l’apôtre Paul.

 

Ne passons pas à côté de Dieu, quand il se montre à nous dans un être fragile.

 

La femme parfaite, dans le livre des Proverbes, l’est parce que, par elle, son mari ne manquera pas de ressources, mais aussi, parce que « ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre », parce qu’elle « tend la main au malheureux ».

 

A chacun de nous, de voir comment il peut être « parfait ». « Les pauvres sont nos maîtres » disait St Vincent de Paul. On peut le comprendre dans la mesure où nous avons à adapter nos attitudes, à opérer des choix, en fonction de leur présence et de leurs appels.

 

Heureux sommes-nous de pouvoir répondre, en fonction de notre situation, à la question :

 

« Qu’as-tu fais à ton frère ? »

 

 

Jean-Marie R