Prière du Communiant

Homélie du 7ème dimanche de Pâques - 1ères Eucharisties à St Théodore

7ème dimanche de Pâques, 1er juin 2014

1ères eucharisties, Saint Théodore

 

Prière de communiant.

 

Chers enfants, hier soir, au moment d’écrire ce que je vous lis maintenant, je ne savais pas bien ce que j’allais vous dire. Alors j’ai prié. Et puis, il m’est venu une idée. Une sorte de petite voix m’a dit : « Et si tu m’écrivais une prière comme si c’était toi qui faisais ta communion ? Mon ami, me disait la voix, prête-moi ta plume que j’écrive un mot… »

 

Alors la plume, la pointe de mon cœur, a écrit ceci :

 

« Jésus, mon Ami, mon Amour, ma Paix et ma Joie, aujourd’hui, contrairement aux enfants, ce ne sera pas la première fois que je vais communier à ton Corps. Et pourtant, j’aimerais que maintenant encore, elle ait la saveur de cette première rencontre avec Toi.

 

Je ne saisis pas tout ce qui se passe entre nous, entre Toi et moi. Je sais que je veux Te servir et T’aimer chaque jour plus fort. Et cela n’est possible que si Tu viens en moi, que si je Te prends dans mes mains et dans mon propre corps. Je suis faible, tu sais Jésus. Il y a tellement de failles en moi. C’est étonnant, je n’ai pas peur de Te les montrer. Je sais que Tu les connais. Tu serais plus blessé si je n’osais pas Te les présenter, si je Te les cachais. Ce serait comme Te mentir, et Tu ne pourrais pas pardonner ce qui ne T’est pas présenté. Il y aurait une part de moi qui ne Te serait pas offerte. Alors Jésus, je Te présente tout ce que je suis. Simplement et sans peur.

 

Je Te remercie pour mes talents, ma joie. Elle est parfois exubérante, mais bien souvent elle est simplement sereine. Je Te remercie pour toutes les rencontres, tous les amis, toutes les confiances vécues. Je Te demande pardon pour mon horrible péché qui abîme tant la fraternité. Je me bats avec l’égoïsme, et j’ai besoin de Toi pour m’en délivrer. Je sais que doucement Tu transformes mon cœur, Tu m’encourages à être meilleur. Et là aussi je Te remercie. J’ai l’impression que Tu as un certain sens de l’humour. Lorsque je le comprends, je ris de Ta douce correction.

 

Tu me donnes des signes et Tu me demandes, à moi et à tous ceux qui communient à Ton Corps, d’oser aimer plus fort, plus grand, plus fou. Tu nous envoies vers les gens en souffrance. Ceux qui pleurent de ne pas avoir de maison, de ne pas avoir de santé, de ne pas T’avoir, Toi. C’est incroyable, Jésus, nous sommes si petits, si fragiles, et Tu nous demandes de construire une fraternité à l’image de Ta grandeur. Tu nous donnes Ton Esprit pour que nous réalisions sur terre ce que Tu es dans les cieux. Jésus, Tu es le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, Celui qui depuis toute éternité partages la gloire du Père dans l’Esprit, et Tu nous demandes de vivre unis les uns aux autres comme Vous l’êtes, Vous, les trois personnes de la Sainte Trinité. Jésus, cela n’est justement possible que si Tu restes, si Tu demeures avec nous. Donne-moi, donne-nous, d’être unis à Toi. Attachés à Toi. De n’avoir que Toi pour horizon. Que rien ne nous éloigne de Toi. »

 

Et puis, chers enfants, j’ai continué comme cela :

 

« Tu sais bien Jésus que les tentations sont nombreuses et que c’est un pénible combat que d’essayer d’être fidèle à Ta Parole. Le chemin que Tu proposes est aussi un chemin de croix. Il faut passer par la porte étroite. Le premier Apôtre, Pierre, annonce qu’il faut communier à Tes souffrances. Comment faire, jour après jour, pour être ton ami et aimer nos ennemis ? Comment faire pour aimer aussi ceux qui nous blessent ? Tu sais bien que, parfois, on préfèrerait abandonner, choisir la vengeance. Jésus, donne-nous, donne-moi de ne jamais utiliser la violence, la calomnie ou le mensonge. Fais de moi un artisan de paix.

 

Jésus, entends-Tu le désir de mon cœur ? Je viens à Toi, vers Toi, parce que je suis blessé par l’amour que Tu me donnes. Comme c’est étrange, il faudrait fuir la blessure. Mais non, pas celle-ci, pas la Tienne mon Seigneur, et mon Maître. Pas celle-ci. Elle est suave. Mon cœur brûle en Ta présence. J’ai mal dans le creux de mon cœur, mais mon âme mourrait si elle ne sentait plus la chaleur de Ton regard posé sur moi.

 

Ô mon Roi, donne-moi de Te recevoir pour mieux Te donner. Que mes mains et ma bouche servent à consoler. Que mes yeux sachent voir les souffrances cachées. Que mon cœur soit au diapason du Tien. Donne-moi, et donne à Ton Eglise, aux hommes et aux femmes de ce temps, de vivre la charité. Non pas la pitié mon Dieu… La pitié ne respecte pas l’autre… Mais la charité, cette relation qui nous rend frères. Egaux. En situation d’échange, de donneurs réciproques, comme cela se passe dans la clarté de Ton Ciel, en Ta Sainte Trinité.

 

Ah mon Dieu, mon Amour et ma Paix, en communiant à Ton Corps, je voudrais être rempli de lumière et suffoquer d’amour. Non pas pour être vu, ou connu. Ce n’est pas ma gloire qui importe, ce n’est pas elle que je désire mon Seigneur, mais la Tienne. Ta gloire. La gloire de ton Nom. Fais, je T’en supplie, que ma vie devienne un acte d’amour, une offrande perpétuelle de moi pour Toi, et donc de moi pour mes frères humains. Tous mes frères, sans aucune exception. Oui, vraiment, que cette communion, cette nouvelle première communion, soit l’expression de mon engagement en Toi, par Toi et pour Toi.

 

Tout à l’heure, Jésus, je serai dans la ville, ou dans ma famille. Je serai dans le monde, comme le dit Ton Apôtre Saint Paul. Il est fort probable que je sois préoccupé et que mes activités m’éloignent de Toi. Que cette prière se poursuive au-delà de mes pensées de plus tard. Qu’elle se réalise dans le quotidien de tout à l’heure. Qu’elle se déploie sans que je n’en prenne conscience, mon Dieu. Ainsi je n’aurai pas la main mise ni sur Toi, ni sur le bien qui se réalisera par ta Grâce. Je veux, Jésus, je veux de toutes mes forces, de tout mon cœur, que Toi seul connaisses les fruits de notre rencontre, de cette communion. Je souhaite, mon Seigneur, ne rien garder pour moi, même pas le souvenir de cette prière. Elle perdrait de sa gratuité. Je la veux libre, amoureuse et libre.

 

Je Te bénis Jésus, mon Amour et ma Paix, d’avoir trempé ton doigt dans l’encre pourpre de mon cœur. Je Te bénis de m’avoir inspiré ces quelques mots d’amour. Je Te bénis car Tu donnes à chacun de les vivre. Je Te bénis de me permettre de venir vers Toi pour communier à Ton Corps. Je te bénis car Tu m’aimes. Et je T’aime, Jésus, mon Roi et mon Salut. »

 

Joyeuse première communion !

 

Abbé Xavier

Article publié par Chantal Erouart - Délégué Communication de Lens-Liévin • Publié • 715 visites

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