Il est né

Homélie du Jour de Noël - 25 décembre

 

Mardi 24 décembre 2013

Messe de Noël

 

Il est né.

Depuis le début de l’Avent, de dimanche en dimanche, nous découvrons le tableau du Synode provincial. Bientôt, nous recevrons le document avec les questions concernant l’avenir de nos communautés. Grâce à cette large consultation, nos évêques pourront choisir les orientations pastorales à mettre en place pour l’avenir de nos paroisses. Dimanche dernier, au centre de ce tableau, nous découvrions Marie. Et cette nuit, Marie cède la place centrale au bébé qu’elle porte dans ses bras. L’enfant, le Fils de Dieu est né. Tout le peuple est dans la joie.

 

Oui, il est né… Emerveillons-nous devant l’innocence et le sourire du nourrisson. Comme c’est beau, un enfant ! On voudrait, comme on le fait pour tous les autres, mettre son doigt dans sa petite main pour qu’il le serre très fort. On voudrait le prendre dans les bras et le couvrir de baisers. L’enfant réveille et décuple nos élans de tendresse… Mais s’il est vrai qu’une naissance est un appel à la douceur et à l’émerveillement, j’aimerais aborder Noël un peu différemment. Avec vous, entrer plus avant dans le mystère de l’incarnation. Au moins proposer un chemin de méditation.

 

Plusieurs personnes dans cette assemblée vivent des situations difficiles. Ce soir, nous n’allons pas redire toutes les épreuves que beaucoup traversent. Nous les connaissons et elles sont pénibles à vivre. Le quotidien peut parfois sembler bien lourd. Mais ce soir, cette nuit, regardez ce qui se passe. Les familles se réunissent. Des gens se réconcilient. 70 personnes mangent ensemble. La table était belle. La salle magnifiquement décorée. Ce soir, tout le monde était attendu. Et là, devant nos yeux, des dizaines de santons sont présents face à l’enfant Jésus. Ils représentent toutes les personnes que les enfants sont allés rencontrer. Derrière chaque santon, il y a une rencontre, un échange, des regards complices.

 

Mes amis, à Noël, nous recevons le plus sublime de tous les présents. Dieu vient à nous. Dieu se fait présent. Il est le cadeau. Il vient nous dire qu’il partage notre condition, notre quotidien. Il se fait l’ami le plus proche, le plus fidèle. Il sera toujours là ! Jésus, à Noël, se fait le complice de nos vies. Il est notre ami. Il est honoré que l’on ait pensé à lui pour partager le peu que nous avions. Si à notre table, il n’y a qu’un maigre bol de soupe, il s’en contente joyeusement. Il nous sourit et nous remercie de lui en faire profiter. Dieu est pauvre. Mais Dieu est reconnaissant.

 

On n’achète pas Dieu à coups de bonnes actions. Non, tout est toujours gratuit. Tout est plaisir. On ajoute un couvert parce que… Parce qu’il n’y a pas de raison. Gratuitement. L’enfant qui vient de naître est un cadeau. Toute sa vie sera témoignage. Et à chaque instant, il va se tourner vers les gens, et particulièrement, ceux qu’on appelle (à tort !) les petites gens. Il ne cherche pas les honneurs. Il ne cherche pas à impressionner. Non simplement, dire aux uns et aux autres qu’il les aime du fond de son cœur. Il les aime parce que c’est eux. Le cœur de Jésus est immense. C’est le cœur de Dieu. Vous êtes dans le cœur de Dieu. Jamais il ne vous oubliera. Vous êtes son trésor. Il vous chérit bien plus fortement que vous ne pourriez l’imaginer.

 

Il y a des gens qui n’ont jamais entendu, jamais reçu de parole d’amour. Il y a des personnes qui errent dans la vie parce que cette parole « Je t’aime » ne leur a jamais été adressée. Ils ne savent pas ce qu’est l’amour. Peut-être est-ce le cas pour l’un ou l’autre d’entre vous. Peut-être est-ce le cas de l’un de ces santons. Où que soient ces personnes, il nous faut les rejoindre et leur annoncer que Dieu les aime. Non pas avec des grands mots et des grands principes, mais par des gestes et le don de notre vie. A travers nous, Jésus, le Fils de Dieu les aime.

 

Mes amis, cela veut dire qu’il nous faut prier Dieu très fortement. Qu’il élargisse notre cœur. Notre capacité à accueillir, à ne pas juger. Qu’il fasse grandir en nous la compassion. Qu’il naisse en nous. Il nous faut prier intensément pour que nous soyons capables d’agir contre les violences, sans violence. Que nous trouvions les mots justes, les mots saints, les mots forts qui bouleversent une existence au point de la remettre en route. Nous ne sommes pas Dieu. Seul Dieu peut changer les cœurs. Mais, dans son humilité, il a choisi de nous prendre pour intermédiaire, pour médiation. Demandons-lui d’être le plus fidèle possible, pour aimer le plus grand nombre possible. Que notre cœur ne connaisse pas de frontière.

 

Noël c’est la nuit où tout est transformé. Dieu se fait homme et il nous entraîne dans sa divinité, dans son amour inouï. Personne n’est exclu de cet amour. Dans le cœur de Dieu, il y a de la place pour tous. Cessons les pertes de temps, les médisances, les bêtises. Agissons vers les plus humbles. A leur suite, apprenons à le devenir. Allons à la crèche pour saisir combien Dieu se fait faible pour que nous soyons touchés par sa quête d’amour. Dieu mendie notre présence. Dieu est pauvre et il nous faut être plus pauvre pour mieux l’aimer.

 

« Il est né », c’est vrai. Apprenons à naître avec lui. A n’être qu’en lui !

Abbé Xavier

 

Article publié par Chantal Erouart - Délégué Communication de Lens-Liévin • Publié • 706 visites

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