« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? »

Homélie du 20° dimanche ordinaire (année C) Jérémie 38, 4-6 ;8-10 Hébreux 12, 1-4 Luc 12, 49-53

 

feu homme division feu homme division  « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? »

 

A cette question de Jésus, beaucoup sans doute répondraient « Oui ».Mais là, la réponse de Jésus dans cet évangile a de quoi surprendre :

 

« Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division »

 

Jésus se situe en fait, dans la lignée des prophètes qui n’ont pas eu non plus la tâche facile.La lecture du prophète Jérémie nous le montre bien .

Dérangés par son message, des gens hauts placés souhaitent sa mort :

« Ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche, mais son malheur »

De fait, les prophètes, et Jésus lui même, n’ont pas toujours eu des messages faciles ou plaisants à faire passer.Quand ils dénoncent les mauvaises conduites, quand ils appellent à la conversion, ils portent atteinte à une certaine liberté.

 

«  Je suis venu apporter un feu sur la terre »

 

Pour mieux comprendre cette phrase de Jésus, il nous faut repenser à ce que Jean Baptiste disait de Jésus :«  Lui, vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ».

Le feu a une action de purification. Il peut aussi s’apparenter à la colère divine, au châtiment. ( le fameux feu de l’enfer)

 

Autre phrase surprenante et qui mérite explication :

 

« Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli »

 

La traduction serait un peu différente. Plutôt que le mot « angoisse », Jésus a hâte que sa mission de sauveur se termine. C’est par le baptême qu’il nous purifie, par sa mort et sa résurrection qu’il nous sauve.

 

Je reviens sur l’accusation adressée au prophète Jérémie :

 

«  Ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche, mais son malheur »

 

Cela reste d’actualité à plusieurs niveaux, sur différents sujets de société. Ceux qui dénoncent et se mobilisent contre l’avortement sont perçus parfois comme des personnes qui voudraient limiter le droit des femmes.

Le droit de ces dernières est important à défendre au niveau de l’égalité, du respect. Mais prôner ce droit pour porter atteinte à la vie qui se développe est une erreur (une faute)

 

S’opposer aujourd’hui à ce qu’un couple d’homme ou de femme puisse avoir « droit » à un enfant paraît pour certains encore, comme une limite à la liberté. Permettre cette dérive risque bien au contraire de conduire la société vers un certain malheur.

Comment expliquer à un enfant que des lois auraient permis de le priver d’une maman ou d’un papa dès sa naissance ? Ne serait-ce pas la pire des injustices et un manque d’égalité des enfants ?

Il peut y avoir de grave dérive qu’aucun amour, aussi fort soit il, ne puisse compenser.

 

Il est vrai qu’en différents domaines, on peut se sentir à contre courant d’une partie de la société, on peut passer pour des moralisateurs ou des prophètes de malheur.

« Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement » nous disait la lettre aux Hébreux au sujet de Jésus.

C’est vrai, exprimer ses convictions, les appliquer dans la vie entraîne parfois de la méfiance, des rejets pouvant aller jusqu’à des divisions.imagesX2818JL6 imagesX2818JL6  

Souhaitons que le bon sens, les valeurs humaines, le respect de tous puissent nous faire progresser vers des consensus plus que des séparations.

 

Amen

 

 

Abbé Jean-Marie RAUWEL

 

 

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