L'amour est plus fort

Homélie du Dimanche 30 août 2015

amour de dieu amour de dieu  

 

 

L’amour est plus fort

 

 

 

Sur la route de mes vacances, en partant, je me suis arrêté dans le village d’Oradour-sur-Glane. Ce nom évoque l’horreur. Ce petit village, il y a 70 ans, a été ravagé parce que les soldats SS avaient brûlé toutes les maisons, fusillé les hommes, emmené les femmes et les enfants dans l’église et brûlé l’église. Et quand on est à Oradour-sur-Glane, quand on est dans cette église, on pleure. L’œuvre du mal… L’œuvre totale du mal, il y a 70 ans.

 

Quand on écoute les informations, on entend qu’un homme, dans un train, veut fusiller des innocents par idéologie. Heureusement il est arrêté à temps. Pourtant d’autres ont réussi à faire le mal, à Paris, en Tunisie ou ailleurs. Le mal, à l’œuvre… Quand on écoute les informations, on entend qu’un camion, en Autriche, est resté là sur le bord de la route. Que des hommes, des femmes et des enfants ont été enfermés dans ce camion, dans le noir. Ils ont étouffé, ils sont morts. Tout cela parce qu’on a voulu se faire de l’argent sur leur vie.

 

Le mal. Le mal aujourd’hui, le mal il y a 70 ans, le mal depuis le début de l’humanité, sans aucun doute, avec les guerres, toutes les atrocités. Et probablement encore, le mal demain et après-demain, dans 10 ans et dans 100 ans. Probablement, un jour ou l’autre, un nouveau 11 septembre, parce que la folie humaine l’emporte souvent, croirait-on.

 

Alors quoi ? Lors de cette rentrée scolaire, nous allons désespérer ? Nous allons penser que tout est par terre, qu’il n’y a plus rien de possible ? Non mes amis. Non, absolument non ! Au contraire. Mais je vais devoir faire appel à votre foi, à l’acte de foi pour lequel vous êtes ici rassemblés ce matin. L’acte de foi sans lequel cette eucharistie n’aurait pas de sens. Nous sommes ici pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Et le salut du monde ! Nous ne sommes pas rassemblés pour vivre notre prière personnelle uniquement, pour notre confort. Nous sommes réunis au nom même de la foi en Jésus, Fils de Dieu, mort et ressuscité. Jésus l’amour incarné, l’amour donné en absolu. Ressuscité, c’est-à-dire que l’amour a vaincu la mort, l’amour a vaincu tous les maux, tout le travail de Satan. Christ est vainqueur ! Et si notre rassemblement de ce matin n’est pas ancré dans cette foi en Jésus, notre eucharistie n’a aucun sens.

 

Nous allons célébrer ici le pain rompu, le pain donné, le corps du Christ. Et si nous le faisons, c’est pour que, ensuite, de là où nous serons, nous puissions être visage du Christ, que nous puissions donner l’amour selon le Christ. Ne nous leurrons pas sur nous-mêmes, nous ne sommes pas meilleurs que d’autres. En notre tête, nos pensées, il y a les mêmes perversités, les mêmes désirs de violence, les mêmes débauches. Toute cette liste de maux que Jésus vient d’évoquer ici dans l’Evangile (Mc 7, 1-8.14-15.21-23). Il y a tout cela dans notre tête, dans notre cœur, mais notre foi au Christ, notre nourriture qu’est le Christ, transforme nos pensées en des actes de charité. Alors nous pouvons aimer en tout instant. Tout ce que nous faisons peut devenir un acte de salut, non pas de notre part, mais parce que nous montrons le Christ présent. C’est pourquoi la messe n’est pas facultative. Le chrétien ne peut pas être un pratiquant occasionnel. S’il veut témoigner que le monde est sauvé par Dieu, il doit, il ne peut que se donner de Dieu.

 

Hier, il y a eu des mariages ici et là, et nous souhaitions le bonheur à tous les mariés. Un mariage dans les environs était un mariage civil. Et j’ai appris que, lors de ce mariage, après, dans la salle, l’ami a organisé un temps de célébration du bonheur. L’intention est bonne. Merci à cet ami de l’avoir fait. Pourtant, permettez-moi de penser, en tant que croyant, qu’il manquera quelque chose à ce bonheur si nous, nous ne prions pas pour ces mariés d’hier. Parce que, que va-t-il va se passer ? Bien sûr nous souhaitons l’amour absolu, le plus grand possible entre eux deux, bien sûr. Mais si cet amour n’est qu’humain, alors cet amour va être touché par les perversités qui sont les nôtres, c’est la condition humaine.

 

C’est pourquoi nous devons prier et demander que tout amour soit consacré, sacralisé, dans le cœur du Christ, parce que lui seul peut donner un amour infini. Lui seul n’est pas touché par le péché, ainsi que sa mère. Lui seul peut transformer les désirs les meilleurs en actes de charité pure, toujours. Et alors faire que l’amour humain soit divinisé. Si nous en restons à des actes laïcs, ils sont beaux, ils sont bons et bravo, merci de donner le meilleur. Mais cela ne sera toujours que limité à l’humanité. Il n’y aura pas cette hauteur, cet infini qu’est Dieu.

 

Aujourd’hui, en ce temps de rentrée, en ce temps aussi où l’on entend un peu trop de violence ici et là, mes amis, ne désespérons de rien. Par contre, pour que le monde soit sauvé comme il l’est déjà, et pour que ce monde sache qu’il est sauvé, prions, célébrons Dieu et agissons. Agissons au cœur du monde. La foi sans les œuvres est vaine. Les œuvres sans la foi sont vaines, elles aussi. Croyez au salut en Christ. Amen.

Abbé Xavier

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