Le départ du Père Ernest

Remerciements de Mme Anne Guéry, responsable de l’Equipe d’animation pastorale (EAP)

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Cher Père Ernest, en arrivant dans notre paroisse le 13 septembre 2015, vous n’étiez pas étranger au Pas-de-Calais grâce à vos liens avec l’Association Burkina-Toryaba-Zoodo (Amitié-Solidarité) de Grand-Rullecourt dont plusieurs amis sont parmi nous ce dimanche. Mais 4500 km vous séparaient de Dedougou au Burkina, autant de kilomètres qui vous éloignaient de votre famille et de vos amis. Et pour nous, accueillir un prêtre africain était une première dans notre paroisse. 

Vous découvrez alors son organisation, et les nombreux chrétiens actifs pour vous entourer et vous aider. Vous vous êtes très vite adapté à nos «us et coutumes» français, car, nous le savons, nous sommes un peuple impatient, qui court après le temps. Vous nous avez raconté qu’en Afrique si vous donnez rendez-vous à une personne, elle arrivera aussi bien dans la soirée que le matin de bonne heure, sans prévenir de son retard ! Sans doute désemparé au départ, vous prenez rapidement le rythme et nous vous remercions d’avoir été à notre écoute. Un grand regret : nos cultures différentes ont pu parfois créer des incompréhensions et vous ne vous êtes sans doute pas senti suffisamment «accueilli» dans nos maisons comme on sait le faire au Burkina. «Ma porte est toujours ouverte pour ceux qui passent», nous avez-vous toujours dit. Malgré l’hiver que vous trouvez parfois bien froid, vous n’hésitez pas à parcourir nos petites routes allant de clocher en clocher pour assurer les offices. Ces quatre années passèrent bien vite sur la lancée du synode provincial dont les décisions ont été promulguées au moment de votre installation. Vous arrivez dans une paroisse structurée : un secrétariat très actif - une EAP récemment renforcée - des équipes de catéchèse, de baptême, de funérailles vivantes. Vous accompagnez les trois équipes du Rosaire, partagez leur temps de prière et les aidez à approfondir leur réflexion. Les messes hebdomadaires du mardi à Bucquoy et du vendredi à Boisleux-au-Mont sont l’occasion de réunir de fidèles paroissiens désireux de vivre l’eucharistie. Vous participez à la rédaction du journal Regard en Marche, visitez les enfants de l’école Saint-Joseph à Bucquoy, ainsi que les jeunes du Lycée agricole où vous avez vos entrées. 

Peu à peu notre paroisse a progressé, dans son organisation et le lancement de nouvelles formations:
- relance de la réflexion sur nos actions à mettre en œuvre lors des assemblées générales annuelles.
- temps forts, joyeux, lors des messes des familles, vous mettant à la portée de tous pour commenter les textes en favorisant l’échange avec les jeunes, ou lors des retraites de communions. 

- formation pour accompagner les familles en deuil et, il y a peu, sur la liturgie.
Au printemps dernier, durant le Carême, vous nous proposiez un objectif «Vivre davantage ensemble et avec le Christ». Vous ressentiez sûrement que si notre paroisse était riche de nombreux groupes actifs, nous avions des efforts à faire pour mieux travailler ensemble, en particulier en direction de ceux qui sont loin de l’Eglise et qui demandent les différents sacrements. Il nous paraît souvent difficile d’animer une paroisse en milieu rural, mais vous avez su nous rappeler qu’en Afrique les distances sont bien plus grandes entre les communautés. Les catéchistes jouent un rôle très important, et les rares célébrations eucharistiques en présence d’un prêtre sont l’occasion d’une réelle fête. Nous avons ainsi pris conscience de notre chance d’avoir encore de nombreux prêtres dans notre diocèse, en activité ou prêtres ainés, et en ce qui nous concerne, d’avoir deux messes par week-end. Vous allez rejoindre votre Burkina-Faso natal où vous venez d’être nommé dans la paroisse de Oury à la grande joie de vos parents qui habitent à 15 km. La distance n’est pas un obstacle car nous resterons en contact en union de prière et nous aurons bien sûr de vos nouvelles par votre association, via Geneviève et Marise, ainsi que par les mails ou les SMS. Votre présence nous rappelle l’aspect universel de l’Eglise. Vous avez été formé par les Pères Blancs et c’est vous qui êtes venu nous aider, comme va le faire maintenant le Père Séverin qui, lui, vient du Cameroun et que nous allons accueillir le 14 septembre à 18h30 en l’église de Croisilles. La communauté paroissiale se joint à moi pour vous remercier chaleureusement de votre présence parmi nous durant ces quatre années. 

Bonne route Père Ernest. 

 

La distance n’est pas un obstacle car nous resterons en contact en union de prière 

 

                                                                                                                      ANNE GUERY

 

                                                                                   ARTICLE DE REGARD EN MARCHE

Article publié par Denise Hornetz - Espérance et Joie des Plaines de Bucquoy • Publié • 110 visites