Cimetière chinois

Ayette

Au cœur du village d’Ayette a été ouvert par l  es troupes britaniques dès septembre 1917, lors de la première guerre mondiale un cimetière chinois, qui a accueilli quelques tombes indiennes. La guerre fait hélas partie de notre vie, l’Ukraine, proche de nous, en est une réalité dramatique ! Si 1914-1918 est loin de nos pensées quotidiennes, la date du 24 février 2022 est tellement proche et nous redit la violence de notre monde et le cortège mortel de la guerre. Louis Aragon était brancardier sur le front des Ardennes lorsque les troupes britanniques s’engageaient dans la bataille de la Somme, il écrira plus tard : «On ne meurt pas puisqu’il y a les autres». Nous, vivants, sommes aujourd’hui ces autres et, peut-être avons-nous une pensée pour celles et ceux qui ont donné, ou donnent leur vie pour la paix dans le monde. 

Sur le front de la Somme, en juin 1916, plus d’un million d’hommes étaient déployés sur deux cents kilomètres : de très lourdes pertes humaines ont obligé le gouvernement britannique à remplacer ses unités de travail qui approvisionnaient les troupes en nourriture, munitions, matériel de guerre….la Chine est neutre, le gouvernement britanique engage des pourparlers avec le gouvernement chinois qui aboutiront à la naissance du Corps des Travailleurs chinois, le Chinese Labour Corps. Un appel par proclamation publique, relayé par les missionnaires britanniques présents en Chine, conduira des milliers de jeunes hommes à s’engager pour trois ans, ce sont pour la plupart des paysans pauvres des provinces de Shan- dong et Chihli. Nous pouvons penser que ces jeunes s’engageaient avec l’espoir d’une vie matérielle meilleure, mais «mal, le monde a mal, toujours une guerre plantée dans le cœur» comme chante Salvadore Adamo. Au cimetière d’Ayette reposent quatre- vingts jeunes hommes qui ont apporté une aide considérable à l’effort de guerre, morts sur le champ de bataille ou de la grippe espagnole au sortir de la guerre, loin de leurs familles, dans un pays dont ils ne connaissaient pas la langue ! 

«Pour parler de la guerre, il n’y a que des larmes», écrivait la brésilienne Henriqueta Lisboa. Nous avons le droit de penser qu’il y a aussi la prière et dire avec une équipe du Secours catholique du Brésil : «Dieu seul peut donner la paix, mais tu peux semer l’union ; Dieu seul est la vie, mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre ; Dieu seul fait ce qui paraît impossible, mais tu pourras faire le possible».

PS: Merci à Alain qui m’a accompagné et fait comprendre ce cimetière. 

BERNARD FAUQUET 

ARTICLE DE REGARD EN MARCHE

 

 

Article publié par Denise Hornetz - Espérance et Joie des Plaines de Bucquoy • Publié • 116 visites