Visite Pastorale dans le doyenné Calais

5 ème journée:le monde du travail dans le secteur rural

Visite Pastorale de Monseigneur JAEGER

Journée du mardi 25 mars 2014 Le monde du travail dans le secteur rural

 

« Même un voyage de mille lieues commence par un pas » nous révèle un proverbe japonais.

 

Ce pas a été fait le mardi 4 mars dernier par le Père Evêque qui inaugura ainsi sa visite pastorale dans notre doyenné.

Trois semaines plus tard, il était sur des routes de campagne à la rencontre du monde rural.

 

1ière étape.A Louches, nous avons été accueillis par les propriétaires du site " Adri Compost "

 

Créée en 2004, l’entreprise familiale se résume à des chiffres éloquents : une superficie de 20.000 m2 dont 12.000 m2 d’enrobés ; un bassin de rétention de 1500 m3 qui recueille les liquides provenant des fermentations ; un bâtiment de 1.200 m2 et 2 ha de plantation de saules pour le retraitement des dits liquides.

Les matières acceptées sont constituées de déchets verts (tailles de haies, gazon), de souches et de troncs d’arbres inutilisables.

Une capacité de 15.000 tonnes de ces déchets entre dans la production du compost. Plusieurs filières ont pris leur essor, notamment avec la création de la gamme « terre et jardins » constituée de composts (mélanges de terreaux et de mulchs) et la gamme « bois énergie » composée de plaquettes forestières pour l’ornement (paillage) ou de briques et granulés (chauffage)

 

. L’atout majeur de l’entreprise est la qualité et le sérieux dans la conduite des différentes étapes du compostage.

C’est le respect de ces fondements qui conditionnera la pérennité de cette entreprise locale. ADRI COMPOST adhère au réseau « Agriculteurs Composteurs de France » qui défend particulièrement l’idée du retour au sol des déchets.

 

Nous sommes repartis convaincus que le respect de l’environnement n’est pas un vain mot à ADRI COMPOST.

 

2ième étape. Autre lieu, autre découverte ! C’est à Nordausques que nos pas nous menèrent ensuite…

Nous sommes reçus par le directeur des « MOULINAGES DU PLOUY ».

Les explications du maître des lieux nous surprennent d’entrée.

Savez-vous que le cocon du ver à soie pèse 20 /22 g et contient 9 km de fil ? Savez-vous que le fil synthétique se retrouve un peu partout dans notre quotidien ? Dans les portières de nos voitures ou dans l’ameublement par exemple ?

 

Autrefois, les rives de la Hem étaient bordées de mûriers où proliféraient le ver à soie.

Forts de cette matière première, au fil du temps se sont créées des usines qui utilisaient ce produit naturel.

Aujourd’hui, il en va tout autrement. Le bombyx a laissé la place au fil synthétique.

 

Emanation des anciens Etablissements Neyme, « LES MOULINAGES DU PLOUY » ont vu le jour en 1964 et se sont diversifiés selon les demandes.

Dans l’usine, c’est le bruit continuel et la vue des milliers de bobines de fil de différentes tailles. Là, nous retrouvons des machines (assembleuses, retordeuses, dévidoirs) qui fabriquent et embobinent inlassablement (8 à 10.000 bobines par semaine – conditionnées manuellement et contrôlées avant expédition).

Un laboratoire de recherche et de contrôle gère la finalité et la qualité de chaque type de fil.

 

Une cinquantaine de personnes travaille dans la confection de ces produits selon la demande de la clientèle. 80% de la production sont destinés à la dentelle et 35% sont exportés (Allemagne, Suisse, Italie, Lettonie et pays asiatiques).

 

La visite s’est terminée avec le local de stockage où les bobines attendent leur destination.

 

Quant à nous, nous aurons une autre opinion sur le processus de la fabrication du moindre fil. Sa fabrication est complexe et demande beaucoup de rigueur.

 

3ième ETAPE. La fraternité des Franciscaines de Notre-Dame nous accordait une halte à Caffiers.

Un repas préparé par les religieuses régala nos papilles et remplit les estomacs quelque peu affamés.

 

Ce mardi 25 mars, fête de l’annonciation, nous a aussi réunis dans l’oratoire de la communauté pour la célébration de l’Eucharistie en présence de l’Abbé Jean-Paul Hazelart et présidée par le père Evêque.

 

4ième étape : La S.C.O.R.A. A la fois connue et méconnue des autochtones, cette usine offre au premier regard de hauts bâtiments bleus ou blancs où plane un certain mystère.

Aucun riverain ne peut dire exactement ce qui se fait dans ce lieu qui vit le jour en 1931.

 

Messieurs Bader et Langelin étaient devenus nos professeurs pour expliquer les tenants et les aboutissants de la transformation, après diverses formules, du magnésium sans dévoiler pour autant les secrets de fabrication.

Nous vous faisons grâce des termes scientifiques entendus dans leurs propos, mais retenons toutefois que ce métal solide possède plusieurs utilités dans notre vie quotidienne.

On le retrouve évidemment dans les produits pharmaceutiques mais aussi dans les domaines alimentaires et laitiers, les boissons énergisantes, les verres optiques, les tôles magnétiques des automobiles,…

Numéro 1 en Europe dans sa spécialité la S.C.O.R.A. est une société internationale.

 

Chaque année, 9.000 tonnes de carbonate de magnésium sortent de l’usine pour aboutir dans différents points du globe!

 

Nous avons eu la primeur de visiter la toute dernière édification qui abritera une unité destinée à la confection de comprimés pharmaceutiques qui voit le jour grâce à la découverte d’un produit plus pur : la scoralite.

 

Entièrement automatisée, l’usine occupe actuellement 80 personnes.

Du manutentionnaire à l’ingénieur en passant par les chimistes, rien n’est laissé au hasard.

Tout est scrupuleusement observé, analysé, contrôlé.

Dans tous les domaines le risque zéro est la priorité absolue.

 

Sans ironiser dans les termes, la commune de Caffiers possède une perle en matière de chimie. Le passant qui longe la rue de l’usine est loin de se douter de la renommée mondiale du lieu.

 

5ième étape. La journée se terminera avec la visite d’une exploitation agricole à Audrehem, petit village proche de Licques.

 

Jacky, son épouse Gabrielle et leurs enfants nous accueillent avec un grand sourire.

L’endroit est calme. Les animaux rythment la vie des occupants de cette ferme de 35 ha exclusivement réservés à ses besoins.

Les prés et les pommiers entourent les bâtiments. 60 têtes à nourrir chaque jour (vaches et génisses) ; des poulets à élever ; la traite quotidienne mais aussi le travail dans les champs occupent régulièrement nos fermiers qui adhèrent à une C.U.M.A. (prêt de matériel) afin de minimiser les frais.

Comme l’a si bien dit la maîtresse des lieux : « il faut être gestionnaire avant d’être agriculteur ».

 

L’endroit a également vu la naissance d’un Evêque (Monseigneur Rappe). La rue porte son nom. Cet ecclésiastique pour qui le mot générosité avait une importance capitale, a tout quitté pour aller à la rencontre des plus pauvres et des exclus.

Pour leur apporter la bonne nouvelle et construire, avec ses propres deniers, des édifices religieux, il n’hésita pas à traverser l’atlantique pour se retrouver dans une contrée américaine. Le père Evêque s’est montré très intéressé par cette nouvelle en promettant de faire des recherches sur ce confrère méritant.

 

La convivialité de cette famille nous a beaucoup touchés. Les paroles que nous avons entendues à Audrehem passaient avant tout par le cœur.

En connaissant le dur labeur de la terre, Jacky et les siens possèdent cette noblesse qui donne envie de faire partie du cercle de leurs amis.

 

                                                                                                 Gérard Dufour

 

 

 

 

 

Article publié par Joseline Aubert - Délégué communication du Calaisis • Publié • 1617 visites

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