Visite Pastorale dans le doyenné

No 4 Le monde du travail dans l'urbain

Visite Pastorale de Monseigneur JAEGER

 

Journée du Mercredi 19 mars 2014 : « Le monde du travail dans le secteur urbain »

 

1ière étape       Rendez- vous avec le monde de la dentelle pour la visite de l’usine Noyon.

 

Accueillis par Monsieur Olivier Noyon ,PDG de l’entreprise et le DRH, nous avons assisté à un mini cours d’histoire sur l’origine de la dentelle et son implantation à Calais.

 

En 1530 vraisemblablement en Italie on trouve 2 techniques pour 2 genres d’ouvrages à la main qui s’appelleront par la suite dentelle : dentelle à l’aiguille et dentelle aux fuseaux.

 

En France c’est Colbert qui prend conscience de l’intérêt de protéger la dentelle, alors signe extérieur de richesse et qui rapporte des devises au pays.

Il organise des manufactures royales pour former des ouvriers et la dentelle devient alors une industrie considérable.

 

La grande aventure de la dentelle mécanique commence en 1768 en Angleterre et se perfectionne en 1809 avec John Heathcoat qui invente un métier à tulle avec le système chariot et bobine tel qu’on l’utilise encore et Leavers perfectionne le métier .

 

Robert Webster voyant comment on appréciait la dentelle en France, introduit en fraude des métiers inventés et perfectionnés à Nottingham.

Il installe le 1ier métier en 1816 à Saint Pierre les Calais.

 

L’adaptation en 1830 du système Jacquard au métier Leavers permet de fabriquer une vraie dentelle ,avec une infinité de dessins ,et cette industrie est particulièrement florissante.

 

En 1840 la vapeur remplace les bras des ouvriers tourneurs et les améliorations techniques se poursuivent jusqu’en 1900.

 

Depuis le Second Empire et jusqu’à aujourd’hui la dentelle connait au gré des bouleversements historiques et économiques , des éclipses suivies de période fastes mais garde sa réputation d’ambassadrice de la mode .

 

L’appellation Dentelle de Calais s’applique exclusivement au procédé de fabrication avec le métier Leavers, technique de tissage chaine et trame.

La dentelle de calais est un métier d’art qui demande l’action conjuguée de la machine mais aussi de la main avec de nombreuses opérations qui se succédent.et nous avons suivi le parcours de la fabrication :

 

L’esquisseur point de départ de toute dentelle, imagine le dessin et le met sur papier

Le dessinateur reprend l’esquisse et y fait figurer les mouvements des fils : c’est la mise en carte

Le pointeur transcrit sur un barême chiffré la course de chaque fil

Le perceur de cartons traduit ce langage sur des cartons qu’il perfore qui seront placés sur le métier Jacquard à la manière d’un orgue de barbarie .Nous avons rencontré un des derniers perceurs de cartons qui travaille à la main et qui nous a vraiment étonnés par sa dextérité à manoeuvrer son « piano ».Ce sont ces cartons qui transmettent les indications au métier en agissant sur les barres.

Le dessin numérisé est une avancée technologique importante.

Le wappeur ou ourdisseur enroule les fils de chaine sur les gros rouleaux mécaniques

Le ou la wheeleur (se)monte les fils très fins sur une bobine qui doit toujours être impeccable (limée,polie et pressée,travail de la maintenance) .

Le remonteur place la bobine dans un chariot .Des milliers de chariots sont placés sur le métier pour constituer la trame de la dentelle .

Le tulliste actionne le métier,(12 à 15 tonnes),surveille les 8000 mouvements/heure et les fils très fins (15000), change les chariots .Les pièces de dentelle ont entre 11 et 22 mètres de long sur environ 5 mètres de large.

La visiteuse répare et reprend à l’aiguille tous les petits défauts. Plusieurs opérations seront encore nécessaires :

lavage et dégraphitage (on enlève la poudre noire qui lubrifie le métier),préformage ,teinture, séchage, cadrage , effilage ,écaillage, dernier contrôle puis pliage et enfin emballage des pièces .

 

Une autre génération de métiers est apparu : les métiers Textronic et Jacquardtronic qui utilisent la technique du tricotage et donnent des produits de qualité aux motifs simples et prix plus abordables.

 

La dentelle de Calais nécessite une main d’œuvre nombreuse, et hautement qualifiée.

 

Le Père évêque a pu au long de ce parcours dialoguer avec les uns et les autres dans les différents secteurs de fabrication et il a pu constater qu’à tous les stades, tous aiment passionnément leur métier et font un maximum pour que survive cet art ancien, produit haut de gamme et unique, expression de l’élégance et du raffinement à la française : la DENTELLE DE CALAIS, dénomination accordée au produit issu exclusivement des métiers Leavers .

 

L’ambiance amicale et sympathique qui règne au sein de l’entreprise n’est certainement pas étrangère à cette envie de continuer l’aventure et cela nous montre une fois de plus que pour réussir il faut être solidaire les uns des autres.

 

2ième étape Quittant le monde de la dentelle, le Père évêque s’est rendu chez Madame Myriam Pont ,figure incontournable de la pêche à Calais et plus particulièrement de la pêche à pieds et qui depuis 31 ans est la seule à travailler ainsi à Calais .

Denise et Alain qui eux travaillent sur Boulogne nous avaient rejoints pour cet entretien.

 

Myriam nous a parlé de son métier pour lequel, bien qu’il soit difficile, elle nourrit une véritable passion et est intarissable sur le sujet .

Métier qui date du moyen- âge mais qui malheureusement n’est pas reconnu dans l’espace européen alors que c’est le 1ier patrimoine maritime dans le Nord- Pas de Calais avant même la pêche en petits bateaux .

Elle est aussi pleine de projets et a exprimé au Père évêque tout ce qu’elle souhaite entreprendre ( actions pédagogiques et initiations à cette pratique de pêche)

 

Monsieur José Huleux ,président du syndicat des pêcheurs en mer a pris le relais pour évoquer les difficultés ,les attentes mais aussi les satisfactions que lui et ses collègues retirent de ce métier très éprouvant et pour lequel l’avenir est parfois sombre

. Il a évoqué ses collègues et notamment leurs épouses qui chaque matin travaillent sur le port dans les aubettes en vendant le produit de la pêche du jour .

Une institution qui fait partie aussi de notre patrimoine maritime .

 

Nous avons ensuite pu bavarder à bâtons rompus avec les uns et les autres autour d’un plat de moules frites dont Myriam a le secret et qui nous a permis de clôturer cette journée .

 

3ième étape Accompagné du doyen Jean Paul Hazelart, le Père évêque s ’est rendu à Hardinghem auprès des prêtres aînés et il y a célébré l’eucharistie avant de s’entretenir avec eux .

 

Un très grand merci à tous ceux qui ont oeuvré pour la réussite de cette journée et à ceux qui nous ont reçus afin que, dans son diocèse, le Père évêque découvre ou redécouvre le monde du travail (une partie !!) dans le secteur urbain du doyenné du Calaisis .

                                                                                               Michèle Goré et joseline Aubert

Article publié par Joseline Aubert - Délégué communication du Calaisis • Publié • 2205 visites