Hommage d'une paroissienne

à monsieur l'abbé Gérard CAUX

     Si BERNANOS avait eu la chance de croiser un jour l'Abbé Gérard CAUX, il aurait pu s'inspirer de ce que fut la vie de notre abbé pour écrire son célèbre roman : le Journal d'un curé de campagne. Tant l'affection que l'abbé CAUX portait aux villageois était profonde...

Sitôt installé à Frencq,Il devient alors notre aumônier de la JOC , J.A.0 avec les abbés DUCATEL, BRISBOUT, CARESMEL et GUILLEMANT et très vite, il sut créer, entraîner et fédérer tous les jeunes du secteur en organisant des fêtes, des réunions qui ont été le fil conducteur de nos vies.

     Comme pour bon nombre de prêtres l'abbé « sert » plusieurs paroisses : LEFAUX, FRENCQ , TUBERSENT, LONGVILLIERS et MARESVILLE. Il est partout chez lui et chacun apprécie ses qualités humaines, sa générosité, son dévouement, son souci des autres, et surtout de la jeunesse.

     Car si l'abbé assure le catéchisme le mercredi comme tous les prêtres de cette époque il organise les patronages pendant les vacances scolaires ,il crée aussi un club de football à FRENCQ et l'on gardera tous en mémoire ces rencontres sportives à nulle autre pareille, ces encouragements depuis le banc de touche, ces allers et venues à bord de son mini bus lorsqu' il emmenait ses joueurs disputer des matchs, chacun oubliait alors pour quelques heures son sacerdoce pour retrouver le président, l'entraineur toujours fier des exploits de ses gamins

Même dans ces moments de détente, chacun portait à l'abbé CAUX un profond respect...car il avait son caractère, l'abbé. Sa stature, sa corpulence, son élégance en imposaient. On l'écoutait d'abord et on lui obéissait toujours. -Communiantes et communiants ne sont pas près d'oublier non-plus ces messes de profession de foi (interminables parfois) qui ne s'achevaient jamais sans les vêpres en fin de journée. Il fallait alors (et bien souvent quitter la table pour une bonne heure, et parfois plus) pour assister à l'office... De sa voix qui portait loin, il aimait à faire partager à ses paroissiens les fruits de ses réflexions dans ses sermons du dimanche matin, quittant une paroisse pour en retrouver une autre.

 

     Permettez-moi d'évoquer ici quelques anecdotes. Je me revois à l'âge de 12 ans lorsqu'il est venu me chercher pour m'apprendre le solfège afin de l'accompagner pour les offices et nous avons fait équipe pendant plus de 50 ans d'ailleurs il avait su s'entourer d'autres organistes dans chaque paroisse ;

Je le revois aussi en haut d'une échelle, prenant des risques insensés pour repeindre le pignon de l'église. Face à notre inquiétude, il nous répondait toujours que... le Bon Dieu était avec lui.

Les plus anciens trouvaient en lui une oreille attentive. Sa porte était toujours grande ouverte. Il savait encourager quand il le fallait. Il savait aussi dire ses inquiétudes quand il le jugeait bon. Il connaissait chacun d'entre nous... Il nous a pour la plupart baptisés, puis communiés et mariés... ainsi que nos enfants...Nous faisions tous un peu partie de sa famille...

A tous les siens, à tous ses paroissiens à ceux qui l'ont servi je veux dire ne pleurez pas celui qui vient de nous quitter, mais réjouissez-vous tous...de l'avoir connu.

Merci l'abbé.   Geneviève

Article publié par Michèle Leclercq • Publié • 889 visites