le Samedi 12 juil 2014


Nous, prêtres et diacres du calaisis et du boulonnais, aurions préféré  voir à la place des chats une photo de migrants ; ce serait moins choquant.

Les migrants sont donc moins bien considérés que les animaux !

Nous sommes honteux d’un tel comportement à l’égard d’êtres humains de la part de l’Etat, du préfet  et de madame le maire de Calais.

 Par votre comportement inhumain vous attisez les violences, le racisme et le rejet de l’autre.

De plus vous vous en prenez aux  bénévoles des associations avec mépris et violence : que feriez-vous  sans les assos ! Vous êtes déjà dans l’impasse politique depuis 12 ans, alors  si du jour au lendemain les assos cessaient toute aide, toute concertation   Que feriez-vous ?

Pourquoi humilier ces migrants en raflant leurs affaires, en les pourchassant comme du gibier, en les emmenant « au loin » et 3 jours après les voici de retour à Calais. Depuis 12 ans c’est le même scénario et qu’est ce qui a changé !!! Nous vous demandons qu'ils puissent avoir des lieux d'accueil où ils pourraient bénéficier d'un minimum d'hygiène, de les traiter avec respect et dignité ; nous vous demandons de les héberger et de les soigner et de les nourrir ; de leur offrir une maison d’accueil où ils se sentent chez eux ; nous vous demandons de les aider avec attention à « décider » et à « réaliser » leur avenir avec la plus grande justice. Qu’ils puissent connaître leurs droits. Nous vous demandons d'interpeler le parlement européen pour une véritable politique migratoire et non une politique de répression  Que vous le vouliez ou non  les migrants sont tous nos frères en humanité et nous sommes responsables de leur avenir.

Comme vient de le rappeler le pape François  les réfugiés sont victimes de la «  mondialisation de l’indifférence et de la culture du rebut ». Et d’ajouter

« la question de l’immigration doit être affrontée non pas avec la logique de l’indifférence mais avec la logique de l’hospitalité et du partage afin de protéger et de promouvoir la dignité de chaque être humain ».

Et les communautés chrétiennes il les invite à « continuer à être attentives à ceux qui sont dans le besoin pour leur tendre la main, sans calcul, sans peur ».

Communautés chrétiennes , prêtres , diacres , religieuses osons ouvrir notre cœur , et tendre nos bras pour accueillir , soutenir, réconforter des frères  et  sœurs  tellement  démunis , en grande  souffrance , 24 h sur 24  et ….. Sans peur !

 

                                                            Des prêtres du boulonnais 

                                                            et du calaisis

                                                            Des diacres et des religieuses.

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Invitation à la réflexion

 

Les récentes violences et rixes entre migrants ont été largement répercurtées dans les médias locaux. Voici la réflexion d'un goupe suffisamment autorisé et présent pour pouvoir aider  la réflexion :

 

 

Pour le détail des rixes des 4 et 5 août, chacun se réferera à son media préféré. Pour les causes, en voici trois :

Les rixes sont la conséquence de l'afflux des migrants. Il est inimaginable de réussir à passer en Angleterre quand 15 migrants prennent d'assaut un camion, et les communautés tentent de se réserver des espaces d'accès au port. Les passeurs ... sont dépassés : l'organisation qu'ils avaient mis en place n'existe plus. 

 

Elles sont le résultat des conditions inhumaines dans lesquelles les 1 200 migrants vivent : pas de terrain concédé, donc des occupations précaires, toujours sous la menace des expulsions. Pas de sanitaires, pas de douches, pas de poubelles. La coupure de l'eau il y a trois jours sur la jungle Tioxide par le propriétaire est la dernière cruauté infligée. Le seul repas distribué chaque jour ne suffit pas et la majorité des migrants ont faim. Une grande partie ont des chaussures défoncées. 

 

Enfin, comment s'étonner de la violence qui éclate entre eux quand on connait la violence qu'ils ont tous subie, dans leur pays et depuis leur départ d'Erythrée ou du Soudan ? Quand on sait la violence infligée à Calais : expulsions, destruction des tentes et couvertures, harcèlement policier, vols, insultes...

Depuis trois semaines les appels des associations, présentes sur le terrain, s'étaient multipliés. Elles n'ont pas été entendues. La seule solution à court terme est la création d'un camp de réfugiés, avec le minimum nécessaire pour survivre. Et à moyen terme, pour ceux qui ne veulent pas rester en France, le déblocage progressif et maitrisé de la frontière avec la Grande-Bretagne. 



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