Agir et prier dans le Doyenné Béthune-Bruay

Agir et prier avec, pour, et à partir des plus modestes, petits, pauvres, et fragiles…

Agir et prier avec, pour, et à partir des plus modestes,

petits, pauvres, et fragiles…

 

Le Conseil pastoral de Béthune-Bruay, voici quelques mois, a connu un riche échange sur les nombreuses formes de misère dans ce territoire et sur les actions menées par les uns et les autres, associations, groupes et individus.

Ce constat a mis en lumière que des informations, des conscientisations et actions étaient déjà mises en œuvre, mais –semblait-il- peu portées dans la prière.

Le Conseil pastoral a souhaité que les « temps de prière » et divers « groupes de prière » proposés dans le doyenné portent ensemble et davantage ces réalités de la misère, les personnes qui ont à les vivre et les acteurs qui les combattent.

 

Elie, notre doyen, a demandé  que nous apportions des soutiens à cette prière (témoignages, textes bibliques, réflexions, etc…). J’ai accepté d’y contribuer, avec d’autres bonnes volontés.

Merci de transmettre à notre doyen, ou au service communication, si cela est utile et mérite d’être poursuivi. Maurice V.

***********************

 

Voici une première proposition, en 4 parties, vers ces Groupes de prière : 1°) Un texte de la Parole de Dieu – 2°) Quelques questions – 3°) Une réflexion construite – 4°) Une prière –

 

I – A l’écoute de la PAROLE DE DIEU : Jésus rencontre une étrangère, païenne. Elle est Syro-phénicienne… sa démarche est d’autant plus signifiante, audacieuse et confiante que la Loi de Moïse interdit le contact des Juifs et des païens.

En St Marc 7/24 à 30. -  « Parti de là, Jésus se rendit dans le territoire de Tyr. Il entra dans une maison et il ne voulait pas qu’on le sache, mais il ne put rester ignoré.

Tout de suite, une femme dont la fille avait un esprit impur entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance. Elle demandait à Jésus de chasser le démon hors de sa fille.

Jésus lui disait : « Laisse d’abord les enfants se rassasier, car ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens ».

Elle lui répondit : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens sous la table, mangent des miettes des enfants ».

Il lui dit : « A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. »

Elle retourna chez elle et trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon l’avait quittée. »

 

  • Prendre quelques minutes de silence pour accueillir cette Parole et la laisser venir en soi.
  • Si possible, relire ce passage une seconde fois.
  • Chacun est invité à « voir » la scène, et « entendre » les paroles.

 

II – PARTAGER : voici quelques questions pour aider au partage :

  • Dans cette rencontre, quels sont les personnages ?
  • Que remarquons-nous dans les attitudes et paroles de la femme ?... dans celles de Jésus ?
  • Qu’est-ce qui nous heurte, nous choque ? et qu’est-ce qui nous touche ?

 

  • « Laisse d’abord… » où vont habituellement nos priorités ? … mes priorités ?
  • « A cause de cette parole… » : quelles paroles révélatrices ai-je pu entendre de petits, de pauvres ?
  • Quelles solidarités, quelles attentions fraternelles vécues autour de nous ?

 

III – Une réflexion construite, pour nourrir nos convictions :

L’Eglise, les pauvres et la charité :

quelle équation au 21ème siècle ?

 

a)  -     L’Eglise et la société sont en train de passer en effet d’un faire «pour» les pauvres à un faire « avec » les pauvres, pour aboutir à un faire « à partir » des pauvres.

 

L’affaiblissement des institutions et de différentes formes de hiérarchie, le renforcement de la démocratie participative, l’absence de solutions simples dans un monde complexe, l’attention grandissante aux minorités et à l’exclusion, tout comme l’extraordinaire développement des moyens de communication, sont autant de facteurs qui contribuent à la prise en considération de voix diverses.

S’opère une prise de conscience que les élites ne détiennent pas forcément les clés de tous les problèmes. La complexité du monde requiert une collaboration active de tous pour chercher des solutions. Le savoir et la sagesse nécessaires ne se trouvent pas uniquement en haut de la pyramide. Le principe de subsidiarité est l’une des lignes de force de la pensée sociale de l’Eglise.

Aussi, pour être crédible, l’Eglise doit promouvoir la place et la parole des pauvres en son sein. L’Année sainte de la Miséricorde est une occasion précieuse pour revisiter sa pensée sociale à partir des pauvres et partager très largement une vision renouvelée de la charité….                                  **********************

b) -           … le pape François pointe la disposition particulière des pauvres à l’égard de l’accueil  de la Bonne Nouvelle… « Les gens simples ont toujours un endroit pour faire loger le mystère. Nous avons peut-être réduit notre façon de parler du mystère à une explication rationnelle ; chez les gens, au contraire, le mystère entre par le cœur. »…..Même si des groupes d’accompagnement de personnes en grande précarité existent depuis de nombreuses années, il faut reconnaître que tous les catholiques ne sont pas convaincus que dans la foi ils ont, individuellement et collectivement, à apprendre des plus pauvres et des plus fragiles…                             ***********************

c) -       Comme le fait remarquer le cardinal Kasper : « Un état social basé sur l’économie et le commerce ne peut qu’engendrer le manque d’empathie et le durcissement des relations sociales… il procure certes quelques avantages mais ne peut pas donner ce dont les hommes ont le plus besoin, à savoir des personnes qui écoutent, ressentent avec eux et montrent de la compassion. »

C’est bien là le sens premier du mot « miséricorde » : avoir le cœur près des pauvres, être sensible au malheur d’autrui. Une sensibilité qui s’est estompée chez certains, au point que le pape François parle d’une « mondialisation de l’indifférence ». Mais une sensibilité qui est peut-être simplement enfouie et qu’il convient de réveiller. Elle doit colorer notre conception de la charité…. 

Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen, et Monique Baujard, directrice de la Fondation Jean Rodhain. (dans Cahier de l’Atelier – n°548 janvier-mars 2016).

********************

IV – POUR PRIER …..        « Il avait besoin… »

Dieu avait besoin d’un père pour son peuple, il choisit un vieillard, alors Abraham se leva…

Il avait besoin d’un porte-parole, il choisit un timide qui bégayait, alors Moïse se leva…

Il avait besoin d’un chef pour conduire son peuple, il choisit le plus petit, alors David se leva…

Il avait besoin d’un roc pour poser l’édifice, il choisit un renégat, alors Pierre se leva…

Il avait besoin d’un visage pour dire aux hommes son amour, il choisit une prostituée, ce fut Marie de Magdala…

Il avait besoin d’un témoin pour crier son message, il choisit un persécuteur, ce fut Paul de Tarse…

Il avait besoin de quelqu’un pour que son peuple se rassemble et aille vers les autres, Il t’a choisi(e)…

Mgr Jean-Baptiste Pham Minh Man.

 

***************

Abbé Maurie Vieillard

 

Article publié par Communication-Formation Doyenné Béthune-Bruay • Publié • 171 visites