Taizé : Grandir dans la foi.

Pèlerinage d'Avril 2010

Lundi, 17h, une centaine de jeunes arborant un magnifique (note du rédacteur) foulard orange descendent des bus et se dirigent vers une des deux tentes blanches au centre de la colline. Après le briefing d’accueil les garçons et les filles se dirigent vers leurs lieux de repos respectifs. Alors que certains sont heureux de retrouver la colline et Taizé, les autres la découvrent avec stupéfaction, calme ou bonheur.

 

Puis vint le premier repas, la première prière… Ces fameuses prières qui font la particularité de Taizé. Les jeunes et les moins jeunes chantent dans toutes les langues, écoutent la parole de Dieu, font silence… Ces temps de silence qui permettent de se retrouver seul parmi la foule et qui rythmèrent leur semaine.

 

Par ailleurs, chaque matin, après le petit déjeuner très consistant (un pain, un thé, un beurre et deux barres de chocolat noir) nous nous retrouvons pour assister à une introduction biblique (c'est-à-dire une relecture et une analyse d’un passage de la Bible avec un frère) qui sera au centre du moment de partage qui suivra. Ainsi, des groupes d’en moyenne 12 jeunes, totalement francophones ou internationaux, échangerons leurs idées, opinions, leur foi…

 

Martin raconte…
Ces temps de partage ont été des moments de ressourcement spirituel, qui nous apportaient beaucoup pour la vie de tous les jours. A travers les Evangiles nous avons pu participer à différents jeux et nous remettre en question.

L’après-midi, à nouveau les jeunes se retrouvent dans leur groupe soit pour faire un work (laver les toilettes entre autre) soit pour faire des jeux afin de mieux se connaître, ou encore un nouvel échange sur un thème donné.

 

Mégane et Simon racontent…
Nous avons passé différents types d’après-midi. Premièrement, la plupart étaient basées sur le partage à propos de l’introduction biblique de la matinée. Deuxièmement l’une était fondée sur la participation aux « community works » (« travaux de communauté » pour les pas-bilingues.) Nous avons donc fait partie de la « clean team » (= nettoyage des toilettes). Malgré nos réticences du départ nous avons bien ri avec les autres membres de notre petit groupe. Troisièmement et dernièrement, il y a l’après-midi « on ne fait rien », donc glandage, repos à la source. Des carrefours divers et variés étaient proposés en fin d’après-midi, à propos de la vocation ou de sciences et foi par exemple…

 

Dans la semaine, les jeunes du diocèse d’Arras se sont réunis deux fois. La première avait pour but de mieux se connaître par une promenade suivie d’un petit échange en groupe. Lors de la deuxième rencontre, nous avons fait un petit bilan de notre semaine à Taizé, et de ce que nous voulions ramener dans nos doyennés puis d’un échange avec frère Andrazj (hongrois) qui parle plusieurs langues… mais une seule à la fois. Nous avons pu lui poser toute sorte de question sur sa vie en communauté, sur l’appel de Dieu… Le mercredi et le vendredi, vers 17 h 45, ceux qui le désiraient pouvaient assister à des carrefours qui traitaient de différents sujets, comme les choix, la trinité ou la vocation par exemple…

 

Anne-France raconte…
Nous avons lu des témoignages de trois personnes qui devaient faire des choix pour leur vie. L’un devait s’orienter pour son travail, son père l’incitait fortement dans une voie, il en préférait une autre ; les deux autres étaient des filles qui n’arrivaient pas à choisir entre tous leurs désirs. Après une heure de réflexion, nous en avons déduit que pour faire un bon choix il fallait faire attention aux circonstances et être soi-même.

 

Adélaïde raconte…
Au tout départ, ça ne me disait vraiment rien, car le titre « vocation » ne m’inspirait pas. Je pensais que ça parlerait de la vocation de prêtre alors que c’était la vocation en général. La chose essentielle que j’ai retenue, c’est d’être authentique, soi-même et de ne pas jouer quelqu’un d’autre.

 

Benoît raconte…
Je suis arrivé au carrefour avec l’idée d’un simple témoignage. J’ai été agréablement surpris de voir que le frère parlait de toute sorte de vocations, au-delà de la vocation religieuse. La façon, pour le frère, de se mettre proche des auditeurs m’a permis de me sentir à l’aise et de comprendre plus facilement. Ce qui m’a paru ressortir du carrefour, c’est le fait de devoir être soi-même et de ne pas forcer le destin. « Dieu a un plan pour chacun de nous. »

Enfin, le vendredi et le samedi, la prière du soir fut différente. En effet, le vendredi, à la fin de la messe la croix était posée au sol et nous pouvions venir l’adorer, poser son front dessus. Nous confions ainsi nos fardeaux à Dieu. Le samedi, chacun de nous avait un cierge. Des enfants ont allumé le leur au cierge pascal, et ont ensuite propagé la lumière à chacune des personnes présentes, illuminant ainsi l’église d’une intense lumière.

 

François raconte…
On m’a dit que j’avais le regard émerveillé d’un enfant de cinq ans, un sourire jusqu’aux oreilles lors de cette prière. Mais c’est tellement beau cette flamme, toute petite, toute fragile qui pourtant nous éclaire autant… Je crois que cette célébration nous parle beaucoup de l’amour de Dieu et de la force de notre foi lorsque nous la vivons en communauté.

Et la semaine se termina, riche en émotions, en joie, par une dernière messe…
Sans aucun doute, cette semaine restera gravée dans les mémoires de chacun d’entre nous !

Adélaïde et Benoît

 

 

Compte rendu

 

100 jeunes du diocèse se sont retrouvés à Taizé durant une semaine. Au milieu de 4000 autres jeunes, ils ont fait une expérience d’Eglise. Chacun à sa manière a pu vivre un moment fort de communion, de partage, de prière.

Cette activité de la pastorale des jeunes a donné aux animateurs présents la joie de voir l’œuvre du Seigneur dans le cœur de ces jeunes. Comme à Lourdes, à Amettes, à Boulogne et dans d’autres lieux, quand nous donnons l’occasion à des jeunes de faire une expérience de l’Eglise, nous en sommes toujours émerveillés.

Abbé Laurent


« On arrive un jour à Taizé sans vraiment connaître : il paraît que c’est bien. Qui sait ? là-bas, jouxtant un petit village de bourgogne, de dressent tentes et baraquements. Il y a aussi au cœur de cet endroit une construction plus importante ; c’est une église, enfin, une très très grande Eglise. Il fait bon de s’y retrouver 3 fois par jour pour prier. La particularité de ces moments est qu’ils réunissent près de 4000 jeunes. Il semble que ce soit propice à la prière et à la réflexion. Les chants nous portent et on tente de dialoguer avec Dieu pendant le temps de silence. En parlant des chants, certains vont trouver que ce sont toujours les mêmes. Mais quand tant de personnes les entonnent en même temps, le résultat est tellement reposant et spirituel ! » K.D.

 

« Les moments forts que j’ai bien aimé durant ce séjour sont la prière du vendredi soir ou j’ai pu poser la tête sur la croix et la veillée du samedi soir avec les 4000 cierges allumés dans l’Eglise » C.C.

 

« j’ai vécu des moments de qualité à l’Eglise par les chants, l’écoute, la parole… mais surtout avec les frères ou les prêtres ou encore séminaristes qui ont fait soulever en moi de nombreuses questions auxquelles je n’ai pas encore les réponses mais que je suis sur qu’un jour j’y répondrai... La phrase « tu connais mon cœur » me touche particulièrement et me montre toute la grandeur de Dieu… » E.L.

 

« Trois fois par jour le rituel reste inchangé : les cloches, l’annonce de la prière. Et pendant quelques dizaines de minutes, il nous est donné de vivre ce moment de grâce : 5000 personnes en communion, autour des frères, portés par les chants. On se sent soudain plus léger, déchargé de tous les fardeaux amenés dans nos bagages. C’est pour moi, comme si chaque prière me renouvelait et rechargeait mes batteries. Tout cela me semble résumé dans un chant : « See i am near says the lord, see I make all things news »( Vois, je suis près de toi, vois, je fais toute chose nouvelle) » E.L.

 

« Je retiendrai beaucoup de choses de ce Taizé 2010 (le 8ème pour moi) comme une parole de frère Aloïs le jeudi soir lors de sa réflexion sur le pardon : « le pardon reçu et donné est source de joie. Se savoir pardonné est source de la Paix intérieure que le Christ a voulu enseigner, il peut nous mener loin et nous permet de rayonner » » C.V

Sébastien Vereecken

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2722 visites