Bâtir sur le Roc

Canal Jeunes n°20

Batir sur le Roc Batir sur le Roc   « En hurlant de douleur le loup s’enfuit dans la forêt, on ne le revit jamais, et depuis Nestor, Arthur et Alphonse vivent heureux tous les trois dans la maison en briques. » Non, ce n'était pas une soirée conte de fée... « Oh non, encore crevée ! Même les as du volant aussi peuvent avoir une crevaison ? » Ni un rallye automobile... « Pour s'assurer que sa maison tienne bon, il faut la construire sur un roc. » Ni même une formation pour maçons du dimanche...
 
Ce sont quelques expressions entendues lors du week-end vécu entre nous, collégiens et lycéens de l'aumônerie de Saint-Omer. Jeunes et animateurs, dix-sept au total : nous nous sommes donnés rendez-vous en cette fin de vacances pour vivre deux jours ensemble à Lille.
 
Deux jours pour se retrouver entre amis et faire connaissance avec d'autres, charrier nos « bons vieux animateurs » et accueillir de nouveaux ! On nous avait concocté tout un programme, qui a démarré avec un bouquet de feux verts - ben oui, sans un feu vert, on démarre jamais au 1000 bornes, qu'il soit chrétien ou pas ! Sur le coup, on s'est fait un peu avoir : nous on voulait rigoler en jouant à s'envoyer des clous sous les roues et siphonner le réservoir des adversaires. Mais tout ça, c'était surtout fait pour nous poser plein de questions : sur les choses positives de nos vies, les difficultés de parcours, nos « bottes secrètes » pour résister aux problèmes, et les choses qui nous aident à toujours aller de l'avant...
 
Une fois nos 1000 kilomètres parcourus, on a fait une pause : pour échanger sur nos expériences de vie et de foi... plus question de se mettre des bâtons dans les roues. Nous nous sommes enrichis des expériences de foi positives des uns et des autres : recevoir un sacrement, vivre en frère lors de camps, se sentir entouré de sa famille lors de la profession de foi. Nous nous sommes confortés en évoquant des moments difficiles : la mort d’un grand parent qu’on regrette de ne pas avoir assez connu, un accident qui nous a marqué, la solitude face à nos doutes. Heureusement, nos amis, parents, frères, sœurs, cousin(e)s sont autant de soutien que l’on peut solliciter. Jésus aussi est là pour nous. Si on se met à son écoute, notre foi devient comme du roc, nous sommes soutenus. Mais si on refuse, alors la foi n’est que du sable, elle ne nous aide pas à tenir debout. Alors on prend des engagements, pour éviter que trop de sable ne vienne couvrir le roc : servir à la messe, échanger régulièrement avec d’autres jeunes à l’aumônerie ou avec les scouts, préparer sa confirmation… Autant d’expériences partagées qui nous aident à mieux comprendre les paroles de Jésus, lorsqu’il enseigne : « Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. » (Mt 7, 24)
 
Heureusement qu’après tant de réflexions, nous avons pu déguster les délicieuses crêpes de François. Avant de se défouler pour une soirée jeux – danses – chants, qui nous ont fait voyager de la Bretagne à Israël en passant par le Québec !…
 
Toutes ces joies, ces émotions, cette vie, nous sommes allés les confier au Seigneur dans le recueillement de la chapelle, avant d’aller se coucher… et essayer de dormir…
 
Dimanche, le réveil fût aussi difficile que la nuit avait été courte et agitée… Il nous a bien fallu une remise en route énergique au rythme de Cascada pour retrouver toutes nos facultés ! Et il en fallait, pour réfléchir et s’exprimer à nouveau sur ce qui fait nos forces, notre roc, et nos fragilités, notre sable… Prendre conscience de ses faiblesses, pouvoir les avouer en confiance, comprendre que l’on sait les contourner : c’est comme ajouter de l’eau au sable pour le changer en ciment. Finalement, elles nous rendent plus forts ! Nous aurions bien eu de quoi bâtir un château avec tout ce que chacun avait à apporter.
 
Pour achever ce week-end, nous avons profité d’une balade dans Lille. Pour les amateurs : visite de la Cathédrale Notre-Dame de la Treille. Là, nous avons appris qu’il y a un peu plus de 150 ans, pour débuter la construction, il a fallu creuser très profond les couches de sable et de terre meuble, avant de trouver du roc suffisamment solide pour y poser les fondations ! Merci qui ? 
 
Mélanie Martin

Article publié par Alicia Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 1516 visites