Quand la pierre devient catéchèse

Canal Jeunes n°12

IMGP9924 Scout de France  La Nuit des églises, la Nuit des cathédrales, Faites parler les pierres...… Les chrétiens du XXIe siècle redécouvrent que les églises et les chapelles sont de bons outils de catéchèse. Des Scouts et Guides de France des diocèses d'Arras et de Lille l'ont expérimenté...… un peu malgré eux.

 

Les scouts-guides et pionniers-caravelles de trois groupes de la région sont en camp à Brouay en Normandie. Le père abbé d'une abbaye voisine avait accepté de célébrer la messe du dimanche au milieu des tentes. Hélas, il a été appelé au dernier moment par une paroisse orpheline. Quand on est scout, on a de la ressource… Un chef et une cheftaine ont quelques connaissances en histoire de l'art et en art sacré. Ils proposent de visiter l'église du village.

 

Visite guidée

L'église Notre Dame de l'Assomption de Brouay a une particularité. Un escalier extérieur conduit directement à la tribune. Brouay est le village de la famille d'Aboville. Les ancêtres de Gérard, le célèbre navigateur, passaient peut-être par là pour assister à la messe depuis la tribune.

L'entrée principale a gardé les caractéristiques d'un porche aménagé pour les villageois. Sur le parvis, de chaque côté de la porte, les décrottoirs sont encore plantés dans la pierre. Les fidèles qui venaient à l'église par les chemins boueux devaient nettoyer leurs semelles avant d'entrer. Le parvis était le lieu où les fidèles se saluaient et prenaient des nouvelles.

Si l'église était plus importante, elle bénéficierait  d'un narthex. Le narthex est un espace intermédiaire avant d'accéder à l'église proprement dite. De chaque côté, on trouve le banc du pauvre. Il permet au marcheur de se reposer après une longue route et éventuellement de faire un brin de toilette.

À Brouay, sans narthex, on entre directement dans l'église. À gauche, on trouve les fonts baptismaux. Pour entrer dans une église, il fallait être baptisé. C'est pour ça que les fonts baptismaux sont symboliquement à l'entrée des églises.

À droite, contre le mur de façade, il y a un confessionnal. Ce n'est pas une position habituelle pour un confessionnal. Mais ici, pour l’explication des symboles, ça tombe bien. Le baptisé devait se confesser avant de se présenter à Dieu.

 

Lieu de célébration

La première partie de l’'église s'appelle la nef. C'est un synonyme du mot bateau. Aussitôt les jeunes évoquent Noé, Jésus qui dit Avance au large...…  

Au milieu de la nef, à droite, est installée la chaire. Avant Vatican II, on y prononçait les sermons. Ce n'était pas exactement le lieu de la Parole. Les textes bibliques étaient lus dans le chœoeur. Mais à l'époque où les messes étaient dites en latin, le sermon en français était parfois considéré comme la Parole.

En face de la chaire, il y a toujours une représentation du Christ en croix.

À l'entrée du choeœur, le banc de communion a disparu. C'était un mobilier indispensable avant Vatican II quand les chrétiens devaient recevoir la communion à genoux. À gauche, l'ambon constitue le véritable lieu de la Parole. C'est une magnifique sculpture qui représente un aigle, le symbole de l’évangéliste saint Jean.

À ce moment de la visite, les scouts sortent leur Cléophas, le Prions en Église spécial scout. Ils lisent les textes du jour.

Le chœur a gardé son autel d'avant Vatican II, à l'époque où le prêtre disait la prière eucharistique dos aux fidèles. Le tabernacle est au milieu du maître-autel. C'est la réserve eucharistique dont la présence est signalée par une petite lumière rouge. Un nouvel autel, plus petit, est placé au milieu du chœur pour célébrer l'eucharistie selon le rite actuel.

 

À la fin de la visite, un chef demande aux jeunes d'ouvrir Cléophas à la page du déroulement de la messe. Quelle n'est pas leur surprise ? Le déroulement ressemble comme deux gouttes d'eau à la visite que l'on vient de faire : accueil-parvis, kyrie-confessionnal, Gloria-nef, lectures-chaire, Credo-croix, prière eucharistique-autel...… « Et c'est tout dans l'ordre ! » s'’écrie l’'un d'’eux.

Les scouts et guides, les pionniers et caravelles étaient enthousiastes après ce temps spi original. Spontanément, ils se sont dirigés vers l'’harmonium pour chanter Dieu.

 

Jean Capelain

Article publié par A. Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 941 visites

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