Aller vers le père

Lettre de Mgr Eglise d'Arras 2016-3

Anniversaire du concile Vatican II Anniversaire du concile Vatican II  
Mgr Jean-Paul Jaeger
Mgr Jean-Paul Jaeger
Le carême débute très tôt cette année. Même si l’ouverture correspond avec une période de vacances, la richesse de l’itinéraire que nous propose de suivre le pape François nous presse de ne pas attendre la reprise des activités scolaires et catéchétiques pour y entrer. Nous vivrons sans retard les démarches de Miséricorde qui sont proposées aux personnes et aux communautés dans le cadre du Jubilé extraordinaire.

 

Je suggère tout d’abord de découvrir, si cela n’a pas encore été fait,  ou d’approfondir le texte de la Bulle d’indiction rédigée par le Saint Père[1]. Elle constitue une feuille de route. Nous nous y référerons pendant tout le  carême.

 

Le pape nous invite d’abord à l’accueil et la méditation de la Parole de Dieu qui nourrit en nous la Miséricorde du Père. Il suffit de nous laisser imprégner par les textes de la Sainte Ecriture que la liturgie du temps du Carême met quotidiennement sous nos yeux et dans nos cœurs. Il ne s’agit pas de nous livrer à un simple exercice de mémoire, mais de contempler le visage du Père Miséricordieux, de nous laisser saisir par le Christ qui livre sa vie par Amour, d’accueillir la force et la lumière de l’Esprit Saint. Nous pourrons ainsi vivre une authentique démarche de conversion.

 

La Miséricorde de Dieu nous sera particulièrement accordée dans la préparation et la célébration du sacrement de la réconciliation. Le pape écrit : « Tant de personnes se sont de nouveau approchées du sacrement de réconciliation, et parmi elles de nombreux jeunes, qui retrouvent ainsi le chemin pour revenir au Seigneur, pour vivre un moment de prière intense et redécouvrir le sens de leur vie.  Avec conviction, remettons au centre le sacrement de la réconciliation, puisqu’il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde[2]. »

Je n’ignore pas que des méthodes de confession utilisées naguère, même si elles ne sont pas seules en cause,  ont eu pour effet d’éloigner de nombreux fidèles de la célébration et de la réception de ce sacrement. Les failles de la forme ne doivent pas nous écarter du fond. Le pape n’ignore rien de cet héritage. Telle est la raison pour laquelle, il appelle les confesseurs à se disposer eux-mêmes à être des serviteurs fidèles du pardon de Dieu.

 

« On ne s’improvise pas confesseurs. On le devient en se faisant d’abord pénitent en quête de pardon. » S’appuyant sur la parabole du fils prodigue, Le Saint Père appelle les confesseurs à « serrer sur eux ce fils repentant, qui revient à la maison et à exprimer la joie de l’avoir retrouvé. » Le pape ajoute : « Ils ne poseront pas de questions impertinentes, mais, comme le père de la parabole, ils interrompront le discours préparé par le fils prodigue, parce qu’ils sauront accueillir dans le cœur du pénitent l’appel à l’aide et la demande de pardon. En résumé, les confesseurs sont appelés, toujours, partout et en toutes situations, à être le signe du primat de la miséricorde. »

 

Je souhaite que ces indications fortes du Saint Père redonnent confiance, courage et espérance à celles et à ceux qui feront une première ou une nouvelle expérience de rencontre de la Miséricorde de Dieu. Le pénitent ne doit pas être accueilli par un juge, un gardien  ou un code. Quand il est trop facile et rassurant de céder au penchant du rubricisme exacerbé et de l’ostentation auto-suffisante, il nous est bon et bienfaisant de revenir au cœur du mystère célébré dans les sacrements.

 

Le pape François suggère l’organisation des « 24 heures pour le Seigneur » le vendredi et le samedi qui précèdent le 4ème dimanche de carême, soit les 4 et 5 mars 2016. La nécessité de la présence de confesseurs plus nombreux ne permettra pas forcément de vivre partout ce temps de grâce à la date suggérée. Elle peut être décalée. Des prêtres ont déjà donné leur accord pour rejoindre dans d’autres paroisses que la leur des confrères qui ont sollicité leur concours pour la mise au point de telles célébrations. Je remercie les prêtres qui rejoindront des voisins pour la circonstance. La joie du pardon et de la Miséricorde se partage ! C’est bien ce bonheur qu’il s’agit de faire naître ou renaître ! Il va de soi que d’autres plages horaires de confession seront utilement proposées ou ajoutées.

 

A l’aube du carême, je choisis délibérément d’insister sur le passage de la Bulle d’indiction que le pape consacre au sacrement de réconciliation. Je n’oublie pas que la Miséricorde divine n’est pas limitée à la démarche sacramentelle. Nous reviendrons pendant le temps du carême sur d’autres dimensions de la Miséricorde. L’élargissement de la perspective ne doit pas nous détourner du don qui est fait au pécheur qui esquisse quelques pas sur le chemin de la conversion, mais sait que les bras du Père sont toujours largement ouverts. A l’aube de ce carême, laissons résonner en nos cœurs et dans nos vies la décision du fils : « J’irai vers mon père[3]. »

        

                                                                       + Jean-Paul JAEGER

           

 

[1] Pape François – Le visage de la Miséricorde.

[2] Pape François – Le visage de la Miséricorde.§ 17.

[3] Luc 15, 18.

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