Ils sont notre jeunesse !

Eglise d'Arras n°5

Accvueil des catéchumènes Accvueil des catéchumènes  « Vous allez vivre l’une de vos plus belles journées de l’année ! » C’est en ces termes que m’a accueilli un membre de l’équipe diocésaine du catéchuménat, le dimanche 22 février dernier à Bapaume. Je venais présider la journée et la célébration de l’appel décisif des catéchumènes qui seront initiés au mystère de la foi par les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie, lors de la prochaine vigile pascale.

 

 

J’ai souvent employé la formule par laquelle je fus salué ce matin-là. Il est impossible de ne pas laisser monter au cœur de l’Église dans le diocèse une immense espérance quand elle invite des hommes et des femmes adultes de toutes conditions à franchir l’ultime étape qui les sépare encore de la vie reçue et partagée des enfants de Dieu.

 

Personne, sinon l’Esprit Saint, ne peut apprécier à sa juste valeur l’itinéraire suivi par ces personnes.  Sur des chemins dont le Seigneur seul connaît les sinuosités, elles ont vécu la rencontre qui a bouleversé leur existence. Elles ont fait l’expérience de la tendresse et de la miséricorde de Dieu à leur égard. Elles éprouvent une joie que rien ne pourra leur ravir.

Jésus, le Christ, n’est pas pour ces convertis une idée, un principe, une règle. Il est Dieu qui s’est fait chair et sang. Il s’est invité chez eux. Ils sont entrés chez lui. L’Evangile ne raconte pas uniquement des faits anciens qui édifient et émerveillent. Il met en contact actuel avec le Fils de Dieu qui libère, pardonne, guérit, aime et rend la vie.

 

Nous avons beaucoup à recevoir de nos catéchumènes. Ils sont loin d’avoir assimilé toutes les nuances de l’enseignement doctrinal de l’Eglise. Ils sont encore perdus dans les subtilités de la liturgie. Ils ne se soucient pas trop de la hiérarchie. Ils craignent parfois d’être broyés par le lourd système façonné au cours des siècles. Ils sont étonnés de découvrir des aînés bien moins enthousiastes et plus routiniers qu’eux.

 

La douce fraicheur et la tendre naïveté qui se dégagent parfois de la démarche catéchumènale ramènent toujours l’Eglise à son propre centre : le Christ.  Nos communautés ne peuvent que se réjouir de s’ouvrir à de nouveaux baptisés. Qu’elles les reçoivent surtout tels qu’ils sont ! Ne soyons pas pressés de les assimiler, de les installer dans des rouages, un fonctionnement, une structure.

 

Dieu nous donne et nous confie les jeunes pousses chrétiennes pour notre propre conversion. Si l’Esprit Saint les a fait croître, elles ont été mises en terre par de nombreuses médiations humaines elles-mêmes étonnées du rôle qu’elles ont joué dans un tel engendrement. En retour, le feu qui brûle dans le cœur des catéchumènes, bientôt néophytes, permet à des tisons, qui risquent parfois d’exhaler leur dernière fumée, de se laisser, à nouveau, embraser.

Quand l’Eglise baptise, elle n’admet pas seulement des membres qui en perpétueront la présence et la mission, elle est appelée à un profond renouvellement, à un permanent rajeunissement. Elle les puise dans la Parole de Dieu, dans la marche à la suite du Christ, dans sa mort et sa résurrection, dans la vie selon son Amour. Cette route de l’initiation n’atteint pas définitivement (pas) son but une nuit de baptême, de confirmation et d’eucharistie. Elle révèle, sans cesse,  la proximité du Règne de Dieu. Elle nous introduit patiemment en lui, en attendant l’heure où nous en goûterons la plénitude et l’éternité.

 

J’aime répéter que toutes les paroisses devraient célébrer, chaque année, lors de la vigile pascale,  les sacrements de l’initiation chrétienne avec ses catéchumènes. Le catéchuménat est appelé à faire partie de l’ordinaire de la vie de l’Eglise. Il ne s’agit pas d’assurer le recrutement et la pérennité d’une institution. Il en va de l’être et de la mission de l’Eglise. Les aînés dans la foi ont autant besoin des catéchumènes qu’eux-mêmes doivent pouvoir s’appuyer sur des frères et sœurs solides et stimulants. Les enfants construisent autant les parents que les parents ne construisent les enfants.

 

Les catéchumènes nous entrainent vers une renaissance, une authenticité, une simplicité, une redécouverte que le Christ nous offre sans cesse pour notre bonheur. Ainsi interpellés,  nous ne risquons pas de céder à la morosité, au découragement, à la fossilisation, aux querelles, aux appropriations qui annoncent souvent une fin. Nous trouverons toujours près des futurs et nouveaux baptisés l’eau vive qui peut faire fleurir le désert. Que le Seigneur la fasse couler en fleuves pour eux et pour nous !

 

                                                                                              + Jean-Paul JAEGER

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