Au delà de la semaine !

Le souci de l'unité des chrétiens

Chaque année, le calendrier liturgique fixe, du  18 au 25  janvier, la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens. Des pionniers de l’œcuménisme sont à l’origine de cette heureuse initiative qui date maintenant de plusieurs décennies. Elle a trouvé sa pleine signification dans le désir des Pères conciliaires de Vatican II de consacrer un décret entier à la relation entre les frères chrétiens.

Il serait toutefois dangereux de réduire la réalité de l’œcuménisme aux rencontres annuelles situées dans le cadre relativement étroit d’une petite semaine ! Ne nous contentons-nous pas de penser, sinon de dire, à la sortie de l’église ou du temple : « A l’année prochaine ! »

A la surprise générale, dès les premières heures qui ont suivi son élection, le pape Benoît XVI, a nettement donné à son pontificat une orientation œcuménique. Il ne s’agissait certainement d’un simple clin d’œil adressé à sa nation d’origine très fortement marquée, à la fois, par le catholicisme et le protestantisme. Le Souverain Pontife soulignait plutôt une nécessité et une urgence.

Certes, l’histoire est là ! La division de l’unique Eglise voulue par Jésus-Christ ne peut, cependant, pas apparaître, une fois pour toutes, comme une fatalité dont il faut bien s’accommoder. Elle demeure un scandale, une forme visible et durable de l’infidélité d’un peuple à l’égard de son Seigneur.

Il serait trop facile de pointer un index vengeur en direction des supposés fauteurs de troubles. Au cours du jubilé de l’an 2000, le défunt Jean-Paul II a reconnu, en toute humilité, que les atteintes à l’unité avaient été largement partagées. Nous pouvons supposer que Benoît XVI désire aller plus loin que ce simple aveu.

L’œcuménisme doit faire l’objet d’une prière permanente. Elle ne vise pas à obtenir une unité qui relèverait du miracle. Elle situe chacun, en vérité, devant Celui qui est la source et le fondement de l’unité de l’Eglise. Elle ne peut être que l’œuvre de l’Esprit Saint. Le consensus et les concessions ne suffisent pas en ce domaine ! C’est en Jésus-Christ que l’Eglise reçoit son unité.

Dès lors, les chrétiens divisés n’essaient pas de gommer artificiellement les fissures et les ruptures. Les gestes de reconnaissance et d’accueil sont indispensables et ne peuvent que se développer. Rien cependant ne saurait faire l’impasse sur la plaie profonde d’un corps dont les membres sont encore incapables de vivre une parfaite communion. Il est douloureux de ne pas rompre le même pain de l’Eucharistie. Cette souffrance nous invite à nous aventurer sur les chemins de la réconciliation qui vient de Dieu.

La division ne fait pas oublier ce qui unit. Le même Dieu et Père, la même Parole de Vie, le même baptême nous invitent à partager le même Amour. En mettant l’existence des hommes  sous la lumière de l’Evangile, en agissant ensemble pour que les êtres humains se découvrent et ses reconnaissent membres d’une unique famille, nous ouvrons nos  cœurs et l’humanité à Dieu, Père, Fils et Esprit. Nous nous laissons guider par Lui sur les chemins de l’unité telle qu’Il la veut.

Avant sa passion, Jésus prie pour que ceux qui mettent leur foi en Lui « soient un »
(Jean 17, 21)  afin que le monde croie que le Père l’a envoyé. Cette intercession du Christ en dit long sur la perte de crédibilité d’une Eglise qui offre encore l’affligeant spectacle de ses divisions. L’engagement œcuménique ne concerne pas les seuls spécialistes. Nous devons nous réjouir de l’organisation d’une semaine de prière. Il n’est sans doute pas inutile d’entendre à nouveau l’appel du concile : « Le souci de parvenir à l’union concerne l’ Eglise tout entière, fidèles autant que pasteurs, et touche chacun selon ses possibilités, aussi bien dans la vie quotidienne que dans les recherches théologiques et historiques. Un souci de cette sorte manifeste, d’une certaine façon, la liaison fraternelle qui existe déjà entre les chrétiens et conduit à une unité pleine et parfaite, selon la bienveillance de Dieu. »
(Unitatis redintegratio n° 5)

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