Saints et Saintes de Dieu

toussaint04 toussaint04  Avec une trentaine de pèlerins du diocèse, j’ai eu la joie de faire halte, au cours du mois d’octobre, en des lieux privilégiés que l’Église recommande à la foi du Peuple de Dieu : le berceau de Saint Vincent de Paul, Compostelle, Fatima, Avila, Loyola.

 

            Je ne m’étais jamais aventuré bien au-delà de la barrière des Pyrénées. Un contact, bien limité, avec quelques aspects de la vie de l’Église en Espagne et au Portugal suscite en moi quelques réflexions.

 

            Sortant de l’Hexagone, j’ai vérifié, une fois de plus, le poids et l’impact de la laïcité vécue à la mode française. Il faut bien admettre qu’elle fait exception. Habitué à la stricte distinction, à la réserve, voire à la séparation des champs respectifs du public et religieux, j’ai été bousculé. Participant à différentes manifestations religieuses, j’ai été étonné par leur déroulement et surpris par leur organisation.

 

Des catholiques européens doivent difficilement se reconnaître dans notre manière, bien légitime chez nous, de poser le problème de la relation entre la vie et la foi, entre l’Église et le monde. Nous ne pouvons pas l’ignorer dans nos rapports à l’intérieur de l’Europe et dans le cadre de l’Église Universelle.

 

J’ai eu le sentiment que de vastes rassemblements autour de la Vierge Marie, sous la bannière d’un saint ou d’une sainte unissaient ostensiblement dans une même communion, des hommes et des femmes de toutes générations. Diversement engagés dans la société, assumant des responsabilités officiellement reconnues, ils n’avaient aucun scrupule à affirmer la source de leur vouloir-vivre commun.

 

Cette expérience redit avec force qu’il est bien difficile, voir impossible de vivre, de croître et d’innover sans racines. Il est toujours possible de les renier, mais elles ne se remplacent pas. Elles ne sont pas interchangeables. Les modifications climatiques, les manipulations génétiques peuvent faire apparaître de nouvelles espèces, elles-mêmes viennent toujours de quelque part !

 

L’Église va célébrer la Toussaint. Elle mettra en lumière la vocation de tous les fidèles du Christ à la sainteté. Elle se rappellera aussi que la Bonne Nouvelle du Salut et le témoignage rendu au Christ mort et ressuscité est venu jusqu’à nous dans un foisonnement de sainteté. Nous avons reçu un héritage. Il a été formé par des martyrs, des sages, des pasteurs, des religieux, des religieuses, des pédagogues, des modèles de charité. Ils ont un nom ou ils demeurent inconnus. Ils furent piliers de l’Église naissante ou ils apparaissent comme de jeunes pousses.

 Matthieu 25: j'avais faim, j'étais nu, malade et vous m'avez visité Matthieu: au dernier jour  
Matthieu 25: j'avais faim, j'étais nu, malade et vous m'avez visité
Matthieu 25: j'avais faim, j'étais nu, malade et vous m'avez visité

 

Le culte des saints, trop souvent lié à une approche un peu magique et exclusive, nous inscrit dans une longue tradition riche d’enseignement, d’enthousiasme et de projets. Il nous révèle l’opulence d’un trésor aux mille facettes. Il nous apprend que contre vents et marées, il a toujours été possible et il restera toujours possible d’engager l’existence  à la suite du Christ.

 

A l’école des saints, nous trouvons, une aide, un appui, un soutien, un encouragement, une inspiration. Ils ont frayé les chemins toujours nouveaux de l’annonce de l’Évangile dans tant de circonstances et de lieux que nous ne pourrions pas croire qu’il serait désormais impossible de proclamer aujourd’hui la Bonne Nouvelle et de la partager !

 

La litanie des saints résonne en nous et dans notre Église comme un appel à garder ferme et fidèle l’audace de frères et sœurs aînés qui ont dit et montré en Qui ils croyaient. Qui doute de leur fécondité ? Elle peut et doit être la nôtre ici et maintenant. Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous 

 

 + Jean-Paul JAEGER.

 

           

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