Noel 2007

Lumière pour les nations

   

Eglise saint Léger, vue sur la ville de Lens Noël sur la ville  
Eglise saint Léger, vue sur la ville de Lens
Eglise saint Léger, vue sur la ville de Lens
A propos de Noël, l’Eglise a su, de manière très pédagogique, mettre ses pas dans une culture païenne. Pour célébrer la naissance du Fils de Dieu, elle a donné une signification nouvelle à des rites qui, au moment du solstice d’hiver, magnifiaient la victoire du jour sur la nuit. La liturgie a été elle-même marquée par ce choix puisque des hymnes et prières du temps de Noël font de nombreuses allusions au Christ, Lumière, vainqueur des ténèbres. Voilà une inculturation réussie !

 

Cette démarche ne va pas toujours dans le même sens. Nous pouvons dire  qu’à notre époque, par un retour de balancier dont l’histoire a le secret, la sécularisation a, en quelque sorte, récupéré Noël.

 

Ne faisons pas la fine bouche. Les messes de la nuit de Noël seront largement fréquentées. Les portes et les cœurs s’ouvriront plus facilement qu’à l’ordinaire. Des regards et des gestes sortiront de leur isolement des hommes et des femmes qui vivent durement leur marginalisation ou leur exclusion.

 

La magie de Noël opère toujours. Chacun retrouvera ce qu’il y a de plus beau et de meilleur en lui et dans ses semblables. Les racines chrétiennes de Noël son encore solides. Qui s’en plaindra ?

 

Nous devons pourtant souligner un étrange décalage. Nous traversons une période de l’année marquée par la surconsommation, les flots de lumière, l’abondance des tables.

Notre société et notre humanité ont besoin de ces jours d’exception.

 

Nous ne pouvons pas oublier qu’ils ont leur origine dans la naissance mouvementée d’un enfant totalement inconnu dont seuls des anges peuvent attester qu’il est le sauveur attendu. Ils ne trouvent d’ailleurs pour retenir leur message que de pauvres bergers.

 

La suite de l’aventure nous apprend que ce Messie déconcerte, étonne, bouscule au point de se voir rejeté et condamné par ceux qui auraient dû, mieux et plus d’autres, le reconnaître, le proclamer et marcher à sa suite !

 

Dès la naissance de Jésus,  à Bethléem, Dieu prend  à contre-pied la logique, l’attente, l’opinion d’un peuple qui attend la force et reçoit la faiblesse, rêve de richesse et accueille la pauvreté, cherche la puissance et rencontre l’abaissement.

 

Non nous ne boudons pas la joie et la fête, mais il n’y a pas de Noël sans la rencontre avec la faiblesse, la pauvreté, l’abaissement. Nous ne les trouverons pas dans les grandes surfaces ou les chalets des marchés de Noël. Peut-être veilleront-elles près des églises, mais sur le seuil.

 

Nous ne pouvons pas éviter un détour par des lieux ou des situations où ne nous seront plus les consommateurs chéris et adulés pour épouser la condition des bergers soigneusement tenus à l’écart. Ils ont pu, loin de l’agitation de la bourgade, accueillir la Bonne Nouvelle : « Aujourd’hui vous est né un sauveur ! »

 

Dans l’humilité et la simplicité, ils ont pu percevoir le signe qui est donné par Dieu Lui-même : « Un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 

Il n’est pas sûr que ce signe  est perceptible au premier coup d’œil dans les rues, sur les places, les magasins et grandes surfaces !  Un simple déplacement peut nous en révéler la présence. Veillons cependant à ce que ne se creuse pas un fossé entre le Noël de notre société et celui qui fut annoncé  à ceux dont le cœur était prêt à en recevoir l’incroyable annonce !

 

Aujourd’hui, la gloire du Seigneur nous enveloppe de sa lumière. Elle ne s’éteindra pas  après les fêtes !

 

+ Jean-Paul JAEGER

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