Les doyennés, pourquoi changer

 

 

- Première réflexion -

  

«  Envoyée par Dieu aux nations pour être le sacrement universel du salut, l’Eglise … est tendue de tout son effort vers la prédication de l’Evangile à tous les hommes.   »

 

Cette affirmation du  décret de Vatican II sur l’activité missionnaire de l’Eglise résonne en nous comme un appel. Son implantation dans notre pays a pu longtemps laisser croire, en ses diverses manifestations, que la prédication de l’Evangile allait de soi.  Apparemment, il se transmettait de façon quasi automatique de génération en génération. L’évocation de la mission nous tournait vers des pays lointains et l’envoi de missionnaires partis de chez nous vers d’autres continents.

 

10 doyennés et 94 paroisses Le diocèse en dix doyennés  
10 doyennés et 94 paroisses
10 doyennés et 94 paroisses
Nous avons pris conscience tardivement de la nécessité de comprendre et vivre la mission à l’intérieur même des frontières de notre pays. Pour des raisons diverses, des foules de plus en plus nombreuses d’hommes et de femmes n’entendent plus ou entendent à peine l’Evangile.

 

Cette réalité ne renvoie pas simplement à une série d’oublis ou de défaillances dans la mécanique bien huilée du fonctionnement d’une Eglise naguère omniprésente et agissante dans la société. Elle est le reflet de mutations profondes qui affectent la transmission de la foi et le statut de l’Eglise dans notre culture.

 

Il faut bien conclure que la mission n’est plus seulement ailleurs, mais qu’elle est à notre porte. Nous devons immédiatement ajouter qu’il ne s’agit de rattraper les brebis qui se sont hasardées, au fil du temps,  hors du bercail. Bien souvent, elles n’ont jamais eu conscience, elles n’ont pas reconnu qu’elles ont quelque chose à voir avec ce bercail ! Il est toujours possible d’accueillir le fils prodigue, mais comment retrouver un fils qui ne sait même pas qui est son père ?

 

            La mission est donc urgente. Elle prend aujourd’hui un nouveau visage. Elle ne supprime pas la vie de l’Eglise dont les modalités concrètes sont elles-mêmes bousculées par des évolutions, parfois, déconcertantes. Cette même vie de l’Eglise doit engendrer des apôtres audacieux, fidèles et déterminés, nourrir et tendre leurs efforts vers la prédication de l’Evangile.

         

 

La mise en place de paroisses nouvelles, l’invitation à faire naître en leurs seins de multiples cellules de proximité, la nouvelle approche de la mission des doyens, de celles et ceux qui collaboreront avec eux, le repérage, le développement, la création éventuelle de lieux sources privilégiés veulent servir cet objectif : tendre nos efforts vers la prédication de l’Evangile.

 

Oui, des paroisses, des groupes, des mouvements annoncent déjà l’Evangile. Bravo et merci ! Ils continueront  à le faire, soutenus et aidés par des services diocésains, des structures nationales. La moisson est cependant abondante. Elle réclame toujours plus d’ouvriers. Nous ne pouvons pas renoncer à en appeler d’autres et à ouvrir largement les techniques de la moisson !

 

Nous ferions fausse route en ne cherchant qu’à nous adapter à des contraintes qui s’imposent durement : diminution du nombre des fidèles, des prêtres, des religieux, des religieuses.

 

Repenser les doyennés, ce n’est pas d’abord en diminuer le nombre parce qu’il y a moins de prêtres disponibles. Ce n’est pas non plus reproduire une situation acquise en demandant à des fidèles laïcs de colmater  les brèches d’un système et d’une organisation mis en place au moment de l’abondance des prêtres.

 

            Une question l’emporte sur toutes les autres : comment des doyens, des équipes vont-ils permettre à tous les ouvriers de la moisson de bénéficier des ressourcements spirituels, des moyens, des instruments, des formations, qu’une paroisse seule, un mouvement, un groupe ne peuvent pas offrir ? Ils permettront aussi la prise en charge de réalités pastorales qui dépassent les cadres territoriaux habituels, une aumônerie de lycée ou d’hôpital, par exemple. 

 

            Chacun l’a bien compris. Nos futurs doyennés ne viendront pas enfermer d’autres réalités dans un réseau qui brimerait les responsabilités et les initiatives ou en uniformiseraient l’expression. Je veux qu’ils servent la proximité, la facilite et la nourrisse.

 

Tout sera gagné si, grâce aux doyennés, les paroisses, les mouvements  les groupes sont renforcés dans leur identité et leur mission, engendrent des apôtres locaux, au plus près des personnes, pétris par la Parole de Dieu, nourris par les sacrements, rayonnants de la Charité du Christ.

 

                                                                                   ( à suivre …)

 

                                                                                 + Jean-Paul JAEGER

 
A lire l'article: Réorganisation des doyennés, décembre2007

  «  Envoyée par Dieu aux nations pour être le sacrement universel du salut, l’Eglise, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur est tendue de tout son effort vers la prédication de l’Evangile à tous les hommes. »

Ad Gentes § 1.

 

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