En avant !

Eglise d'Arras N°15

Eglise au service des familles Eglise au service des familles   L’Eglise n’a pas somnolé au cours de l’été : Comment en serait—il autrement quand l’Esprit Saint veille et s’adresse aux hommes en tous lieux, en tous temps et sous de multiples formes ? Tant pis s’Il heurte parfois la tradition française voulant que la clé soit sous le paillasson durant les mois de juillet et d’août !

 
            Les plages de notre littoral avaient déjà accueilli un premier contingent d’estivants quand le pape Benoît XVI a rendu publique sa troisième encyclique : « Caritas in veritate. » Ce document s’inscrit dans la droite ligne des encycliques sociales que plusieurs papes ont signées depuis la fin du 19ème siècle. Il intègre les données contemporaines de l’économie, de la sauvegarde de la création, de la mondialisation. Il mérite plus qu’une lecture rapide et bienveillante.
 
Le Saint Père nous fait remonter à la source de l’engagement des individus et des groupes dans la société. Il appelle à la responsabilité fondée dans le Christ qui « purifie et libère de nos pauvretés humaines la recherche de l’amour et de la vérité et il nous révèle en plénitude l’initiative d’amour ainsi que le projet de la vie vraie que Dieu a préparée pour nous.[1] » J’invite chacun ainsi que les communautés, associations et mouvements à travailler méthodiquement ce texte et à en tirer toutes les conclusions pratiques. N’oublions pas qu’il est également proposé à la méditation d’homme et de femmes, d’acteurs sociaux et politiques qui ne partagent pas la foi chrétienne.
 
Si nous avons, un moment, clos les volets des maisons d’Evangile, l’heure est venue de les rouvrir ! Oui, il est possible d’appeler et d’inviter. Beaucoup de fidèles en ont fait la démonstration. La Parole de Dieu prend racine dans le cœur des êtres humains. Elle porte des fruits de bonheur et d’amour. Par elle, le Christ Lui-même s’adresse à ses frères et leur offre réconciliation, paix et vie ! Cette Parole a besoin de hérauts. Le Fils de Dieu appelle et envoie des témoins qui ensemencent l’humanité du bon grain de l’Evangile.
 
Saint Luc nous aidera, cette année, à partager et proclamer la Bonne Nouvelle selon les principes retenus l’an dernier : invitation large au plus près des personnes, hors des cercles habituels, petits groupes dans une maison ou un appartement, lecture simple et continue, accueil des retentissements de la Parole dans le cœur des participants. Quelle joie quand celui ou celle qui semblait loin, fermé, ignorant, hostile même, exprime le désir d’aller plus avant à la suite du Christ ! « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! [2]» Ayons l’audace et le courage de reprendre à notre compte le cri de l’apôtre Paul !
 
Le diocèse poursuivra la découverte du texte pour l’orientation de la catéchèse voté par les évêques de France en novembre 2005. Nous en avons déjà beaucoup parlé. Il faut encore renouveler des analyses et des mentalités, appeler et préparer les ouvriers d’un vaste chantier. Il va de pair avec les maisons d’Evangile qui sont au service de la rencontre avec le Christ Sauveur de frères humains de tous âges et de toutes conditions. Que leur proposerons-nous si touchés par l’Esprit Saint, saisis par le Christ, ils désirent retrouver la famille de Dieu ou y entrer ?
 
Le document de la Conférence des Evêques de France demande à chaque évêque de doter son diocèse d’un projet global de catéchèse qui intègre les données nouvelles de l’annonce de l’Evangile et de la vie en Eglise. Je le remettrai au diocèse le 10 octobre 2010, au cours d’un rassemblement festif qui aura pour centre la cathédrale d’Arras. Il est prudent d’inscrire dès à présent cette date sur les agendas. A ma demande, un groupe travaille à la première rédaction d’un texte. Ses membres souhaitent votre collaboration. Si l’invitation vous parvient, n’hésitez pas à apporter votre pierre, votre réflexion, vos idées, vos suggestions. Formulez vos attentes et celles de personnes susceptibles d’être intéressées par une démarche catéchétique Elle va compléter, sans la supprimer, celle à laquelle de nombreux artisans de la catéchèse consacrent, depuis longtemps, dans la foi, leur temps, leur énergie et leur dynamisme. Merci aux ouvriers et ouvrières de la ruche catéchétique !
 
Le moment est venu de faire le point sur la proposition de la confirmation. Chaque fois que je rencontre un groupe pendant son cheminement et que je célèbre ce sacrement, j’éprouve une joie intense. La démarche et ses fruits sont souvenant étonnants et stimulants. A coup sûr, l’Esprit Saint est à l’œuvre. Nous constatons, cependant, que ce sacrement ne touche plus qu’un très petit nombre de baptisés. Il joue, pourtant, un rôle capital dans l’initiation chrétienne ! Aux cours d’assises de la confirmation, le 17 janvier 2010, nous nous interrogerons sur nos convictions et nos pratiques. Nous les adapterons, si nécessaire. Nous avons le devoir et la mission d’offrir ce trésor de la foi et de l’Eglise au plus grand nombre de fidèles.
 
Le pape Benoît XVI nous demande de nous investir dans une « année sacerdotale. » Elle concerne, bien sûr, les prêtres conviés à se réjouir ensemble de l’appel et du don que le Seigneur leur fait en les appelant à grandir dans la sainteté par l’exercice de leur ministère. Ils ont toujours à se laisser ajuster au Christ, le souverain Prêtre, seul médiateur entre Dieu et les hommes. Cette année est aussi confiée à l’ensemble du Peuple de Dieu. Sa sainteté est indissociable de celle de ses pasteurs. Leurs missions sont liées, même si le sacerdoce ministériel assume dans l’Eglise et pour le monde une responsabilité spécifique. La prière et la réflexion uniront prêtres et fidèles. Je reviendrai sur l’organisation de cette année dans le prochain numéro d’Eglise d’Arras.
 
Prendre la parole, c’est risquer de faire apparaître tout ce qui n’est pas dit. Soulignant quelques activités qui marqueront l’année pastorale 2009-2010, j’ai bien conscience de passer sous silence tout le labeur quotidien de tant de personnes, d’équipes, de groupes, de mouvements, de communautés, d’anonymes, de prêtres, diacres, religieux et religieuses, consacrés et consacrées. Je pense notamment aux acteurs de la solidarité. Rassurez-vous, d’autres numéros de notre revue diocésaine paraîtront !
 
Le curé de mon enfance aimait diriger le travail exécuté par les autres. Il s’acquittait d’ailleurs fort bien de cette charge ! Il invitait de nombreux prédicateurs extérieurs à la paroisse. Pour obtenir une réponse positive à sa sollicitation, il aimait dire : « L’abbé, tu ne dois pas dire tout ce que tu sais ! » Non, je ne dirai pas tout ce que je sais. Il y a aussi tout ce que je ne sais pas et qui a, pourtant, le parfum, la saveur de l’Evangile et de la Parole de Dieu. A chacun, à chacune de celles et de ceux qui font « la rentrée » de l’Eglise dans notre diocèse, j’adresse un immense merci et je redis ma joie de faire route avec lui, avec elle, sous le regard de Dieu.
 
 
 
 
                                                                                    + Jean-Paul JAEGER
 


[1] Caritas in veritate § 1.
[2] Ere Corinthiens 9,16.
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