Deux images, une douleur !

Il est difficile de ne pas faire le rapprochement entre le film « Des hommes et des dieux » et la folie meurtrière dont ont été victimes récemment des Chrétiens d’Irak. Il serait, bien sûr, hasardeux de voir dans des actes terroristes une tragique réponse à l’admiration que suscite le sacrifice de sept moines. Ils sont restés fidèles jusqu’à la mort à leur engagement à la suite du Christ. Malgré un long et rude combat intérieur, ils n’ont pas renié la fraternité qui les unissait à la population musulmane au sein de laquelle ils vivaient, priaient et témoignaient.
 
Le contraste entre deux attitudes est, cependant saisissant. Ce serait faire offense à des centaines de millions de personnes que de penser que l’une est typiquement chrétienne et l’autre propre à l’Islam. Nous pouvons être persuadés que des Musulmans souffrent eux-mêmes d’une situation qu’ils réprouvent comme des Chrétiens ont pu, en d’autres temps et circonstances, être blessés par le traitement réservé à des Musulmans.
 
Cependant, les événements sont là et il faut en tirer les leçons. La mondialisation ne peut pas être uniquement économique et financière. Des hommes et des femmes sont devenus plus proches les uns des autres par la rapidité des moyens de communication et d’échange. Une citoyenneté universelle voit progressivement  le jour. Elle n’abolit pas les autres formes d’appartenance, elle leur offre un cadre nouveau.
 
C’est désormais à la dimension de la planète que se relève le défi de vivre ensemble ou s’impose la loi de la jungle. L’avenir de l’humanité passe évidemment par la première option. Il est alors urgent de promouvoir la rencontre des cultures, des histoires et des traditions plutôt que d’en organiser le choc, l’affrontement et l’écrasement.
 
Certes, les systèmes économiques, politiques, sociaux et religieux et leurs différences laissent subsister des barrières et peuvent, hélas, en édifier de nouvelles. La meilleure volonté et une généreuse intention ne suffiront à établir instantanément la paix, la justice, la solidarité.
 
L’avenir ne se construira pas sans le renoncement à la supériorité des uns imposée aux autres. Le meilleur et le vrai se révèlent d’eux-mêmes et s’inscrivent dans la richesse et la qualité des relations qui construisent et fortifient l’être humain.
 
Les guerres religieuses font toujours régresser l’humanité. La foi et les croyances ne peuvent ni ne doivent se laisser instrumentaliser au bénéfice des idéologies, des systèmes et des états. La recherche de Dieu est vaine et mensongère si elle inspire la haine, les guerres et les tueries. Par nature, elle ne peut que rassembler, pacifier et épanouir.
 
Celui ou celle qui aspire à l’unité en Dieu, quelle que soit sa religion, sait que la cohorte humaine est encore en chemin. Elle n’a pas encore atteint le but. Elle peut, cependant, être certaine qu’elle fait fausse route à chaque fois que certains membres, au nom même de Dieu, s’arrogent le droit d’en anéantir d’autres.
 
Quand l’homme décide pour Dieu, il se détruit lui-même et devient incapable de se reconnaître dans son semblable. Il peut échapper à ce cruel destin. Dans le refus unanime de tous les fanatismes, les croyants de tous les pays et de tous les états ont l’impérieuse mission de se le dire les uns aux autres et de le proclamer ensemble !
 
                                                                                  + Jean-Paul JAEGER

Article publié par Alicia Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 1388 visites

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