Le Carême en famille

Eglise d'Arras n° 5

Famille 2011 famille Un art de vivre  
Famille 2011
Famille 2011
Bien tardivement cette année, l’Eglise va entrer dans la période du carême. Elle va faire mémoire de la marche du peuple hébreu vers la terre promise. Elle revivra avec le Christ la retraite au désert.


Les fils et les filles de Dieu se souviendront qu’il est bon et nécessaire de passer par le dépouillement, la solitude, le silence pour laisser le Seigneur parler au cœur, en mettre au jour les richesses et les pauvretés.


Ce temps de vérité et de conversion nous place sous le regard du Père qui, en son Fils Jésus, nous offre le salut et nous restaure dans une dignité si souvent oubliée ou bafouée. Nous sommes des enfants bien-aimés.
 

En cette année 2011, la commission épiscopale Famille et Société, veut aider les membres du peuple de Dieu à reprendre conscience de l’importance de la famille tant dans la vie quotidienne que dans l’Eglise.


Longtemps notre Eglise a privilégié la pastorale par tranches d’âge. Elle avait certainement de bonnes raisons de s’adresser aux enfants, aux adolescents, aux jeunes, aux adultes, aux personnes du troisième et du quatrième âge. Il est vrai que les préoccupations et les centres d’intérêt varient en fonction des différentes étapes de la vie. Il n’est pas anodin d’annoncer l’Evangile en fonction des regroupements naturels voulus par l’âge.


Tout choix a ses limites. Nous avons peut-être oublié que la famille rassemble des membres diversement situés sur l’échelle des générations. Elle mérite d’être considérée comme telle. Elle est lieu de vie, d’amour, de conflit, d’espérance, de désillusion, de pardon et de renouveau. Elle constitue aussi la cellule fondamentale de la vie en Eglise et de la mission.


La famille est, aujourd’hui, chahutée. Sa barque essuie de nombreuses tempêtes. Ses repères traditionnels sont contestés. Des voix réclament la reconnaissance de différentes modèles de famille.
 

L’Eglise répète inlassablement que la famille est à l’image de Dieu Père, Fils et Esprit. Elle reflète l’Amour indéfectible qui appelle l’homme et la femme à un don total, unique, indestructible. Cet amour engendre la vie et la donne, associant ainsi les êtres humains à l’œuvre créatrice de Dieu.
Ce merveilleux projet est souvent contrecarré par les pauvretés et les faiblesses. Tendre mère, l’Eglise ne peut qu’être attentive aux blessures, aux déchirements, aux échecs, aux espoirs qui marquent des couples et des familles. Elle ne peut ni ne doit abandonner personne.


En revanche, il lui revient de nourrir et d’accompagner sur le chemin ses enfants qui, dans des conditions parfois difficiles, s’efforcent de vivre le mieux possible l’appel qui leur a été adressé au jour de leur mariage.


Compte tenu du choix des évêques de France, je suggère aux fidèles du Christ de notre diocèse de donner au carême 2011 une dimension familiale.


Voici le temps favorable pour développer, découvrir ou redécouvrir la prière en famille. Nous nous plaignons quelquefois, dans notre France laïque, de ne pas oser évoquer notre foi en dehors de cercles très privés et fermés. Si parents, frères et sœurs retrouvent le charme de prier simplement ensemble, de lire l’Evangile, chaque foyer deviendra une Maison d’Evangile, une maison où Jésus est chez lui, parle agit et aime. Fort de cette expérience domestique, le témoignage à l’extérieur sera peut-être un peu plus aisé.
 

Le carême invite à jeûner, à discipliner le corps, les désirs et les besoins qui deviennent de plus en plus envahissants. Il est vrai que leurs appétits sont largement entretenus et satisfaits par la déesse de la consommation. Il est plus facile de se fixer quelques objectifs communs de libération, de les atteindre ensemble pour se rendre plus disponibles au Seigneur et aux autres.
L’Eglise propose le partage. Il constitue le plus sûr moyen de vérifier l’authenticité de l’attention aux frères. Nous avons été sensibles aux mouvements qui secouent des peuples qui réclament la liberté, la justice, la paix, la dignité. Tant d’hommes et de femmes revendiquent auprès de nous les mêmes trésors.
 

Nous sommes convaincus que ces belles aspirations exigent une mobilisation générale de toute l’humanité, les plus riches ne pouvant plus ignorer les plus pauvres. Tous sont solidaires et responsables de l’avenir de tous ! La fraternité des enfants de Dieu est à ce prix.


Personne ne peut porter seul le poids du développement, de la lutte contre la faim, de la promotion de l’homme et de la femme. Fixer en famille quelques terrains de partage, d’ouverture, d’accueil ouvre déjà à la dimension universelle qui doit briser les égoïsmes des individus, des groupes, des peuples, des nations.


Nous souhaitons que dans ces démarches les familles soient signes et instruments de l’Amour de Dieu qui s’est donné totalement pour la vie du monde.
Bon carême !
+ Jean-Paul Jaeger
 

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