Pentecôte, un grand vent s'est levé

Eglise d'Arras n° 12

Confirmations à Saint-omer Confirmations à Saint-omer   Avec la fête de la Pentecôte, le temps pascal s’est achevé. L’Eglise est, à nouveau, entrée dans le temps ordinaire. Depuis le Dimanche de Pâques, jusqu’à ce dimanche 12 juin 2011, la liturgie nous a fait lire et méditer le livre des Actes des Apôtres. Ce texte biblique est désormais plus familier de tous les locataires des Maisons d’Evangile qui l’ont redécouvert ou découvert tout au long de cette année 2010-2011.


Le récit relate l’aventure, les succès et les infortunes des pionniers de l’annonce de l’Evangile. Embrasés par le feu de l’Esprit de la Pentecôte, les apôtres se dispersent et proclament hors de leurs cénacles que Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu. En sa mort et sa résurrection, tout être humain est appelé à accueillir le Salut. Les obstacles n’ont pas manqué. L’Esprit Saint aidant, il fallait résoudre le délicat problème des premiers heurts entre les cultures et les traditions.


Les païens qui embrassaient la foi au Dieu Père, Fils et Esprit Saint devaient-ils passer par le canal du respect de la Loi de Moïse et des prescriptions qui en découlent pour entrer dans l’Eglise naissante ? Saint Paul défendra jalousement la liberté que donne la foi à l’égard de la Loi.
La méditation permanente du Livre des Actes des Apôtres éclaire pour nous encore les chemins de l’annonce de l’Evangile. Le prophète, l’apôtre, le messager, le témoin ont à se dépenser sans compter jusqu’au bout comme le Christ Lui-même. Pour certains cette extrémité conduit, aujourd’hui encore, à la mort ! Cependant, c’est bien l’Esprit Saint qui tient la barre et gonfle les voiles du navire des disciples. Aucune entreprise apostolique ne portera de fruits sans Lui. La dépense des énergies humaines ne trouve sa raison d’être, sa fécondité et son accomplissement que dans la soumission docile à l’Esprit qui donne la force et l’audace d’accomplir ce que Dieu veut pour l’Eglise de son Fils.


L’Evangile selon Saint Jean présente d’une autre manière la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres. Au soir de la Résurrection, le premier jour de la semaine, Jésus retrouve ses apôtres qui passent de la peur à la joie. Il les établit dans sa paix. Aussitôt, il les envoie. C’est désormais leur mission. Elle engagera toute leur vie. Ensuite, Jésus communique le souffle sans lequel cette mission et cette responsabilité courraient à l’échec !


Au cours du week-end de la Pentecôte, j’ai eu le bonheur de présider trois célébrations du sacrement de la confirmation. Elles suivaient et précédaient celles qui jalonnent toute une année apostolique. Des adolescents, des jeunes, des adultes ont reçu cet Esprit, source de vie qui guérit les blessures et relève l’homme abattu. Ce même Esprit a fait lever Jésus du tombeau.


L’Eglise vit de l’Esprit Saint. Il en garantit l’unité. Il est l’Unique Esprit. Toute division dans l’Eglise constitue une marque de la pauvreté humaine à laquelle le Fils de Dieu a la témérité de faire confiance. Ce n’est pas d’aujourd’hui que des membres de l’Eglise, animés sans doute des meilleures intentions, courent le risque de faire de cette Eglise leur affaire. Il est toujours consolant et stimulant de vouloir réaliser le meilleur pour Dieu. A l’école de l’Esprit Saint et sous sa mouvance, les membres du Peuple de Dieu doivent passer du désir de bien faire pour Dieu à l’acceptation du service qui accomplit la volonté de Dieu.


Cette conversion toujours nécessaire balaie la défense exclusive et farouche d’un don que le Seigneur nous fait pour consentir à la mise en harmonie par l’Esprit Saint Lui-même de tous les dons répandus dans l’Eglise pour la Gloire de Dieu, le service de cette Eglise et de l’humanité entière.


Notre projet diocésain d’Evangélisation et de catéchèse reçoit tout son éclat de la Pentecôte. Il demeurera un merveilleux instrument pour des disciples et des futurs disciples saisis, habités et guidés par l’Esprit Saint. Le moment est venu de mieux redire et comprendre pourquoi l’Eglise ne sépare jamais le baptême de la confirmation et de l’Eucharistie. Ces trois sacrements conditionnent dans l’Eglise l’authenticité de l’Evangélisation et de la catéchèse. Elles leur font porter tous les fruits.
En retour, l’Evangélisation et la catéchèse conduisent et préparent à ces sacrements par lesquels l’être humain est associé de façon manifeste à la vie divine, incorporé à l’Eglise et devient à son tour témoin et missionnaire.


Au lendemain de la fête de la Pentecôte, hissons les voiles. Le vent de l’Esprit nous dirige comme Saint Paul vers de nombreux rivages sur lesquels des hommes et des femmes, des jeunes guettent une bonne nouvelle. Nous sommes envoyés par Celui qui est pour eux, la Bonne Nouvelle !

 


+ Jean-Paul Jaeger
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 1765 visites