"Je te Baptise", "Je te pardonne"

Eglise d'Arras N°05

            Eglise Notre Dame de Grenay - le feu qui purifie Mercredi des cendres  © C.Pohie
Eglise Notre Dame de Grenay - le feu qui purifie
Eglise Notre Dame de Grenay - le feu qui purifie© C.Pohie
  En bénissant les cendres dont sont marqués les fronts des fidèles au premier jour du carême, le célébrant prononce cette prière : « Répands sur tes serviteurs qui vont recevoir les cendres la grâce de ta bénédiction : par leur fidélité à ce temps de pénitence, qu’ils parviennent avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque de ton Fils. [1]»

            Il est clair que l’horizon du carême est bien la célébration de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu, passage par lequel le Christ entraîne tout être humain qui reçoit le baptême.
            Chaque année, le premier dimanche du carême, les catéchumènes adultes sont appelés par l’évêque à franchir les ultimes étapes qui les mèneront, lors de la vigile pascale au baptême, à la confirmation et à l’Eucharistie.
            Nous venons de vivre dans notre diocèse ce moment merveilleux, riche de foi, de rayonnement spirituel et humain avec une quarantaine d’adultes. D’autres, baptisés enfants, ont été saisis par le Seigneur et son Amour après une période d’indifférence .Ils demandent à être confirmés et à participer pleinement à l’Eucharistie par la communion au corps et au sang du Christ.
            Les participants à l’appel décisif, l’évêque le premier, reçoivent comme un don que Dieu nous fait cette étape qui, au début du carême, appelle vraiment à accueillir la vie nouvelle des enfants de Dieu.
            Pour la plupart d’entre nous, nous avons été baptisés, il y a bien longtemps, Nous avons été confirmés jeunes. L’Eucharistie a été boudée ou désertée. L’ardeur du premier amour s’est attiédie quand elle n’a pas sombré dans la routine ou cédé la place à un vague recueil de comportements et de rites.
            Accompagnant les catéchumènes vers Pâques, nous ne pouvons pas laisser plus longtemps s’affadir en nous le sel de la Parole et de la Vie de Dieu. Il est dangereux d’étouffer en nous le souffle de l’Esprit. Nous sommes invités à revenir à notre baptême, à laisser le Christ lui-même en raviver le feu et l’ardeur.
            Le Christ et son Eglise nous offrent en toutes circonstances, mais plus particulièrement à l’approche de Pâques la source sacramentelle de la conversion, de la pénitence, du pardon et de la réconciliation.
            Le rituel du sacrement de la pénitence et de la réconciliation s’exprime en ces termes « La vie de l’Eglise a conduit à reconnaitre que si, tout était engagé au baptême, tout n’était pas gagné pour autant. Les baptisés peuvent encore pécher, ils ont besoin d’être réconciliés et c’est alors qu’intervient le sacrement. Il ne fait pas double emploi avec le baptême ; il en constitue comme un déploiement tout au long de notre existence encore marquée par des ruptures, ou des replis sur soi, mais appelée à de nouveaux départs.[2] »
            La célébration est donc particulièrement bienvenue pour chaque membre du Peuple de Dieu à l’heure où l’Eglise mène les catéchumènes sur le chemin du baptême.
            La démarche peut être vécue de manière communautaire. Un pécheur appartient à « un peuple aux lèvres impures.[3] » Dieu a fait et refait alliance avec son peuple. Il fait miséricorde à l’humanité. Cependant, chacun de ses enfants est unique et reçoit personnellement le pardon du Père dans la mort et la résurrection du Fils par le ministère des évêques et des prêtres. Il n’existe pas de clones du fils prodigue !
            Pour cette raison le retour au Père, l’aveu de la faiblesse et de la blessure, la parole du pardon et de la réconciliation concernent toujours chaque baptisé dans sa relation à Dieu Père Fils et Esprit.
            Même dans les rares cas où l’Eglise envisage le recours à l’absolution collective, elle oriente immédiatement le pénitent vers la rencontre personnelle manifestant ainsi qu’une forme exceptionnelle, urgente ne constitue pas une alternative ou une pratique habituelle. Elle ne saurait être systématiquement voulue, prévue et organisée.
            L’accueil de futurs baptisés constitue une chance pour des communautés et pour leurs membres. Il y a, sans doute, plusieurs moyens de faire route avec eux. Nous reviendrons sur ce point. Nous comprenons, cependant, pourquoi nous revivons particulièrement avec eux notre propre baptême lorsque, à l’affirmation « Je te baptise au nom du Père et du fils et du Saint Esprit » fait écho cette autre affirmation : « Je te pardonne tous tes péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » La même grâce baptismale est donnée et ravivée !
 
 
 
                                                                                              + Jean-Paul JAEGER


[1] Mercredi des Cendres. Rituel de la bénédiction des cendres.
[2] Célébrer la pénitence et la réconciliation – Nouveau rituel – Orientations doctrinales et pastorales § 10.
[3] Isaïe 6, 5.
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