" Donne moi ta parole ! "

Eglise d'Arras n°02

neige neige  Quelle que soit la diversité des vœux que l’usage nous invite à échanger au début d’une année nouvelle, nous nous souhaitons de manière unanime une bonne santé. Nous ajoutons volontiers : « C’est l’essentiel ! »

 
De fait, l’absence de graves affections constitue l’une des conditions fondamentales de la mise en œuvre des capacités qui permettent à chacun de gérer au mieux sa vie quotidienne. Une santé florissante favorise les engagements qui insèrent les personnes dans la vie sociale.
 
            Au fil du temps, la notion de santé s’est élargie. Il est devenu possible, par exemple, de parler ouvertement et sereinement de santé mentale. La prise en compte de l’environnement, des comportements, des rythmes de vie ont modifié la compréhension de la notion de santé, de son maintien  et de son rétablissement.
 
            Une heureuse évolution a permis de ne plus cantonner la personne malade dans sa chambre ou dans l’univers clos de l’hôpital, de la clinique. Des moyens humains et matériels sont déployés pour que la société intègre au maximum dans son existence quotidienne ses membres atteints dans leurs corps, leurs esprits et leurs cœurs
 
            Les personnels de santé demeurent, bien évidemment les premiers acteurs de cette mutation. La collectivité ne leur sera jamais trop reconnaissante de travailler, de chercher, d’innover pour guérir, diminuer la souffrance, sauvegarder la vie en même temps que la grandeur et la dignité de la personne. On sait à quelles difficultés matérielles, financières techniques et éthiques sont confrontés les professionnels de la santé. Experte en humanité, l’Eglise ne peut pas se substituer à leurs responsabilités. Dans des groupes et des mouvements, elle peut les aider à projeter sur leur réflexion, leurs choix et leurs pratiques, la lumière de l’Evangile.
 
            La progression  de l’ouverture du champ de la santé a besoin d’un environnement humain riche, varié et disponible. De nombreux bénévoles apportent une précieuse contribution. Celle-ci joue un rôle efficace dans le maintien ou la restauration de la santé, l’accompagnement des personnes âgées de plus en plus nombreuses, l’avancée vers la fin de la vie.
           
            La mission de l’Eglise l’appelle tout naturellement à être présente, même si elle ne prétend à aucune exclusivité. Comme le Christ dont elle est le Corps et à sa suite, elle manifeste une prédilection pour les frères humains qui souffrent. Elle les soutient, les encourage, elle témoigne d’un Amour plus fort que tout.
 
            Les Evangélistes soulignent la force de la Parole du Christ. Elle ne se limite pas au bavardage, aux banalités, aux critiques. Elle touche ses interlocuteurs. Elle les bouscule, les transforme. Elle relève, parfois physiquement, toujours moralement et spirituellement. Quand Jésus parle, Il se livre Lui-même. Il annonce la vie !
 
            Lorsque nous donnons notre parole à quelqu’un, nous l’assurons que nous ne le trompons pas et que nous ne le ferons pas davantage plus tard. Avec Jésus, nous allons plus loin. Notre parole à l’égard de frères et sœurs malades ouvre des perspectives, appelle à l’espérance, elle fait entrer déjà dans ce mystère de la Vie dans lequel le Fils de Dieu nous plonge en Lui. Elle n’est pas une simple consolation pour maintenant. Elle dévoile doucement un avenir dont Dieu a le secret.
 
            A l’occasion du dimanche de la santé, je remercie tous les fidèles du Christ, notamment ceux du Service Evangélique des Malades, les accompagnateurs, les aumôniers et leurs équipes. Ils vont recueillir et porter, au nom du Christ et de son Eglise, une parole qui les dépasse aux membres de la famille humaine qui, dans leur épreuve physique, mentale, morale, attendent les mots et les gestes de la Vie.
            Cette manifestation annuelle prend aussi la forme d’un appel. Des hommes, des femmes, des jeunes comptent sur leurs semblables pour demeurer en bonne santé ou pour la retrouver. Nous savons mieux aujourd’hui que l’aventure de la santé est un combat collectif. Nous sommes en bonne santé les uns pour les autres et les uns par les autres.
            Cette aventure demande encore des pionniers dans notre diocèse. Nous mettrons à profit la journée du 10 février pour remercier et encourager celles et ceux qui ont déjà répondu et pour susciter des vocations. !
 
+ Jean-Paul JAEGER
           
           
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